Je commence à paniquer, sa main sur mon bras me répugne. Je suis complètement tétanisée, je l'entends me parler mais je suis incapable du moindre mouvement ou de la moindre parole. Il s'en aperçoit assez vite puisqu'il n'hésite pas à se rapprocher de mon oreille et me chuchoter :
- C'était vraiment très bon la dernière fois, on recommence quand tu veux ... on est pas obligé d'en parler à Jon si tu veux !
Il se décolle de mon oreille en ricanant, quelle horreur cet homme !
La seule chose que je parviens à prononcer assez froidement est :
- Non !
- Mais je te payerai, ne t'inquiète pas mignonne. Et promis mon fils n'en saura rien, me dit-il avec un clin d'oeil.
De quoi ? Qu'est-ce qu'il vient de me dire ? Son fils ? Mais de qui parle-t-il ?
- Votre fils ?
- Oui, mon fils ... ou mes fils ! Je ne sais pas lequel tu te tapes ! Apparemment c'est plutôt Jon !
Je suis abasourdi, « papi » est le père de Jon et Scott. C'est pas possible, c'est un cauchemar ! Je n'arrive pas à y croire, pas maintenant que Jon a accepté mon passé, non sans difficulté ! J'ai l'impression que tout ça n'est pas réel ! Que je suis dans une autre dimension !
C'est donc ça, une vie amoureuse, des difficultés à affronter sans relâche tous les jours ! Je n'y arriverai pas, c'est trop compliqué, trop pénible à gérer !
Jon s'est approché de son père et moi.
- Dégage ! MAINTENANT !!
Pendant un court instant, je crois qu'il me parle, mais en me tournant vers lui, je le vois en rage contre son père, prêt à lui sauter dessus.
- Oui, fils, j'y vais, je discutais juste un peu avec ta copine, nous avons des souvenirs communs qui nous rapprochent ! Ricane-t-il.
- FOUS MOI LE CAMP PUTAIN ...
Son père me gratifie d'un de ses sales sourires pervers et commence à partir.
Jon le suit puis l'attrape par l'épaule assez violemment pour lui dire :
- Ne t'adresse plus jamais à Milla, tu m'as bien compris ?
- Ne t'inquiète pas pour elle, Jon, elle reviendra vers moi quand elle en aura ...
Mais « papi » n'a pas le temps de terminer sa phrase que Jon lui saute dessus et le roue de coup !
Scott et quelques pompiers qui ont vu la scène, se précipitent pour les séparer. Son père, aussi n'hésite pas à le cogner.
Après plusieurs minutes intenses de chaque côté, ils parviennent à les séparer.
Jon hurle sur son père :
- Je t'interdis de lui faire du mal à elle aussi !! CASSE TOI !!
Son père est escorté par un pompier, qui lui demande de venir dans son camion pour examiner ses blessures.
Un autre est vers Jon, qui lui propose exactement la même chose, mais il refuse. Il se tourne vers Scott et lui dit :
- Ramène la s'il te plaît.
Scott s'approche de moi et me tend le bras. Je refuse, je veux rester avec Jon.
J'appelle Jon qui se dirige déjà vers la sortie. Il se retourne pour m'écouter, il saigne du visage et des mains, mais là pour l'instant j'ai juste envie de sentir ses bras autour de moi, alors je cours m'y réfugier. Il ne me repousse pas, je suis soulagée.
- Pardon, Jon, je ne te connaissais pas à l'époque.
Il ne me répond pas, j'entends juste un profond soupir, puis il se dégage et se retourne pour suivre les pompiers. Il n'a pas pu me regarder dans les yeux. Je le dégoûte.
Scott arrive derrière moi, me touche légèrement l'épaule pour me signaler qu'il faut que l'on y aille, mais je suis désemparée, je crois que cette fois-ci c'est définitif, j'ai perdu Jon.
Scott finit par me prendre la main, pour m'emmener vers son véhicule. Arrivée dehors, je remarque tout de suite que le véhicule de Jon n'est déjà plus là. Il veut être au chevet de Betty, il la suivit elle et pas moi. Je ne me raisonne même pas, je n'y arrive pas, pourtant je devrais, puisqu'il est évident que Betty a besoin de Jon plus que moi. Mais moi aussi, je le veux près de moi, parce que maintenant, même s'il est trop tard, j'ai enfin compris que je l'aimais et que je ne voulais pas le perdre.
Je n'ai pas réussi à fermer l'œil de la nuit, j'espérais tout le temps que Jon revienne, ce qui n'a pas été le cas.
À 8h, je me décide à sortir du lit, à donner à manger à Sacha et à me faire un café, quand la porte s'ouvre en grand. Je sursaute, mais suis soulagée c'est Jon. Mais je déchante très vite, parce que son regard est froid, glacial même. Il se dirige droit vers mon canapé et s'y asseoit, la tête entre ses mains.
