PDV Gabrielle :
En attendant le meilleur moment pour attaquer, la femme remarqua finalement le silence pesant qui s'était rabattu. Trouvant cela plus qu'étrange, elle se décala légèrement de sorte à ce qu'elle puisse avoir un visuel sur la pièce, ignorant complètement que son ombre était visible de l'autre côté.
Elle y vit son maître au loin, dos à elle, s'approchant tout aussi doucement que dangereusement d'une longue arme blanche et son sang ne fit qu'un tour.
Sans attendre un instant, Gabrielle se mit à courir à toute vitesse pour lui sauter dessus, lame en main.
Sans doute alerté par le mouvement, l'homme se retourna précipitamment, prêt à se défendre.
Elle put voir un très court instant le visage de Vicente, déformé par la colère avant que celui-ci esquive son attaque dans un réflexe. Elle fut entraînée dans son élan et heurta de plein fouet le mur qui se trouvait juste derrière.
Elle sentit une force bien plus supérieure à la sienne la coller davantage contre la surface afin lui arracher le couteau des mains, et, encore sonnée par l'impact que venait de causer son attaque ratée, ne parvint pas à se débattre lorsque Vicente se mit finalement à la tirer pour la tourner vers lui.
Sans qu'elle ne puisse contrôler quoi que ce soit, elle se fit quasi-instantanément emprisonner entre la paroi et son époux, ses épaules encore fermement agrippées par les grandes mains robustes de celui-ci.
Sa mâchoire serrée et son regard meurtrier lui arrachèrent un léger frisson, sans parvenir à comprendre s'il lui était causé par de la crainte ou de la satisfaction. Peut-être bien des deux.
Il ne semblait plus du tout être la même personne qu'auparavant et Gabrielle avait l'impression d'avoir participé à un chef-d'œuvre, alors que son mari passait peu à peu de l'homme le plus naïf qu'elle ait pu connaître à ce qui semblait l'idéale identité humaine qu'elle se faisait. Elle avait toujours eu du mal à supporter son air niais et se débarrasser de cette partie de lui l'apaisait.
Enfin, à travers le regard de Vicente, elle pouvait percevoir le sien. Elle avait toujours mal vécu de le voir sourire à longueur de journée. Son bonheur lui était un affront, à elle, qui ne parvenait plus à atteindre le sien.
Elle, s'était tant battue et avait quand même tout perdu. Lui, avait tout sans même devoir faire tomber une goutte de sang.
Sa propre vision déteignait enfin sur lui, et, dans cette position d'infériorité, elle se sentit puissante.
Puissante car elle savait qu'elle ne s'arrêterait sûrement pas à son premier échec. Elle refusait d'abandonner alors qu'elle était si proche de son but. Soudainement, toute sa crainte disparut : elle croyait intensément en le pouvoir qu'elle possédait désormais pour reprendre le dessus, bien que le plan qu'elle suivait durant si longtemps ne tenait plus.
L'homme jeta violemment le couteau à l'autre bout de la pièce en ne lâchant pas un seul instant son regard de son épouse.
-Vous auriez été celui qui m'attaquerait en premier si je ne l'avais pas fait, Sire.
-Comment ma femme a t-elle osée faire cette odieuse preuve de lâcheté ? Je ne comprends pas.
Sa voix rauque trahissait une immense douleur qu'il tentait de cacher.
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L'Agneau et le Loup
Ficção AdolescenteLa loi du plus fort. Gabrielle la connaît bien. Considérée comme la plus belle femme de la cité d'Idalia grâce à ses gênes atypiques, elle se retrouve propulsée au rang de reine alors qu'elle épouse Sire Vicente, héritier de la famille royale afin d...
