Draco n'était pas un adepte des douches froides, mais celle-ci lui avait fait du bien.
Il ne savait plus comment se comporter avec Potter. Ça avait toujours été plus facile de le détester et d'insulter sa négligence permanente et son délire de sauveur héroïque, mais à présent...
Il avait toujours pensé que Potter était bouffi de suffisance et de sa gloire. Draco s'y serait laissé aller, s'il était à sa place. Qui ne prendrait pas le monde entier de haut en apprenant qu'il était l'Élu qui pouvait tous les sauver ? Ce qu'il avait effectivement fait, quelques années plus tard ? Des sorciers ayant bien moins réussi avaient fait plus de tapage.
Mais non, Potter était humble, Potter était discret. Et non content de ne pas jubiler de ses exploits en public, Potter traitait tout le monde en égal, même ceux qui n'avaient rien fait pour aider, même ceux qui avaient contribué à essayer de le tuer. Potter pardonnait, Potter donnait son aide et Potter était une source de frustration ambulante.
Draco termina de sécher méthodiquement ses cheveux, ajustant la moindre mèche avec une précision méticuleuse, échangeant un regard frustré avec son reflet dans le large miroir.
Comment ne pas être frustré alors que Potter avait prouvé devant tout le monde qu'il lui faisait confiance, sans que Draco ne lui ai donné la moindre raison de faire un pas vers lui. Bon sang, il l'avait ignoré de façon insultante pendant deux mois ! Et tout ce que cet imbécile trouvait à lui reprocher, c'était de ne pas l'avoir remercié d'avoir témoigné à son procès.
Mais Saint Potter faisait toujours ce qui était juste, et c'était ce qui tourmentait Draco. Tout ce que Potter faisait pour lui, il le faisait parce qu'il se sentait redevable de son aide au manoir et de l'aide de sa mère. Draco n'était pas spécial à ses yeux, et c'était ce qui le blessait le plus.
Il sortit de la salle de bain, une serviette nouée autour de la taille, et traversa le dortoir vide. Théo était sûrement collé quelque part à Pansy, Blaise était tout aussi sûrement collé quelque part à quelqu'un, peut-être à la fille Weasley, peut-être à quelqu'un d'autre, impossible de suivre avec lui. Et Greg était parti Merlin seul savait où, il était souvent introuvable ces derniers temps. Draco lui tirerait les vers du nez plus tard.
Il s'approcha de la table de chevet de Greg et alluma la petite radio moldue qu'il ramenait tous les ans. Les fréquences d'information ne l'intéressaient pas (qui voudrait savoir que les moldus londoniens faisaient grève pour une sombre histoire de détournement de taxes), mais Draco avait découvert qu'ils avaient quelques radios musicales pas trop désagréables.
Une obscure chanson des années 80 retentit.
Oh Mickey, you're so fine
You're so fine, you blow my mind
Hey Mickey, hey Mickey
Ce n'était pas trop mal. Pas tout à fait son style, mais suffisamment rythmé pour être distrayant. Draco monta le volume et commença à chantonner en cherchant de quoi s'habiller dans sa penderie.
'Cause when you say you will, it always means you won't
You're givin' me the chills, baby, please baby don't
Every night you still leave me all alone, Mickey
Oh Mickey, what a pity, you don't understand
You take me by the heart when you take me by the hand
Draco ne savait plus depuis combien de temps il n'avait pas dansé. Ce n'était certainement pas aussi digne que les bals donnés au Manoir il y a quelques années, mais par Salazar, qu'est-ce que ça faisait du bien. Il était maintenant en caleçon devant son lit, à danser seul (mais avec style, cela va de soi, il était Draco Malefoy tout de même) et à chanter à tue-tête une version légèrement modifiée de la chanson.
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M'accorderas-tu cette danse ? (Drarry)
RomanceHarry, Ron et Hermione retournent à Poudlard pour leur huitième année, et ils ne sont pas les seuls : les Serpentards sont également de retour, toujours aussi exaspérants mais déterminés à montrer qu'ils apprennent de leurs erreurs. Seul Malefoy se...