La seule chose que je parviens à dire c'est :
- Ça devient une habitude de rentrer chez moi sans prévenir.
Mais il ne réagit pas. Je suis perdue, ne sais pas quoi faire, ni quoi dire.
Je reste sur mes premières intentions, donner à manger à Sacha et faire du café.
Une fois qu'il est prêt, je lui demande s'il en veut, il me fait juste un petit signe de tête qui veut dire ok.
Je lui dépose sa tasse sur la petite table basse. Il ne me lance pas un regard, pas un signe de tête, rien. Il garde sa tête en coupe dans ses mains, dont les bras sont appuyés sur ses genoux. Je m'asseois discrètement à côté de lui. Toujours rien.
J'ose :
- Jon ?
- Je suis venu pour te parler, Milla.
- Ok.
Mais avant je pense à Betty hier soir, je voudrais lui poser la question comment elle va, mais j'ai peur de la réponse. Tant pis, je me lance :
- Betty ?
- Elle est stable, ils vont bien s'en occuper, après elle partira en cure de désintox.
- Ok, tant mieux.
Il ne me dit plus rien pendant un moment. Je le laisse, lui seule sait comment m'expliquer toute cette histoire.
Il brise le silence en me balançant :
- Je m'en doutais pour mon géniteur... il est toujours fourré dans ce club ... donc quand j'ai vu que tu y travaillais, je me suis douté même si au fond de moi, j'espérais...
- Je suis désolée Jon, vraiment ...
- Je m'en doute Milla !
Je me tourne vers lui, je le vois en train d'essuyer ses larmes qui coulent discrètement sur ses joues.
Ça m'arrache le coeur, de lui faire autant de mal. Je ne le mérite pas.
- Pardon Jon !
- Ne t'excuse pas Milla, c'est lui le sale porc, c'est un connard pervers, égocentrique et malhonnête. Il considère les femmes comme des objets, même ma mère et ma sœur, il n'a jamais pu les aimer.
C'est la toute première fois, qu'il me parle de sa mère, je ne relève pas, je le laisse continuer ...
- Il détruit tout ce qu'il touche.
Je sens la rage monter en lui, je me rapproche pour essayer de faire quelque chose pour lui, mais il me repousse immédiatement et se lève.
- Il détruit tout putain ... je ne veux pas qu'il s'approche de toi !!
- Moi non plus.
Les trois petits mots que j'ai prononcé en chuchotant, le fait se retourner sur moi. Son regard s'adoucit. Il s'installe de nouveau à mes côtés.
- C'est moi qui devrait te demander pardon, à cause de lui, tu replonges dans ton douloureux passé. Alors que je m'étais fait la promesse de tout te faire oublier ou au moins de ne plus t'y faire penser. Et là, le voilà qui réapparaît dans ma vie et dans la tienne malheureusement.
Il s'approche et me tend les bras, mon cœur explose dans ma poitrine, je n'hésite pas une seule seconde, je me colle à lui. Quel bonheur, quel bien-être, c'est là que je voudrais être le reste de ma vie. Je t'en supplie Jon, ne me laisse pas !!
Tout en me prenant dans ses bras, il continue son explication :
- Il a détruit ma vie, mais aussi celle de Scott, ma mère, ma soeur et celle de Betty aussi.
J'ai dû mal de comprendre comment un père peut détruire sa famille comme ça, un père c'est aimant, réconfortant, c'est le pilier de la famille. Comment a-t-il fait autant de mal autour de lui ?
Je reste collée à lui, je ne lui dis rien, j'attends juste qu'il trouve le courage et les mots pour pouvoir m'expliquer ce qu'il s'est passé.
Il m'embrasse le haut du crâne et poursuit avec un sanglot dans la gorge :
- Il a tué ma mère et ma soeur ...
Je suis sous le choc. Je relève la tête pour le regarder, je n'arrive pas à croire, que ça puisse être la vérité.
- Ma mère, qui s'appelait Marie, Justine et Betty devait passer une soirée entre filles ...
- Betty ? je le coupe.
- C'était la meilleure amie de ma soeur.
Je commence à rassembler petit à petit les morceaux du puzzle. Il veut protéger Betty parce que c'est la seule qui reste.
- Mon géniteur devait les récupérer en fin de soirée et les ramener à la maison. Mais lui, comme la plupart du temps, est parti s'éclater dans les clubs de striptease, à boire et s'amuser avec des filles. Il rendait ma mère malheureuse à cause de ça, mais je l'ai su bien après. Enfin bref, quand il a repris le volant, il n'était plus en état de conduire, mais ça ne l'a pas empêché de continuer. Il les a bien récupéré. Mais ma mère n'a pas supporté toutes ces traces de rouges à lèvres qu'il avait dans le cou, elle lui a fait une scène dans la voiture. C'est Betty, qui a pu raconter tout ça aux gendarmes après. Mais lui ne s'est pas laissé faire, il a essayé de faire taire ma mère en lui assignant des coups tout en conduisant. Betty m'a expliqué qu'elle et Justine hurlait à l'arrière. Il a vraiment réussi à la faire taire puisqu'il ...
