Draco avait tellement relu la lettre que le parchemin ne s'enroulait même plus sur lui-même, le moindre froissement gommé par les passages répétitifs de ses mains fébriles.
Il savait qu'il aurait dû être reconnaissant envers sa mère pour tous les efforts qu'elle faisait pour lui et pour leur famille. Mais à ce moment précis, il se sentait plus amer et désemparé que fils prodigue, son mal de tête enserrant son crâne et sa nuque de ses tentacules familières.
Il avait cru être certain de sa décision lorsqu'il lui avait finalement donné son accord pour qu'elle arrange son mariage avec une des prétendantes qu'elle grillait de lui présenter depuis des mois. Mais maintenant qu'elle avait trouvé quelqu'un...
Il ne pensait pas que ça arriverait aussi vite. Finalement, ce n'était pas une liste abstraite de noms de potentielles prétendantes que sa mère lui avait envoyée, mais bien une fiancée tout ce qu'il y avait de plus réel. Comprendre qu'il était un parti encore moins attrayant que ce qu'il avait imaginé, et que sa mère n'avait sûrement pu sécuriser que l'unique "choix" qui voulait bien de lui le laissait complètement indifférent.
Il n'avait rien contre Astoria, il ne l'avait pas revue depuis des années mais ils s'écrivaient régulièrement, et il savait qu'elle comprenait ce par quoi son cœur était passé, ayant vécu une histoire similaire de son côté. Mais la simple perspective de passer le restant de ses jours avec elle plutôt qu'avec...
Et là résidait le véritable problème : Draco n'avait toujours pas fait le deuil de ces sentiments illogiques qu'il semblait porter à Potter. Ce n'était pas faute d'avoir essayé, mais cet abruti et tout ce qui le concernait était comme enraciné en lui, prenant toute la place et interdisant toute possibilité de retraite.
Draco serra le parchemin entre ses doigts, la mâchoire serrée. Laisser sa mère organiser son mariage était précisément censé être la solution à ses désirs aberrants pour le balafré, mais...
« Malefoy ? »
Draco se retourna brusquement et se retrouva face à une paire d'yeux verts derrière des lunettes rondes familières.
Et merde.
« Est-ce que ça va ? » demanda Potter.
Ses yeux balayèrent son visage tendu avant de se poser sur la lettre qu'il venait de froisser.
« Tu as reçu de mauvaises nouvelles ? demanda-t-il en faisant un geste vague vers le parchemin.
- Pas vraiment, répondit Draco entre ses dents. A vrai dire, ce sont plutôt des nouvelles réjouissantes.
- ... Vraiment ? » interrogea de nouveau Potter.
Il avait l'air vaguement inquiet, à présent, et Draco se demanda ce qu'il avait lu sur son visage pour réagir ainsi. Potter n'avait peut-être pas tort, toute cette tension commençait à se faire sentir et Draco sentait ses jambes trembler légèrement. Il se redressa et s'appuya contre le mur tout proche, espérant que Potter n'ait rien remarqué. Peine perdue, le brun s'approcha et tendit une main hésitante comme pour l'aider à tenir debout, mais se ravisa lorsque Draco le défia du regard.
« Je t'emmène à l'infirmerie, » dit-il quand même.
Foutu Potter et son complexe de sauveur.
« Je vais bien, Potter. J'ai juste besoin de reprendre mes esprits cinq minutes. Seul. »
Potter sembla tergiverser quelques secondes, avant de lancer :
« Je connais un endroit... Que personne d'autre ne connaît, je crois. C'est calme et désert, parfait pour rester seul avec ses pensées. Je t'y emmène si tu veux. »
Draco le regarda avec une incrédulité méfiante, et Potter soupira, vaincu.
« Je te montre l'endroit et je m'en vais, d'accord ? »
VOUS LISEZ
M'accorderas-tu cette danse ? (Drarry)
RomanceHarry, Ron et Hermione retournent à Poudlard pour leur huitième année, et ils ne sont pas les seuls : les Serpentards sont également de retour, toujours aussi exaspérants mais déterminés à montrer qu'ils apprennent de leurs erreurs. Seul Malefoy se...
