- Carla, comment vas-tu ?
- Eh bien... c'est très dur, Gaïa.
Mon amie ne disant plus rien, je pus désormais l'entendre respirer à travers le portable. C'était comme si, elle tentait de contrôler ses émotions. J'eus soudainement l'impression, qu'une main invisible serrait mon cœur.
- Je crois que le pire de tout, c'est d'avoir eu de nouveau le droit à l'espoir. D'avoir cru qu'il pouvait s'en sortir, parce qu'il avait l'air d'aller mieux. J'ai cru... J'ai cru...
Carla se mit à sangloter et à renifler.
- Carla...
- Ma mère dit que maintenant ou moins, il ne souffre plus. Que maintenant, il est en paix.
- Elle a raison.
- Je sais... mais la douleur...
- C'est normal Carla. Tu viens de perdre une personne que tu aimais de tout ton cœur. Tu as le droit de pleurer autant que nécessaire, ne te retiens pas.
Tout à coup, elle laissa ses émotions exploser.
Cela faisait peut-être déjà plusieurs minutes qu'en silence, je l'entendais pleurer au bout du fil. Carla ne m'avait pas demandé de raccrocher et ne l'avait pas fait elle-même, donc je restais là.
Ma meilleure amie finit par s'arrêter doucement et prit la parole :
- En nous appelant ce matin, l'hôpital nous a annoncé qu'il était parti dans son sommeil.
- Carla, je suis sincèrement désolé de ne pas t'avoir répondu. J'espère que tu sais, que je n'ai pas fait exprès.
- Oui, évidemment.
Elle souffla.
- Je n'aurais jamais dû m'énerver contre Henry.
- Je pense qu'il comprend et que tu es déjà pardonné.
- Oui, tu as peut-être raison.
- D'ailleurs, comment va-t-il ?
- Il est au petit soin avec nous. En fait, il est même un peu collant, dit-elle en riant légèrement.
Je souris à travers mon téléphone.
- Il vous aime énormément, c'est pour ça.
- Tu as l'air de bien le connaître, remarqua-t-elle.
Je ne répondis rien.
- Oh Gaïa ! Je t'en prie. Je suis en deuil mais pas aveugle.
- Comment ça, dis-je en feignant l'innocence.
- Que se passe-t-il entre toi et mon frère et quand est-ce arrivé exactement ?
Elle était le genre de personne à tout analyser à tout décrypter. C'était bien pour cela que c'était une excellente patronne.
- Es-tu sûr que ce soit le bon moment pour en parler ?
- Absolument. J'aurais bien besoin d'une diversion et quoi de mieux que des histoires croustillantes.
« Des histoires croustillantes », Carla n'avait pas l'air d'être contre une relation entre moi et Henry.
Je finis donc par lui confier comment j'avais rencontré son frère la première fois.
Puis, la fois où j'étais venu chez leur mère.
Evidemment, je n'avais pas mentionné tout ce qui concernait les loup-garous mais je ne lui avais pas non plus raconté n'importe quoi.
Je lui ai avoué avoir croisé son frère une autre fois et que nous avions échangé nos numéros de portable.
Pour finir, je lui avais dit que j'avais eu des soucis avec mon appartement et que son frère avait proposé de m'héberger, le temps que tout s'arrange.
Lui cacher une part de la vérité était un mensonge, j'en avais bien conscience. D'ailleurs, je n'aimais absolument pas ça. J'aurais préféré tout lui dire. Seulement, à mon humble avis, ce n'était pas le moment. Aussi, tout cela était dangereux et je ne voulais surtout pas la mêler à ça.
Après avoir fini mon monologue, Carla m'annonça à quel point elle était contente pour nous.
- Mon frère et moi, on a de la chance de t'avoir dans nos vies. Gaïa, tu es une fille super et je suis certaine que tu feras le bonheur d'Henry. Je serais ravi de t'avoir comme belle-sœur.
- Oh là, doucement Carla.
Je l'entendis rigoler. Effectivement, je lui avais servi de diversion.
- Mais... Si mon frère te brise le cœur, il aura affaire à moi et c'est pareil pour toi. Je suis prête à vous botter les fesses à tous les deux.
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La Louve [Terminé]
WerewolfUn regard, pour que son cœur s'emballe. Une morsure, pour chambouler sa vie.. Gaïa était loin d'imaginer ce qui lui arriverait et encore moins, que cela lui révélerait ses vraies origines. A cause de sa différence, elle sera traquée pour être possé...
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