Comme tous les jours depuis la rentrée on se lève tôt. Je marche lentement vers ma salle d'eau et me lave avant de retrouver le monde des vivants. Tout le monde est au salon près à partir quand j'arrive. Ma sœur se faufile pour le mettre à côté de moi. Elle se met sûr la pointe des pieds et me chuchote si je me souviens bien de ce soir. Je lui réponds par l'affirmatif et lui dis de filer. Encore une longue journée de cour nous attends alors je prends en quatrième vitesse une tranche de pain et je file à la suite de Célia.
Je me lance une playlist au hasard même si je n'ai pas le droit d'écouter de la musique au volant je le fais quand même. J'arrive un peu en avance et m'installe directement à ma place. Je vois défiler mes camarades et remarque qu'on a tous la même tête fatigué le matin. Le prof de maths fait son entrée et commence son cour. Je n'écoute qu'à moitié son charabia. Presque toute mon attention est porté sur mon téléphone. Ravalez vos commentaires comme quoi ce n'est pas bien. Il faut suivre en cour pour avoir un bon avenir. Mais de un je n'ai pas d'avenir et deux j'ai reçu un message de Shania. Vous vous souvenez c'est mon amie du salon de coiffure en Colombie.
Shania : " Espero que estés bien, nosotros estamos bien. Te extrañamos mucho. El salón parece vacío sin ti, algunos clientes simpre preguntan por ti. Llámenos cuendo pueda. Muchos besos. (J'espère que tu vas biens, nous on va bien. Tu nous manque beaucoup. Le salon paraît vide sans toi, certains clients demandent toujours de tes nouvelles. Appelle nous quand tu peux. Gros bisous.")
Moi : " Estoy bien, es un placer saber de vosotros. Te llamo esta noche a eso de las 8 de la noche desde mi casa. Preste atención a los tiempos de turno. Yo también vos extraño mucho. (Je vais bien, c'est un plaisir d'avoir de vos nouvelles. Je t'appelle ce soir vers 8h de chez moi. Faites attention aux heures de décalages. Vous me manquez beaucoup vous aussi.)
Je me reconcentre sur le cour qui va bientôt finir avec le sourire aux lèvres. Je ne comprends absolument rien de ce qui se passe mais je fais semblant et attend patiemment. La cloche sonne, nous nous retrouvons dans un brouhaha de paroles, de chaises qui grincent et de chaussures qui claquent au sol. On passe le reste de la journée et l'heure d'aller au collège est arrivé.
Je cours vers les toilettes et me change pour avoir une tenue plus adulte et qui me fais vieillir un peu. J'enfile une chemise blanche et un pantalon à pince, basique, noir. Je sors et tombe sur Alexandre. Il me regarde de haut en bas l'air étonné.
Moi :"Pas le temps de t'expliquer, à ce soir."
Je continue ma course et je croise à peu près toutes les personnes de ma classe. Génial, je n'ai pas besoin de plus de ragots sur moi mais je n'ai pas le choix.
Je monte rapidement et démarre sur les chapeaux de roues.
Arrivée devant j'attends que ma sœur sorte. Pendant ce temps j'arrange mes cheveux en un chignon ordonné et me maquille légèrement avec du mascara et un rouge à lèvre nude, tout pour paraître plus vielle. Le reflet que me renvoie mon rétroviseur ne me satisfait pas totalement mais je peux y voir une femme qui est dans la vie active et pas une jeune femme encore paumé. Je souris légèrement à l'approche de la principale conserné. Elle me regarde aussi longuement comme les autres et ça me mets terriblement mal à l'aise car les attentes envers elle sont plus élevés que tout les autres. Elle fini par me rendre mon sourire et me dire que j'ai l'air bien dans cette tenue. Pour tout vous dire l'approbation de la sœur m'enlève un petit poids. Je lui demande de me briefer un peu avant. Alors elle commence à me raconter tous les détails. Elle est en 5 -ème 4 et elle est demi-pensionnaire, donc elle mange à la cantine même si je le savais déjà elle me raconte tout.
Je regarde mon téléphone et vois que c'est déjà l'heure.
Je prends mon courage à deux mains et avance d'un pas assurée et confiant vers cette entrée aussi grise que mon désespoir en ce moment. Célia me guide vers le bureau de sa proviseur et je toque. J'ai l'habitude de taper toujours trois fois. La première pour dire qu'on est là, la deuxième pour prévenir qu'on n'est pas là pour rien et la troisième pour être sûr de ne pas être oublier et de bien être entendue.
La porte en bois blanc décolorée s'ouvre lentement et laisse entre apercevoir une femme stricte. Au premier regard elle arrive à me donner des frissons dans le dos. Je me redresse instinctivement pour imposer ma présence et me montrer sûr de moi. Ce qui est faux car tous les proviseurs et principaux me font peur, je n'ai pas confiance. Après ce n'est pas comme ci j'arrive à faire confiance à beaucoup de gens. Elle est habillée simplement : jean, t-shirt blanc sans écriteaux. Je me suis mieux habillée et donc je me sens en décalage par rapport à elle. Elle me fais me sentir stupide parce que j'ai trop préparé l'entrevue.
Elle commence par me dire bonsoir et nous fait rentrer dans son bureau. Il est à son image simple. Trois chaises encerclent la table qui fait office de bureau. Cette table soutient un ordinateur qui doit dater des années 1950 ou 1960 quand il a été inventé. La pièce sent le renfermé et la poussière ce qui lui donne un côté morne, sans vie. On prend toutes places sur les chaises devant nous.
Mme Bernard : "Je vous ais fait venir aujourd'hui car votre fille a eu un comportement déplacer envers un de ses camarades de classe." Elle installe un blanc après sa première phrase. J'ai pensé qu'elle va continuer à parler mais apparemment non alors je prends la parole.
Moi : "Je suis effectivement au courant de cette interaction. Mais Célia m'a expliqué que ça fait déjà quelques jours que ce garçon l'embête. Elle m'a aussi dit que les adultes ici n'ont rien fait pour l'arrêter donc elle s'est défendu. " Elle se penche vers moi comme pour me couper la parole. J'exagère un peu mon récit mais je veux qu'elle comprenne que ma sœur n'a fait que se défendre.
Je continue rapidement avant qu'elle ne raccourcisse mon temps de parole. Moi : "Bien sûr je ne cautionne en aucun cas qu'elle l'ait insulter. Je lui ais bien fait comprendre que la prochaine fois même si j'espère qu'il n'y en aura pas, elle doit aller voir un adulte et ne pas user de violence pour régler un conflit. J'espère aussi que vous serez plus vigilante et recadrerez les vraies fauteurs de troubles. " Mon long discours la un peu assommé. Elle me regarde et ne sait plus quoi dire. Enfin elle recouvre ses esprits et me dit : "Je voulais m'être les choses au claires avec vous pour que Célia se comporte de façon plus mature à l'avenir. " Puis elle s'adresse à ma sœur et lui dit : "Comme ta mère vient de dire, il faut que tu viennes nous voir si il y a quelque chose qui ne va pas. Mais surtout n'insulte plus tes camarades sinon je serai obligé de te sanctionner. Ca passe pour cette fois mais maintenant qu'on t'a bien tout expliquer j'espère ne plus te revoir dans mon bureau. " Sa tête se tourne dans ma direction et je vois le coin de ses lèvres se soulever pour me faire un sourire de politesse. Qu'est ce que je déteste ce genre de sourire faux juste pour la forme, je lui rends tout de même.
Mme Bernard : "Merci d'avoir bien voulue me rencontrer aujourd'hui. Je pense qu'on en a fini." Elle se lève et on en fait de même, elle me tends sa main et j'en fait de même. Après s'être salué convenablement on sort de la pièce et de l'établissement, je pris silencieusement pour ne plus avoir à revenir.
Arrivées devant notre moyen de locomotion, elle me prend dans ses bras et me serre très fort. Je rigole et elle se joint à moi. Mes lèvres se posent sur le haut de son crâne et déposent un bisou. On conclue un pacte tacite sans ouvrir la bouche pour n'en parler à personne et on s'en va.
On rentre chez nous et le regard de notre mère se tourne vers nous, on échange un regard discret pour se confirmer que tous ce qui s'est passé est tabou.
Nathalie :"Vous étiez passées où ? On se posez des questions, il est 18h passé. Vous auriez du m'avertir que vous alliez rentrer plus tard. Et le diner est prêt, on vous attendez."
Moi : "Ne t'inquiètes pas on était ensemble au parc. "
A table Christophe me lance un regard de haut en bas pour me demander pourquoi je suis habillé de cette façon mais je détourne le regard. On mange dans le silence et on finit rapidement. Je n'oublie pas de débarrasser et de monter en vitesse dans ma chambre pour passer mon appel.
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Pour toi
RomanceRosalia une jeune femme indépendante de 19 ans va devoir s'intégrer dans sa nouvelle famille et faire face à son passé qui va venir tout bouleverser. Entre histoire de gang et d'amour plus qu'imposible arrivera t-elle a s'en sortir ou s'enfoncera t...