Il s'arrête, il me lâche de nouveau pour s'asseoir correctement dans le canapé et prendre son visage dans les mains.
- Il lui a éclaté la tête contre la vitre, soupire-t-il.
- Oh non !! Jon.
Je lui caresse le dos pour le réconforter. Il sanglote, toujours la tête baissée, enfouie dans ses mains.
- Betty m'a dit qu'elles ont hurlé encore plus, parce que ma mère ne bougeait plus, il y avait du sang sur toute la vitre ... Elles étaient terrifiées et lui hurlait en faisant de grands gestes, ils disaient que si y'en avait une qui bougeait, ça serait son tour ! Betty n'a jamais trop su ce qu'il s'était passé après, parce qu'elle s'est réveillée à l'hôpital, couverte de bleus, des côtes cassées et un traumatisme crânien ... C'est le conducteur du camion qui circulait en sens inverse qui a expliqué au gendarme, qu'en arrivant dans un virage, il a vu une voiture sur sa voie, il n'a rien pu faire d'autre que freiner puis il l'a percuté ... la voiture a fait plusieurs tonneaux ... ma mère et ma soeur sont mortes sur le coup ... peut-être que ma mère l'était déjà avant l'accident, on ne saura jamais ...
- Oh mon dieu, Jon, mais c'est terrible.
Je suis collée à lui, je le prends dans mes bras. Je veux lui montrer que je suis là pour lui, qu'il peut me faire confiance, qu'il peut s'appuyer sur mes épaules s'il en a besoin. Puis je lui demande :
- Est-ce que Betty a raconté ce que ton père avait fait avant l'accident ?
- Oui, mais lui a tout nié c'était sa parole contre la sienne ! Par contre, il a été puni pour sa conduite sous l'emprise de l'alcool. Mais je ne l'ai jamais vu éprouver quelque conque remords pour ce qu'il avait fait ... je le déteste Milla ... je déteste mon père !!!
Je le comprends tellement, c'est atroce et inimaginable.
- Betty, Scott et moi étions dévastés. Scott, lui, a réussi à remonter la pente, mais pas Betty ... ni moi. J'aimais tellement ma mère et Justine elle était tout pour moi, on se ressemblait un peu, pas que physiquement d'ailleurs ...
- Tu as une photo ?
Il sort son porte feuille de sa poche et en sort deux photos, une de sa mère et l'autre de Justine. Et là je comprends tout de suite, la photo sur son bureau c'est Justine !!
- Elles sont magnifiques Jon, elles te ressemblent !
Je lui rends ses photos, il reste scotché sur celle de Justine, alors je le reprends dans mes bras, pour le soutenir.
- Nous avons commencé à nous droguer, Betty et moi, cocaïne, méthamphétamine ... la douleur était trop dure à supporter !! Toutes ces drogues nous procuraient un sentiment de bien-être intense que l'on avait perdu, elles modifiaient nos pensées, nos émotions ... C'est là qu'on a commencé à coucher ensemble ...
Je maintiens mon étreinte, je ne veux pas lui montrer que je suis abasourdie, sous le choc, Jon se droguait, est-ce qu'il continue avec elle, le sexe ou la drogue ? Ou les deux ?
Il a dû tout de même ressentir mon mal être parce qu'il se retourne vers moi et me prend le visage en coupe, nous sommes plongés chacun dans le regard de l'autre, quand il me dit :
- Mais c'est fini tout ça pour moi Milla, je ne l'ai pas touché depuis plus d'un an, pour la drogue c'est pareil, je me suis rendu compte que je me mettais en danger. J'ai tout fait pour que Betty arrête aussi, mais elle n'a pas réussi ... je m'étais promis de m'en occuper ... mais je n'y arrive pas, elle continue de se détruire, tu as vu ce soir ... elle me veut et du coup elle ne supporte pas de voir qu'elle m'a définitivement perdue ... je m'en veux ...
- NON ! Je hurle certainement trop fort parce que je fais sursauter Jon. Ce n'est pas de ta faute, tu es présent pour elle, tu l'aides, mais tu ne peux pas décider à sa place, c'est à elle, de trouver la force et le courage de sortir de cette merde !
Mes larmes coulent toute seule, tout est trop atroce. C'est vraiment horrible ce qu'il lui est arrivé.
Nous sommes front contre front maintenant.
- Je suis vraiment désolée Jon, c'est vraiment monstrueux ce que ton père a fait.
