Chapitre 12

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Soren

Je ne comprenais pas ce qu'il venait de se passer. J'avais beau courir après la voiture, elle finit par disparaître de mon champ de vision. Jayden venait de me quitter... Et j'avais beau retourner le problème dans tous les sens, je n'en trouvais pas la raison. Ce matin encore, on se câlinait et je l'avais embrassé dans le couloir avant le match... Finalement est ce que ça ne lui avait déplu ? Pourtant, son visage était rayonnant...

Déconcerté était le mot le plus adéquat de mon état. La panique et... J'étais blessé. D'un pas lent et sans aucune énergie, je me dirigeais vers ma voiture me repassant en boucle encore et encore la journée écoulée...

Et soudainement, je la sentis venir. Cette rage, mon ancienne amie que je pensais avoir quittée. Alors dans un acte désespéré, je donnais un coup-de-poing dans la carrosserie de la voiture, hurlant. Hurlant ma haine. Hurlant ma peine. Malheureusement, seul le silence me répondit...

Je m'étais littéralement éclaté la main en frappant encore et encore. Les larmes avaient ravagé mon visage. Mes fesses étaient endolories à force d'être assit sur le bitume froid du parking. Je n'avais aucune force, je ne pensais qu'à lui... Perdu...

Une main se posa soudainement sur mon épaule me ramenant à la réalité des événements. Aramis était accroupi devant moi :

- Tu vas attraper la mort en restant ici.

- Je...

Sans me laisser terminer ma phrase, il me mit en casque de moto entre les mains. C'était un ordre, et Aramis était trop têtu et moi trop épuisé pour lui tenir tête.

Après avoir enfilé le casque, je grimpais avec agilité derrière lui, il démarra sans attendre. Il ne prit pas la direction de la colocation, mais celle de la ville.

Le doux bruit du moteur résonnait à mes oreilles me transportant dans un autre monde. Les lumières de la ville défilaient devant moi comme une danse lorsque Aramis slalomait entre les voitures.
Un moment de paix.
Un moment de liberté.
Un moment où je laissai le paysage défiler devant mes yeux, oubliant mon cœur brisé l'espace d'un instant.

Après cette balade à moto, il finit par rentrer à la maison, se garant dans l'allée. Il posa un pied-à-terre et sans tourner la tête vers moi, il m'annonça :

- Laisse-lui cette nuit, il est chez Amandine. Je t'emmènerai le voir demain si tu veux.

Que ferais-je sans Aramis ? Je serais encore sur ce parking sans lui à retourner le problème dans tous les sens sans trouver une issue de secours.

Je serais son épaule dans un remerciement silencieux puis je me dirigeais vers la colocation montant dans ma chambre, je devais réfléchir à ce que je dirai à mon homme pour qu'il revienne sur sa décision, et le rassurer qu'un 'nous' était possible. Après avoir désinfecté et bandé ma main blessée, je m'allongeais sur le lit en priant de trouver les mots qu'il faudrait pour demain.

La nuit avait été courte, j'avais réfléchi à mon discours encore et encore, sur les mots que je devais utiliser avec soin. Je ne devais pas me louper, Jayden était sensible aux mots qu'on employait...
Je me répétais encore et encore pour donner l'impression d'être sûr de moi. Puis mon téléphone sonna, c'était ma mère :

- Oui, maman ? Dis-je en essayant d'être serein.

Il y eut un léger blanc, un moment de silence presque gênant puis je finis par l'entendre :

- Je t'appelais pour te féliciter de ta victoire, mais au son de ta voix, je devine que tu n'es pas dans cet état d'esprit. Que se passe-t-il ? Est-ce à cause de ce jeune homme dont tu m'as parlé par message ? Jayden ?

J'avais parlé de lui plusieurs fois à ma mère, car je comptais lui présenter cette femme qui comptait tant pour moi. Qui incarnait la force et le courage ? Il n'était pas un homme de passage, je le voulais dans ma vie pour des années. Il me rendait meilleur, il me soutenait, il m'écoutait... Bordel, je ne pouvais pas rêver mieux...

- Il m'a quitté hier soir... Mais je compte bien le reconquérir. Je ne sais pas le 'pourquoi' Maman... Quelque part, ça me terrifie. Est-ce que je fais bien de lui courir après ? Ai-je fait quelque chose de mal ? Ne m'aime-t-il plus ? Je...

- Soren ? Coupa ma mère.

Je me tus, je m'éparpillais. Je pouvais deviner d'ici le sourire en coin qui se dessinait sur le visage de ma mère :

- Tu l'aimes ? Me demanda-t-elle simplement.

- Oui, répondis-je sans hésitation.

Douloureuse AnalyseOù les histoires vivent. Découvrez maintenant