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Enlacé par la maman de ma meilleure amie, je pus l'entendre sangloter contre mon épaule.

Ensuite, Jocelyne recula doucement et sortit un carré en tissu blanc de son décolleté pour essuyer les larmes qui avaient coulé sur ses joues.


- Gaïa ! lança Carla.


Mon amie se jeta sur moi, me gratifiant de la seconde étreinte de ma journée. Tout comme sa mère, ma patronne remarqua ma tenue.


- Est-ce que cela vous convient ? demandais-je.

- C'est parfait, dit la femme du défunt.

- Tu es magnifique, me complimenta Carla.


Après un court échange où les deux femmes m'avaient remercié de m'être habillé de cette manière, c'était à Henry de m'accueillir. Celui-ci se dirigea vers moi, sans me quitter des yeux, depuis l'autre bout de la pièce.

Henry glissa alors sa main derrière ma tête, près de ma nuque et m'embrassa langoureusement devant tout le monde.


- C'est dingue ce que tu m'as manqué, murmura-t-il contre mes lèvres.

- Tu m'as beaucoup manqué, toi aussi.


Jocelyne et sa fille nous regardaient, souriantes.


- Vous êtes adorable, dit sa mère.


Au cimetière, alors que tout se mettait en place, j'observais les tenues des personnes présentes et de celles qui arrivaient au compte-goutte.

Je commençais par Jocelyne, (n'ayant pas eu le temps de la regarder davantage un peu plus tôt).

Un chemisier de couleur bleu océan et une jupe longue jusqu'à mi- mollet recouvraient le corps de la vieille femme.


Puis, je scrutais Carla. Comme elle me l'avait annoncé quelques jours auparavant, mon amie portait la même robe que la cérémonie passée, en l'honneur de son père.


Ensuite, mes yeux se posèrent sur Henry et je m'en mordis la lèvre. Celui-ci portait un costume bleu foncé et une chemise blanche, dont le bouton du col n'était pas fermé.

Je sentis mon bas-ventre chauffer. Il était incroyablement sexy dans son costard, qui épousait parfaitement toutes les formes de son corps, de ses épaules carrées à ses fesses rebondies.

Je secouais la tête pour éloigner ses pensées déplacées de mon esprit, étant donné les circonstances actuelles.


- Tu es superbe, me lança-t-il à l'oreille.

- Toi aussi, dis-je en éclaircissant ma voix.


La majorité des autres membres présents étaient vêtus de la couleur préférée du défunt, contre une minorité en noir. Peut-être que ces derniers n'étaient pas suffisamment proches du mort ou bien qu'ils avaient préféré la tradition.


Tout à coup, alors qu'un homme des pompes funèbres avait invité les gens à prendre la parole, quelque chose fit hérisser les poils de ma nuque.

Aussi, les doigts d'Henry qui enlaçaient les miens se crispèrent brutalement. Lui aussi avait senti la menace.

Offusqué qu'ils aient osé venir ici en cet instant de recueil, la colère m'envahit.

Comment avais-je pu être surprise ? Après tout, ces monstres ne semblaient avoir aucune morale et aucun respect pour quoi que ce soit.


Jocelyne, qui s'était approchée du cercueil pour parler devant tout le monde, n'avait dit que quelques mots, avant de revenir auprès de son fils. La mère de mon petit ami lui saisit doucement le bras, s'essuyant les joues avec son bout de tissu.

Henry ne pouvait abandonner sa mère, il devait être à ses côtés. Je devais gérer cela et faire en sorte que mes ennemis n'interrompent pas l'enterrement.

La Louve [Terminé]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant