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Délassant toutes mes tensions, l'eau chaude parcourut mon corps nu.

Malgré moi, des larmes silencieuses coulèrent en continu le long de mes joues et très vite, je me rendis compte que ce n'étaient pas des pleurs de tristesse mais de soulagement.

Désormais, je savais pourquoi une partie de moi m'avait toujours semblé manquante. De plus, je connaissais maintenant la raison pour laquelle, je m'étais constamment sentie aussi différente. Aussi, malgré le fait que les membres de ma famille biologique étaient décédés et sans même savoir qui ils étaient, j'étais apaisé de ne pas avoir le sang et l'ADN des personnes m'ayant élevé (toutefois, Jason restera à mon souvenir, mon petit frère).

En revanche, concernant mes vrais parents mes sentiments étaient partagés. D'abord, il y avait de la colère parce qu'ils avaient voulu étouffer une part de moi et m'avaient abandonné. Puis, de la reconnaissance pour m'avoir protégé.


En sortant de la salle de bains, je vis, comme promis, une petite pile de vêtements posée sur le sol propre. Une fois habillé, je regardais mon reflet dans le miroir. J'avais vraiment une drôle d'allure, ce qui me fit un peu rire.

Les manches de la chemise noire d'Henry sont trop longues, je dois les remonter pour que mes mains dépassent.

Quant au bas, le short de sport était presque inutile, étant donné que le haut m'arrivait à mi-cuisse.

Une fois mes affaires sales roulées en boule et mises dans un coin de la chambre, je me demandais comment j'allais m'habiller demain.

Attachant mes cheveux en tresse basse, je rejoignis mon hôte dans la cuisine.


Adossé à l'encadrement du couloir (qui donnait sur le salon et la cuisine), j'observais Henry sans faire de bruit.

Un tee-shirt noir légèrement serré et un jean bleu foncé, je me surpris à me mordre la lèvre inférieure en le voyant préparer à manger.

Concentré sur le moindre de ses gestes, il était terriblement sexy.

« Gaïa, reprends-toi ! » dit ma voix intérieure.


J'allais faire mine de toussoter, quand il me devança en se retournant.

« Mince, grillé » pensais-je.


Il sourit.


- Tu as faim ? demanda-t-il.


Après avoir répondu oui, il me retira une chaise et me fit signe de m'asseoir.


La première bouchée fut succulente et ne fit que me donner envie d'en manger plus.

Cet homme n'avait-il donc aucun défaut ?


- Tu es cuisinier dans un restaurant, c'est ça ? l'interrogeais-je prête à remettre une fourchette pleine dans ma bouche.


Il rit.


- Ce que tu me dis me fait très plaisir mais ce n'est pas du tout le cas.

- Eh bien... si jamais tu veux faire une reconversion un jour, tu peux mettre ce métier dans un coin de ta tête. Parce que c'est délicieux !

- Merci.


Son plat était tellement bon, que j'avais fini mon assiette bien avant la sienne.


- Il en reste encore un peu si tu veux, dit-il surpris de ma rapidité.


« Reste raisonnable » ordonna ma conscience :

- Non, merci mais c'est vraiment très bon.


Le repas fini, je lui prêtais assistance pour débarrasser la table.

Henry me donna une brosse à dents neuve et après avoir assuré mon hygiène buccale, je partis me coucher.

La Louve [Terminé]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant