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Durant le déroulement de la journée, je m'étais senti presque comme sur un petit nuage. C'était étrange, comme si nous nous connaissions et nous fréquentions depuis toujours, comme si nous étions une famille soudée.

J'avais la sensation que ma vie jusqu'alors m'avait conduite à cet instant, parce que c'était ici que je devais être. Étais-ce le destin ? Existait-il réellement une fatalité à notre vie ? Est-ce que notre histoire était déjà écrite d'avance ? Ou bien mes choix avaient-ils impacté ma destinée ?

Maintenant, j'étais curieuse... Quand aurait lieu ma fin ? Probablement fallait-il mieux ne pas savoir, n'est-ce pas ?



Nous avions fait des jeux de société, de mimes, de devinettes, etc...

Aussi, j'avais eu l'occasion d'échanger un peu plus avec Jin et son compagnon. Ils étaient discrets mais adorables ! Deux personnes qui avaient le cœur sur la main, tout comme les autres membres du clan, même si cela ne se voyait pas tout de suite chez Sarah.



Le soleil commençant à aller se coucher, l'heure était arrivée.

Je devais l'avouer, j'avais le trac. Que me réservait la soirée, qu'avaient-ils prévu exactement ? 


Ignorant où nous allions, je me trouvais dans la voiture de Henry, assise sur le siège passager, à côté de lui.

Jin, Joseph et Max, dans un autre véhicule, ouvraient la voie, tandis que Sarah, Luna et Arya fermaient celle-ci dans une troisième automobile.
Une organisation bien réfléchie au cas où nous aurions des ennuis sur le chemin.



Alors que le paysage défilait derrière les vitres, je reconnus la route pour aller chez Isabelle. Je me sentis quelque peu rassuré d'aller dans un endroit que je connaissais.

Bientôt, je serai officiellement un membre à part entière de leur meute et ma traque sera enfin terminée. Plus besoin de cortège et de garde du corps pour mes déplacements. Je pourrais de nouveau sortir comme il me plaira et sans avoir constamment peur, même si être effrayé lorsqu'on est une femme et qu'on est seule devient une habitude. Dans ce dernier cas, la nouvelle moi devrait pouvoir réduire en miettes celui qui oserait me toucher.



Alors que mon mal de ventre avait disparu et que la maison apparaissait dans notre champ de vision, Henry me parut devenir tendu mais ne dit pas un mot.

Finalement, il s'avéra que même au sein d'un lieu connu, nous n'étions pas en sécurité.


Rapidement, les moteurs éteints, Henry, moi, Max, Jin, Joseph Sarah, Luna et Arya étions descendus des véhicules et nous étions précipités sur le seuil de la bâtisse.

La porte de la demeure était entrouverte, comme si quelqu'un avait défoncé la poignée à grand coup de pied, le bois étant brisé.

Je regrettai aussitôt d'avoir baissé les yeux vers le sol à la recherche d'indices sur les événements.

Des tâches de sang parsemaient le plancher et une traînée le recouvrait.

" Mon dieu ! Isabelle ", pensais-je alarmé.


Max et Henry reniflèrent l'air prudemment.


- Isabelle ?


Les deux garçons s'enfoncèrent dans la maison.

Max saisit un couteau qui était posé sur la table à manger dans le salon.

Le visage des deux hommes était devenu pâle d'inquiétude pour la vieille dame.


- C'est son odeur, sans aucun doute, murmura mon petit ami.

- On va faire le tour par l'extérieur, dit Jin.


Cette dernière, son compagnon et Arya se détachèrent alors du groupe après que Luna et Sarah avaient acquiescé leur décision d'un hochement de tête silencieux.

Les deux jeunes femmes étaient positionnées juste derrière moi et les deux garçons.


- Ils sont encore dans la maison, murmura Sarah.

- Oh non... soufflais-je.


Tout à coup, en plus de l'odeur des loups qui flottaient intensément dans l'air, je réussis à percevoir de faibles battements de cœur. Faible étant un euphémisme car ils étaient à peine perceptibles. Elle allait mourir si on n'intervenait pas plus vite.

Je déposai doucement ma main sur le bras de mon petit ami, qui me fit comprendre qu'il avait bel et bien entendu la même chose.


Il ne pouvait y avoir qu'une raison à la présence d'autres métamorphes, moi.

Brusquement, une forte douleur enserra ma poitrine et me donna la nausée, mais je tenais bon, ne laissant rien paraître.


Dans la cuisine, la scène que j'avais sous les yeux me glaça le sang.

La grand-mère d'Henry se trouvait assise sur une chaise, la tête ensanglantée et penchée sur le côté comme si son corps était sans vie. Ses mains et ses pieds étaient liés par une corde au siège.

Mon cœur fit un bond dans ma cage thoracique, libérant de l'adrénaline dans mes veines.

Inquiète, je me précipitais vers elle vérifiant son pouls par réflexe, alors que les autres femmes et les hommes faisaient le tour de la pièce.


- Il lui faut une aide médicale d'urgence.

- On va s'en occuper, dit Arya.


Le regard d'Henry devint si intense, qu'il aurait pu fusiller une personne sur place.


Soudainement, un homme apparut près de nous, accompagné par deux autres individus qui avaient la carrure d'un gorille.

Mike.

L'adrénaline dans mon sang affluait encore plus et la colère fit grimper ma température.


- Tiens, tiens, tiens, dit-il.


Des frissons de dégoût parcoururent mon corps.

Je voulais lui sauter à la gorge et le tuer pour ce qu'il avait fait à cette femme. 

La Louve [Terminé]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant