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Les deux hommes s'étaient légèrement retirés dans un coin de la pièce pour échanger.

Pendant qu'ils discutaient de ce qu'ils allaient faire pour me convaincre, je me concentrais sur les liens qui m'entaillaient les poignets. Sans un grand effort, mes griffes apparurent progressivement et je m'en servis pour trancher la corde.

Ce que j'étais heureuse d'être spéciale, finalement !


Visiblement, ils étaient bien trop occupés pour entendre la rupture de mon entrave. Leur dos face à moi, je tranchais également ce qui maintenait mes pieds.

Atteinte d'une bouffée de chaleur, le cœur palpitant comme s'il allait sortir de ma poitrine et le corps tremblant, je me mis à courir vers la sortie.

Comment avais-je pu croire que cela serait aussi facile ?


Le patron me rattrapa et me saisit par les cheveux alors que je montais l'escalier. J'avais seulement pu effleurer les battants de la sortie du bout des doigts.

Je tombais à la renverse, descendant les marches sur le dos.


Prise d'une grosse douleur à la colonne vertébrale, je me relevais difficilement.


- J'pensais qu'on avait fini de parler.

- Oh non ! Et ce ne sera pas fini, tant que tu ne nous auras pas rejoint.


Mettant toute ma force dans mon poing, je me retournai brutalement et lui décochai une jolie droite. Suite à cela, une de ses dents se détacha et s'envola, accompagnée de son sang qui gicla.


- Putain, sale garce !


Comment pouvaient-ils imaginer que je leur obéirais sans broncher ? Je me battrai jusqu'au bout.


L'homme victime de ma colère se frotta la joue et ordonna à son bras droit :

- Va chercher le matériel. On a essayé de lui faire prendre la décision par elle-même mais elle ne veut pas être coopérative. On va la rendre faible et on va faire la cérémonie de rattachement, de force.


Pouvaient-ils réellement m'y contraindre ? N'était-ce pas un choix ? Qu'allaient-ils faire exactement pour m'affaiblir ?


Je ravalai la sensation de nausée qui montait dans ma gorge.

Il me fallait une idée pour sortir d'ici et vite !


Sans prévenir, je laissai le changement opérer en moi. Je sentis les poils de mes bras et de mes jambes se hérisser, mes dents devenir pointues, mes ongles devenir des griffes. Aussi, comme une suite logique, mes yeux me picotèrent et ils me permirent de voir plus nettement mes ennemis, dans la pénombre de la cave.


- Euh... Patron, dit-il en tapotant l'épaule de son camarade de gauche, les yeux grands ouverts.

- Elle ne m'échappera pas ! Intervint le chef.


Il saisit une sorte de bâton métallique et appuya sur un petit bouton qui se trouvait sur le manche. Soudain, le bout de l'ustensile se mit à crépiter.

Un taser ! Super... J'allais être grillé à point !


L'homme tendit son arme, tentant de me toucher mais j'étais désormais bien plus rapide. J'esquivais ces attaques avec une facilité impressionnante.

Je finis par lui enlever son instrument de torture des mains.


Alors que je m'apprêtais à faire un petit test de son efficacité sur l'un d'eux, les battants de l'entrée de la cave s'ouvrirent à la volée.


Sans réfléchir et sans savoir qui allait pénétrer dans la pièce, je profitais de cette micro-diversion pour donner un coup de jus aux deux individus. Quand fallait-il lâcher le bouton ?

Les deux hommes tombèrent au sol comme des masses, prient de multiples tremblements. Je tendis l'oreille, leurs cœurs battaient encore, ils étaient juste bien assommés.



La Louve [Terminé]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant