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- Gaïa, je dois rejoindre ma sœur.

- Je viens avec toi, dis-je en prenant mes clefs et mon sac.

- Dépêchons-nous !

- Je conduis, dis-je en sortant de l'appartement.


D'après Henry, Carla était chez leur mère.

Je mis en route mon GPS et démarrai le moteur.



Une fois arrivés, nous nous étions hâtés de toquer à la porte.

Rapidement, cette dernière s'ouvrit sur Jocelyne qui se jeta presque immédiatement dans les bras de son fils. La femme avait le visage humide et les yeux larmoyants.


En entrant dans la demeure, la première chose que je cherchais du regard fut mon amie.

Carla était assise sur une chaise, près de la table. Elle fixait un point invisible, quelque part dans son champ de vision. Aussi, des gouttes perlaient sur ses joues, de façon automatique. Je me dirigeais vers elle et me baissais pour l'enlacer, comme l'avait fait Jocelyne avec son fils.

Soudain, le regard de ma patronne s'anima et elle sanglota tout contre moi. Carla, semblant reprendre conscience de ce qui l'entourait, se défi ensuite de mon étreinte et contre toute attente, se dirigea vers son frère à grands pas.

Je fus alors surprise de la voir lever la main dans sa direction pour le gifler.

J'étais trop loin pour pouvoir intervenir à temps et la retenir. Savait-elle pour nous deux ?


Comme je m'y attendais, Henry saisit sa main en plein élan.


- Je n'ai pas arrêté d'essayer de t'appeler Henry ! Tu n'as même pas daigné m'envoyer un sms ou même me rappeler. Je sais, que tu ne l'aimais pas autant que moi mais quand même ! Il t'a aussi élevé et a pris soin de toi comme son propre fils !


Carla continua de lui parler en s'énervant, Jocelyne essayait en vain, de la stopper.


Mon nouveau petit ami en revanche, ne disait pas un mot et il la laissa déverser ce qui semblait être toute sa colère. A mon humble avis, c'était plutôt de la tristesse, de la peine, plutôt que de la haine.

Je restais planté là, sans intervenir, parce que j'estimais que ceci ne me regardait pas. C'était quelque chose qu'ils devaient régler entre eux.


Une fois que sa sœur eut fini de crier, Henry prit la parole, calmement :

- Je m'excuse de ne pas t'avoir répondu. Ce n'était pas volontaire, j'étais occupé à autre chose et je ne faisais pas attention à mon portable, dit-il en me jetant un coup d'œil discret.


Il reprit :

- Je ne le montre peut-être pas mais moi aussi je suis triste. En effet, il a été mon père à moi aussi et également l'homme qui a su rendre maman heureuse à nouveau pendant des années. C'est aussi grâce à lui, que j'ai pu avoir une merveilleuse petite sœur.


Carla cessa de pleurer et je sus aussitôt qu'elle regrettait ses paroles. Seulement, elle avait eu besoin de vider un peu de la pression qu'elle avait sur le cœur. 

La Louve [Terminé]Des histoires addictives. Découvrez maintenant