9.

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Harry était au bord de la panique.

Il était vingt heure et dix minutes, il était dans la salle commune des Gryffondors, et il n'avait rien à faire. Il avait terminé son dernier devoir à vingt heure (un parchemin de quarante-cinq centimètres à rendre pour le professeur Binns sur le rôle des Géants dans la Grande Épidémie de l'année mille soixante-trois, un travail si fastidieux qu'il s'était presque endormi en relisant ce qu'il avait écrit) et depuis, il n'avait plus rien à faire du tout. Il s'était déjà levé trois fois de son fauteuil pour consulter le tableau des tâches, mais il n'y avait rien. Rien du tout.

Ce n'était pas normal. Il y avait toujours au moins une tâche ou deux à réaliser, surtout en milieu de soirée. Harry grogna d'angoisse et attrapa ses cheveux à pleines mains, les ébouriffant encore plus que d'habitude. Il avait désespérément besoin de ces tâches. Cela faisait à peine dix minutes qu'il était désœuvré mais il avait l'impression que cela faisait des heures et son esprit commençait à sérieusement divaguer.

Après avoir rangé son parchemin pour Binns, il s'était confortablement installé dans un fauteuil devant la cheminée, et avait contemplé les flammes qui léchaient les bûches. Là où le feu était particulièrement chaud, les flammes prenaient une teinte d'un jaune très clair presque blanc, une couleur qui lui parut étrangement familière.

Il n'en fallait pas plus pour qu'en un flash il visualise les cheveux d'un blond presque blanc de Malefoy, impeccablement coiffés et paraissant d'une douceur incomparable, comme toujours. Dans son esprit, Harry s'approcha et tendit la main vers Malefoy qui ne recula pas et se contenta de lui sourire d'un sourire tendre et chaleureux que Harry ne lui avait jamais vu. Son cœur fit un bond dans sa poitrine et il s'approcha encore, jusqu'à enfin passer sa main dans les cheveux blonds. Malefoy ferma les yeux en souriant toujours et le cœur de Harry accéléra, des picotements faisant leur apparition dans son ventre. Les cheveux de Malefoy étaient doux comme il l'avait imaginé, et il était maintenant assez près pour sentir leur parfum léger mais enivrant. Il n'arrivait pas à se lasser de cette vision grisante : Malefoy qui lui souriait, ses cheveux si beaux et si doux sous ses doigts.

Il s'approcha un peu plus du Serpentard, collant presque son visage au sien. Leurs lèvres se touchaient presque et...

Dans la salle commune des Gryffondors, Harry enfouit sa tête dans ses mains, puis il réalisa qu'il devait avoir l'air d'un fou et il se redressa dans son fauteuil, jetant un regard à la ronde. La salle commune était presque vide et seuls quelques élèves de deuxième et troisième année discutaient dans un coin sans prêter attention au jeune homme. Il n'avait aucune idée d'où étaient Ron, Hermione, ou même Neville, Dean, Seamus ou Ginny. La veille, il avait promis à Hermione et Ron d'accepter moins de tâches et de plus dormir, ce qu'il avait mis à exécution sans tarder. Il s'était couché tôt et avait dormi comme une pierre jusqu'au matin d'un sommeil sans rêve. Et en effet, il s'était senti un peu mieux - plus reposé, moins embrumé et confus.

Mais ce soir, il fulminait contre cette promesse. S'il était encore très fatigué, il n'était plus assez épuisé pour faire taire son esprit vagabond et celui-ci s'en donnait à cœur joie. Il imaginait maintenant Malefoy tout entier, installé avec classe dans un des canapés de la salle commune des Serpentards, un air narquois sur le visage, portant un costume noir très élégant qui épousait son corps fin et nerveux, et à cette vision, Harry sentit son visage s'enflammer. Malefoy était magnifique et Harry le dévora des yeux avant de remonter le regard vers son visage et de croiser ses prunelles grises.

Oh. Par. Merlin.

Malefoy le regardait si intensément que Harry en eut le souffle coupé, et il sentit un filet de sueur couler dans son dos - depuis quand faisait-il aussi chaud dans la salle commune des Serpentards ? Malefoy se leva avec souplesse sans détacher son regard des yeux de Harry et s'approcha de lui. Son regard profond terrifiait Harry autant qu'il l'attirait, et il recula, se retrouvant bientôt acculé à un mur.

M'accorderas-tu cette danse ? (Drarry)Des histoires addictives. Découvrez maintenant