Chapitre 9 :

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Le jour se zébrait d'inquiétudes et d'horreur pour Jocelyne

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Le jour se zébrait d'inquiétudes et d'horreur pour Jocelyne. On l'avait informé du projet du Roi. Tout d'abord, elle avait pensé à une farce, ou une immonde plaisanterie. Pour autant, Henri lui paraissait beaucoup trop sérieux pour que ce ne soit que ça. Elle haïssait sa façon de lui avoir annoncé la chose, au petit-déjeuner un matin peu après la visite du Roi. Pour autant, elle se doutait bien qu'elle ne pouvait décemment pas dire non. Quand le Roi ordonnait, qui serait assez sain d'esprit pour réfuter la demande ?

Victoria avait posé la main sur la sienne en un geste de réconfort futile. Il lui semblait qu'elle avait plongé dans d'affreuses abysses sombres, sans possibilités de voir le monde alentour. Si Jean aurait pu lui plaire, il n'était pas question de les épouser tous les trois. Après tout, c'est ce que cela voulait dire, d'épouser le Cerbère ? L'effroi refusait de la quittait et s'amuser à augmenter de temps en temps, elle sentait son cœur s'affaiblir rien qu'à l'idée de cette union probable. De même, comment eux pouvaient accepter une telle chose ? À cause de leur monstruosité, Jocelyne ne souhaitait qu'une chose : mourir célibataire et ce le plus tôt possible.

La contrariété la rendait très désagréable, elle se sentirait presque désolée de se comporter si cruellement envers l'intendant du Petit Palais si ce n'était pas Henri. Elle s'était, malgré elle, fait à la vie ici. Bien qu'emprisonnée, elle se sentait oisive ici. On l'avait habitué à autres choses. C'est comme si ... elle était un homme à l'échafaud qui attendait la sanction. Elle se rappelait que trop bien de la sensation qu'elle avait eu en prison, quand elle attendait le jour où on lui trancherait la tête. Ces jours-ci, l'émotion était revenu. Son esprit n'arrivait même plus à s'en tracasser tant cela lui semblait habituel.

Cette fois, elle était au jardin, près de la nymphe nommé Tournesol et de Victoria. Bien que la harpie et elle ne pouvaient pas communiquer ensemble, elle trouvait en sa présence une sincère amie. Tournesol quant à elle restait très discrète car elle ne parvenait pas à comprendre les émotions humaines. En effet, sa race n'en ressentait pas, elle se contentait de soleil et d'eau pour vivre. Si elle pouvait discuter, son vocabulaire était simple et elle parlait difficilement de philosophie ou de sujets complexes. Pour autant, elle possédait une aura solaire bienvenue en ces temps difficiles.

Depuis, Jocelyne s'installait près d'elle. On lui apportait sa harpe et elle tentait quelques morceaux. Plus les jours passaient, mieux elle retrouvait ses sensations sur l'instrument. Il résonnait de mieux en mieux dans le jardin. Parfois, elle se révélait encore maladroite sur quelques mélodies complexes mais l'habitude de jouer remportait sur la cécité.

Victoria adorait qu'elle joue pour elle. On lui avait raconté qu'avant d'être une harpie, la jeune femme restait avant tout une artiste. Une chanteuse de talent qui composait ses chants et était demandée souvent pour célébrer des mariages. Jocelyne n'osait imaginer quelle genre de populace elle avait pu autrefois réunir sur une place publique ! Elle connaissait bien quelques petits artistes locaux dans le sud est du pays, mais rien au-delà de cette réputation là. Victoria lui avait promit de lui transmettre les partitions de ses musiques pour qu'elle puisse les apprendre dans sa chambre. Ça la frustrait énormément de ne pas pouvoir partager ce simple moment avec la harpie, malheureusement, leurs races n'étaient pas tellement complices.

La Ménagerie du RoiOù les histoires vivent. Découvrez maintenant