- Oui, je n'ai plus voulu le voir depuis l'accident, mais voilà trois semaines, qui se pointent régulièrement dans la boîte, il a besoin de fric ! Au début, je ne voulais pas lui en donner. Un soir, je l'ai surpris à traîner autour de Betty, il me dégoûte c'est vraiment qu'une merde ! T'imagines qu'il a osé demander à Betty un peu de fric ... quand elle a refusé, il ne sait pas gêné pour la traiter de sale pute en lui mettant une main aux fesses. Je l'ai vu l'autre soir, quand on s'était retrouvé, je ne voulais pas qu'il s'approche de toi, je me doutais que tu devais le connaître de ton ancien club. Alors, je l'ai fait monter dans mon bureau, pour lui filer du fric, Betty nous a rejoint et toi peu de temps après. Il a été exécrable avec Betty, il lui a proposé de l'argent, mon argent, pour une pipe ... quand elle a refusé, il l'a insulté et s'est retourné vers moi, pour me dire qu'il allait réessayer avec toi, parce que t'étais pas si mal finalement.
Je ravale difficilement ma salive, j'ai trop honte de ce que j'ai fait.
- J'ai cru que j'allais le défoncer de dire une chose pareille et quand il m'a fait un clin d'œil, j'ai compris ce qu'il s'était passé entre vous. Alors je l'ai foutu dehors, en lui hurlant que je ne voulais plus le voir du tout cette fois-ci. Mais il ne m'a pas écouté, il est repassé ce soir, complètement ivre et s'en est pris à Betty ... c'est Scott qui m'a dit, qu'il l'avait vu la tripoter !! Tu te rends compte ! La meilleure amie de sa fille morte !!! Il me dégoûte ... Betty ne pouvait plus réagir, elle était complètement défoncée. Scott a foutu notre géniteur à la porte et quand il s'est retourné vers Betty, elle s'était évanouie ...
Il me regarde de nouveau et rapproche sa tête de la mienne.
- Je comprendrais que tu ne veuilles plus de moi, Milla !
Je reste un moment à le regarder et me rends compte, que nous étions tous les deux dans l'angoisse de perdre l'autre, à cause de nos actes, des non-dits, du manque de communication.
Je n'en reviens pas, qu'il est enfin réussi à tout me dévoiler, je suis si fière de lui. Et si contente qu'il me fasse vraiment confiance. Je commence franchement à croire à un amour infini entre nous.
Je me rapproche aussi de lui, pour lui chuchoter :
- Je ne veux pas te perdre, Jon !
Il n'attend pas une seconde de plus pour prendre mes lèvres dans les siennes, sa langue danse très vite avec la mienne, nos mains se caressent mutuellement les cheveux. Je sens qu'il a envie d'évacuer toute sa rage, alors je lui montre encore que je suis là pour lui. Il passe un bras sous mes épaules puis l'autre sous mes genoux et me porte jusqu'à mon lit. Il m'y dépose délicatement. Par contre m'arrache presque mes vêtements.
- Je te veux là, tout de suite, maintenant Bébé ... j'ai trop envie de toi autour de ma queue ...
- Oh oui, moi aussi Jon, prends moi ... fort ...
Le temps que j'enlève mon pantalon, il est déjà nu devant moi.
Nous n'avons plus le temps pour les préliminaires, nous nous embrassons fort pendant que je tends la main vers ma table de nuit pour y sortir un préservatif.
Une fois mis, il me pénètre instantanément, je ne peux m'empêcher d'hurler, de lui griffer le dos, de le pousser encore plus fort contre moi en passant mes jambes autour de sa taille.
A chaque coup de reins, j'ai l'impression que je vais jouir, il m'avait tellement manqué.
- Oh putain Bébé, l'effet que tu me fais, je ne vais pas pouvoir tenir longtemps ...
- Alors vas-y Jon, lâche toi ...
Il accélère ses mouvements en continuant de me caresser les seins, puis dirige une main entre nous pour me caresser ma petite boule et là c'est l'extase, tout explose en moi, la jouissance est intense, j'hurle de nouveau, tant pis pour les voisins. Il me rejoint direct, cambre son dos et lance sa tête en arrière, il gémit de plaisir.
Son corps retombe doucement sur le mien, il positionne sa tête juste à côté de la mienne sur l'oreiller, je suis bien, plus que bien. Nous n'avons plus de mensonges ou de non-dits entre nous, tout a été dit ... enfin presque :
- Je t'aime Bébé ...
- Moi aussi, je t'aime Jon ...
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Indirect guilty
RomansaMilla est submergée par la culpabilité. Sa vie n'est plus la même depuis 3 ans. Elle n'a qu'un objectif : réparer son erreur pour sauver sa soeur, mais tout est chamboulé quand Jon fait irruption dans sa misérable vie. Elle essaie de le repousser...
