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Jeudi, je retrouvais ma patronne au travail. Surchargé en raison de son absence, nous n'avions pu discuter qu'à la pause déjeuner. Alors, je l'avais laissé parler. Ainsi, elle allégea ses épaules de la pression qu'elle portait et soulagea un peu son cœur, du poids qui l'oppressait.

Parmi les différents sujets qu'elle aborda, mon amie se confia sur l'enterrement de son papa qui aurait lieu samedi.


- D'ailleurs, je porterais la même robe bleue que la dernière fois.

- C'est un excellent choix, Carla.


Elle étira doucement ses lèvres. Ses yeux fatigués étaient noyés dans le fond de son gobelet à café, qu'elle remuait à l'aide d'un petit bâtonnet de bois.

Soudain, mon téléphone vibra sur la table. Lançant un coup d'oeil furtif vers l'appareil, j'eus l'espoir que c'était un message de mon petit ami.


- Au fait, Henry n'arrête pas de regarder son portable et de sourire. Malgré ce qui se passe autour de nous, je suis tellement contente de le voir comme ça.


Ma meilleure amie leva la tête vers moi.


- Il a vraiment l'air amoureux et heureux, Gaïa. Grâce à toi.


Elle cessa touiller sa boisson, sûrement devenue froide maintenant.


- Je crois te l'avoir déjà dit mais... On a vraiment beaucoup de chance de t'avoir dans nos vies. Je veux dire, moi aussi tu me fais du bien. De façon amicale bien sûr ! se rattrapa-t-elle en secouant les mains.


Carla éclata de rire en même temps que moi.


Après cette conversation, le reste de la journée s'était passé de façon très ordinaire.

D'ailleurs, je me surpris à penser à mes ennemis. Je trouvais cela étrange et même inquiétant, de n'avoir subi encore aucune représailles, suite à la visite de l'homme, sur le palier de chez Henry.

« Peut-être que Max les avait vus roder et qu'il s'en était occupé sans me le dire. Non, il ne me l'aurait pas caché », avais-je réfléchi.

Je sentis une boule se former dans mon ventre. Qu'est-ce que ces gens avaient bien pu prévoir pour la prochaine fois ? Que mijotaient-ils ?

Malheureusement, mes interrogations trouvèrent bientôt leurs réponses.

*

Le jour de la mise en terre du père de Carla et de Henry, arriva.


J'enfilai ma longue robe par les pieds, refermant moi-même (avec quelques petites contorsions) la fermeture éclair dans mon dos. Puis, saisissant une brosse, je démêlais et lissais ma chevelure dans le but de les coiffer en une tresse centrale. Un peu de maquillage (très léger) et je fus prête.

Max, était une nouvelle fois mon chauffeur pour la journée. Du moins, jusqu'à ce que je retrouve mon petit copain, après ma visite chez Isabelle.


- Je ne me garerai pas trop loin. Je dois pouvoir te garder à l'œil.

- Il y aura Henry avec moi.

- Oui, mais il va enterrer son père donc... Il sera un peu préoccupé.


Mon nouvel ami avait raison.


- On doit d'abord aller chez eux, m'annonça Max.


Devant la porte fermée de la maison, je restais un instant sur le palier. Je pris une grande inspiration et après trois secondes, j'expirais tout l'air que contenaient mes poumons.

Un enterrement, c'était quelque chose de difficile, même en tant que soutien.


Lorsque je m'apprêtais à toquer, la porte s'ouvrit en grand et Jocelyne m'observa pendant quelques secondes, analysant ma tenue, avant de se jeter sur moi.

La Louve [Terminé]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant