1. Soeur Marie-Angelique de la Sainte Trinité

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- Sœur Marie-Angelique, il est l'heure ! Réveillez vous !

- Mmh ....

- Soeur Marie-Angelique, allez, vous allez me mettre en retard !

La bouche pâteuse, je réussis pourtant à grommeler quelques mot.

- Tu fais chier Karen, il fait même pas jour ! C'est quoi ta nouvelle lubie ?

- Euh, sœur Marie-Angelique, je crois que vous vous égarez ! Je suis votre voisine de cellulite, sœur Marie-Isabelle. Je ne sais pas qui est Karen.

Problème.
Karen, même bourrée, me ferait jamais un plan pareil.

Re-problème : une douleur lancinante à la mâchoire commence à me vriller les tempes. D'où ça sort ça ? Peu probable que ce soit arrivé en galochant un peu trop longtemps ma dernière conquête, j'ai trop d'entraînement. D'ailleurs, c'était qui ma dernière conquête ? Putain mais ... qu'est-ce que j'ai foutu hier soir ? Et je suis où là ?

J'ouvre péniblement les yeux et découvre le visage souriant d'une bonne sœur en cornette. Je suis morte et je suis au paradis ? Je croyais que les lesbiennes n'allaient pas au paradis ! La bonne sœur reprend ses injonctions.

- Allez allez, je dois refaire votre pansement avant de me rendre aux laudes.

Bon sang, je ne comprends rien à son charabia. Et j'ai un de ces mal de crâne. Cette fois c'est la dernière cuite ! J'essaie de me redresser pour regarder autour de moi, mais une douleur aiguë en bas du dos me cloue au matelas.

- Ne bougez pas comme ça, je pense que vous vous êtes cassée le cockpit. Ça a du être une sacrée chute, hein !

La bonne sœur commence à retirer le pansement qui me couvre plus de la moitié du visage, et nettoie mes plaies en continuant son babillage.

- Wouah ! J'en ai vu des blessures, mais des comme ça ! Vous savez j'ai fait de la boxe dans ma jeunesse. Oui oui, et j'étais pas mauvaise même ! « La terreur du string », qu'on m'appelait ! Mais des cocardes pareilles, j'en n'ai jamais vues. Vous n'y êtes pas allée avec le dos de la cuisine. Ne vous agitez pas autant, vous allez faire de la taticardie en plus du reste.

Ses allers et venues me permettent d'analyser un peu mon environnement. Je suis dans une chambre qu'on peut qualifier de spartiate ! Murs blancs, aucune décoration, une petite fenêtre à barreaux, et pour tout mobilier un vieux bureau, sa chaise et le lit dans lequel je suis bloquée. Au fond de la chambre, un lavabo aussi antique que sœur Marie-Isabelle, et un bidet. Elle a bien parlé de cellule tout à l'heure ? Si ça se trouve je suis au gnouf ? Ils ont un drôle d'humour les poulets par ici.

Je jette un œil sous les couvertures pour constater que je suis affublée d'une chemise de nuit informe qui descend sous les genoux. Où sont mes fringues ? Il faut absolument que je les retrouve pour essayer de comprendre la fin de soirée, et ce que je peux bien foutre là.

- Euh ... bonne sœur, enfin ma mère, pouvez-vous me donner mes affaires ?

- Dites donc, le choc vous a fait oublier les nonnes bannières ? On dit « ma sœur », ou juste « Sœur Marie-Isabelle ». Je suis la fermière du prieuré, j'ai appris les premiers soins, les pansements, et même le bouche à douche. Tant qu'à vos affaires, je ne sais pas où elles sont. Il faudra demander à Marie-Alice.

- Mais, comment je suis arrivée là ?

- Ah ça, je sais pas non plus. Sœur Marie-Alice est venue me voir au lever pour me demander de m'occuper de vous. Elle a dit que vous étiez arrivée dans la nuit, après être tombée dans un coufouré. Je sais pas ce que c'est un coufouré mais vu vos blessures ça doit être profond.

Confession intimeOù les histoires vivent. Découvrez maintenant