Paris, 14 mai 2022
Alessia et Pierre étaient assis dans un petit café tranquille peu connu, ce qui leur évitait de se faire reconnaître par des fans toutes les cinq minutes. Ils discutaient de tout et de rien, ce qui était rare entre eux dû aux courses, et au fait qu'ils n'habitaient pas proches l'un de l'autre. Alessia avait grandi dans le sud de la France et y était restée, tandis que Pierre vivait en Normandie. Lors de ses rares passages à Paris pour y retrouver des vieux amis à elle ayant déménagé, la jeune femme en profitait pour passer du temps avec le pilote d'Alpha Tauri. Ces moments passés au calme leur permettaient de parler de sujets desquels ils ne discutaient pas dans le paddock à cause des nombreuses caméras placées en permanence autour d'eux. Cela touchait notamment aux membres de la famille, la santé, les difficultés de la vie... Ces rendez-vous, quoique rares, représentaient des moments de détente pour les deux pilotes.
«- Alors, continua Pierre après que la serveuse leur ait amené une énième boisson, ça avance ? Je sais que tu as besoin qu'il subisse les conséquences de ses actes.
-Le juge n'a rien annoncé encore, mais il me semble qu'ils vont organiser le procès bientôt. Je n'ai pas la date, il faut que je demande à mes parents, c'est eux qui reçoivent les papiers »
Pierre avança la main pour prendre celle de son amie et la serrer légèrement.
« C'est bientôt fini, je te le promet. »
Il la regardait droit dans les yeux. Quelque chose dans son regard lui donna les larmes aux yeux. Il faisait partie des rares personnes sachant ce qu'il s'était passé des années avant, et c'était le seul qui l'avait crue et aidée à faire en sorte que de telles actions restent impunies. Il l'avait beaucoup aidée lors de leur rencontre, sur de divers sujets, ce qui leur avait permit de se rapprocher et de se faire confiance très rapidement. Pierre détourna le regard.
«Heureusement qu'on peut compter sur les parents hein!» plaisanta -t-il pour détendre l'atmosphère, qui s'était nettement alourdie lorsque le pilote avait abordé ce sujet aussi sensible qu'important. Il avait dû lui aussi ressentir la tension qui planait entre eux.
Quelques heures plus tard, vers 20h, après avoir payé, Pierre et Alessia se promenaient dans les rues éclairées de Paris. Le train de retour du pilote pour la Normandie était prévu un peu moins de deux heures plus tard. Ils étaient étrangement silencieux, accablés par l'idée que leur sortie était bientôt terminée. Bientôt, ils se reverraient en tant qu'ennemis prêts à tout pour gagner la prochaine course. Car bien qu'ils étaient les meilleurs amis du monde, la volonté de gagner dépassait tout le reste, et ils le savaient autant l'un que l'autre.
Ils se dirigeaient vers la gare Montparnasse, d'où partait le train de Pierre. Sur le chemin, Alessia réengagea la conversation, triste de voir son ami partir mais heureuse des moments passés avec lui. Il semblait ressentir la même chose, mais cela ne les empêcha pas de rire aux larmes sur le chemin. Pierre, légèrement affecté par les nombreuses boissons prises avant, avait tendance à faire des blagues pas très appropriées mais très drôles. Les deux amis profitaient des petits moments comme celui-là plus que n'importe quel autre, car bien qu'ils ne semblent pas avoir d'importance, c'est ceux que l'on oublie jamais. C'est le genre de moments dont on se souvient lorsque l'on est au plus bas, ceux qui remontent le moral rien qu'à repenser aux rires partagés ensemble. Peu de personnes savent les apprécier, et toutes les épreuves que les deux amis avaient partagés ensemble leur permettaient de pleinement en profiter.
Gare Montparnasse, Paris, 21h35
Les deux amis attendaient, côte à côte sur le quai de la gare, le train qui ramènerait Pierre chez lui. Alors que celui-ci arrivait, Pierre se tourna et serra fort Alessia dans ses bras. Cette dernière fut surprise par ce geste, mais lui rendit son étreinte en retour, une larme lui coulant sur la joue. Elle passait des moments incroyables avec lui, et se quitter était toujours aussi difficile. Pierre relâchât son amie et, après un «au revoir» faible, monta dans le train. La jeune femme sécha ses larmes. Soudainement, sans rien dire, Pierre se retourna, couru vers Alessia, lui prit le visage et lui déposa un baiser sur les lèvres avant de remonter pour aller s'asseoir sans se retourner. Alors que les portes se fermaient, elle toucha sa bouche sur laquelle qu'un léger sourire se dessinait.
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Float like a Ferrari / Charles Leclerc
RomanceElle est la troisième femme de l'Histoire a prendre le départ d'une course, le 31 mars 2019. Elle porte le numéro 95 et cours sous les couleurs de Ferrari. On lui prédit un grand avenir dans la course automobile, mais son coéquipier dans l'écurie it...
