Elle était rentrée à pieds, dans ses oreilles différents sons. Elle voyait sans voir, marchait sans réfléchir. Ses pensées allèrent à la petite brune. En un sourire qui éclairait tout son visage sur les photos du téléphone de son frère. S'agissait-il de la même personne que sa mystérieuse interlocutrice ?
Elle franchit la porte blanche, le millier de questions qui fourmillaient dans son esprit se turent alors qu'elle arrachait ses écouteurs et posait son près du plan de travail. Elle alla embrasser sa mère dans son bureau, se prépara un bol de céréale avant de monter étudier.
Elle avait toujours été studieuse, passer du temps à apprendre ne la dérangeait pas. Le fait qu'elle ait des facilité aidant, la tache ne lui demandait pas trop d'efforts. Elle mordilla son crayon une dernière fois, usa le graphite contre le papier avant de refermer son livre. Elle expira quantité d'air de ses poumons et étira ses bras vers le ciel.
Les yeux bruns de la jeune femme lui revinrent à l'esprit alors que les siens se posaient sur une photo de son frère enfant épinglé sur le mur en face d'elle. Sa tête innocente dépassait d'un carton, en fond le sapin illuminé flous. Ses doigts glissèrent tendrement contre le papier glacé.
Elle traversa le couloir pour rejoindre la chambre de son frère. Elle était dans l'état où il l'avait laissé. Un de ses caleçons trainaient encore au sol. Elle avait l'impression qu'il allait revenir d'une seconde à l'autre, et lui demander qu'est-ce qu'elle faisait là. Il ne reviendrait pas, elle allait devoir s'y faire.
Au moins elle avait le champ libre maintenant. Elle se demanda ce que ses parents allaient faire de toutes ces affaires. Ils n'étaient pas du genre à garder un musée vivant pourtant, elle n'imaginait pas la chambre autrement. Elle passa ses mains sur son visage pour tenter de reprendre ses fameuse étagère comblée des multiples appareils.
Il en manquait un, qu'elle trouva sur le bureau enfouis au milieu d'une pile de livres de papiers de recherche pour une dissertation. Évidemment la batterie était complètement vide. Elle trouva le chargeur en continuant les prospections et le brancha, s'allongeant sur le lit avec son carnet le plus récent en attendant que la lumière passe au vert.
Son attention était complètement portée à la tentative de décryptage de l'écriture serrée quand elle senti le matelas s'affaisser. Son coeur bondit alors que ses orbes rencontraient celles identiques de sa génitrice. Dans un geste tendre, celle-ci posa sa main sur l'épaule de sa fille, une lueur curieuse brillait dans ses pupilles.
« Tu lis son journal ? »
Livia offrit un sourire timide.
« Oui. »
Elles échangèrent un regard complice.
« J'espère qu'il te voit pas parce que sinon, ça va mal se passer pour toi jeune fille ! Tu sais comme il tenait à sa propriété intellectuelle ! »
« Je sais. Espérons que son attention est ailleurs. »
Elles rirent doucement.
« Qu'est-ce qui est écrit ? »
« Tu sais comment c'est dur de lire son écriture ? Horrible ! Pauvre profs, j'imagine même pas leur calvaire pour le corriger. Pour l'instant, je suis tombée sur beaucoup de ce qui semble être des poèmes, ou des chansons et puis quelques-unes de ces blagues absolument nullissimes dont il avait le secret... »
« Lui, sur papier. »
« Exactement. Y en a d'autres si tu veux, il les rangeait là. »
Son ongle pailleté indiqua l'emplacement dans la bibliothèque. Rosa se leva pour aller jeter un coup d'oeil aux couvertures brunes. Elle doucement sur la cuisse de sa fille pour qu'elle fasse un peu plus de place dans le lit. Toutes deux se plongèrent dans l'univers du jeune homme.
Un raclement de gorge les surpris dans un moment de complicité où elles essayaient de comprendre un mot absolument ratatiné. La dernière figure masculine de la maison se tenait dans l'encadrement de la porte.
« Je peux vous aider toutes les deux ? Qu'est-ce que vous faites ? »
« On partage un moment mère-fille, t'es jaloux ? »
« Qu'en est-il du pacte de non misandrie dans cette maison alors ? »
« Tu peux te joindre à nous si tu veux, papa, pas de soucis ! »
« Ça aurait été avec plaisir les filles, mais la pizza est chaude et je sais à quel point vous l'aimez brulante... »
Il n'en fallut pas plus pour que les couvertures claquent et que les pieds prennent leur envol sur le parquet jusqu'à la cuisine.
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𝐋𝐚𝐬𝐜𝐢𝐚𝐦𝐢 𝐯𝐢𝐯𝐞𝐫𝐞
FanfictionLa perte d'un ami, un frère, un amant, qui-plus-est Damiano David...
