complexe ( tsukiyama )

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Le ciel est chargé de nuages gris, mais un rayon de soleil parvient tout de même à percer et vient inonder la petite salle d’étude où Tsukishima et Yamaguchi se sont réfugiés après l’entraînement. Assis côte à côte, ils sont entourés de livres et de feuilles éparpillées, mais leur attention n’est pas du tout concentrée sur leurs devoirs. En réalité, Tsukishima est en train de fixer son ami d’un air pensif, tandis que Yamaguchi, sentant son regard, se tortille d’un air gêné.

"Qu’est-ce que t’as à me regarder comme ça, Tsukki ?" demande Yamaguchi, essayant de masquer son embarras par un rire nerveux. Il baisse instinctivement la tête, les joues déjà rougies.

Tsukishima ne répond pas tout de suite. Ses yeux se posent sur le visage de Yamaguchi, et plus précisément sur les petites tâches de rousseur qui parsèment sa peau. Depuis qu’ils se connaissent, ces taches ont toujours été là, et pour une raison qu’il n’avouerait jamais, elles lui inspirent une étrange fascination.

"Je pensais juste…" commence Tsukishima, d’un ton détaché mais presque doux, "que c’est dommage que tu les détestes."

Yamaguchi détourne immédiatement le regard, son malaise visiblement amplifié. "Quoi, mes… mes tâches de rousseur ? Elles font bizarre, non ? Elles sont… enfin… elles me complexent," murmure-t-il, en passant une main sur sa joue, comme pour les cacher.

Tsukishima pousse un léger soupir, lassé de voir son ami aussi peu confiant en lui-même. D’un geste lent et assuré, il tend la main et pose un doigt sur la joue de Yamaguchi. Ce dernier tressaille légèrement au contact, surpris, mais il n’ose pas bouger. Tsukishima trace délicatement une ligne invisible entre quelques-unes des taches de rousseur, son doigt effleurant la peau de Yamaguchi, qui se sent à la fois embarrassé et étrangement apaisé.

"Tu sais, je trouve ça fascinant," dit Tsukishima avec son air neutre habituel, mais ses yeux trahissent un soupçon de tendresse. "Ces taches… c’est comme si tu avais des constellations sur le visage."

"Des constellations ?" répète Yamaguchi, surpris.

Tsukishima hoche la tête. "Ouais. Regarde, ici, il y a une sorte de triangle… et là, avec ces trois-là, ça fait une ligne parfaite," explique-t-il en traçant un parcours entre les taches sur le visage de Yamaguchi. Son ton est calme, presque méditatif, comme s'il étudiait un objet précieux. "Je pourrais te trouver des constellations entières si je voulais."

Yamaguchi ne peut pas s’empêcher de rougir encore plus, et il baisse les yeux, à la fois touché et gêné. Pour lui, ses tâches de rousseur ont toujours été un défaut, quelque chose qu’il aurait préféré cacher. Mais dans le regard de Tsukishima, elles prennent soudain un tout autre sens. Il se surprend même à se demander si, peut-être, elles ont quelque chose de spécial.

"Je… je n’avais jamais pensé à ça comme ça," murmure Yamaguchi, la voix un peu tremblante.

Un silence s'installe entre eux, et Tsukishima retire lentement sa main, bien que ses yeux restent posés sur le visage de son ami. "Tu devrais arrêter de les cacher," dit-il finalement, d’une voix douce, presque inaudible. "Elles font partie de toi, et franchement, elles te vont bien."

Yamaguchi ne sait plus quoi dire. Tsukishima n'est pas du genre à faire des compliments facilement, encore moins à le regarder de cette façon. Il sent son cœur battre un peu plus vite, et il a soudain envie de sourire, même s’il se retient, par habitude. Finalement, il prend son courage à deux mains et se tourne vers Tsukishima, cherchant à comprendre ce que cette étrange lueur dans ses yeux signifie vraiment.

"Merci, Tsukki," murmure-t-il, un sourire timide étirant enfin ses lèvres. "Ça… ça compte beaucoup pour moi, ce que tu dis."

Tsukishima détourne le regard, visiblement gêné, et il pousse un soupir agacé pour masquer son propre embarras. "Arrête de sourire comme ça, c’est gênant," marmonne-t-il, mais il ne peut s’empêcher de sourire légèrement lui aussi.

Ils reprennent leurs études, mais l’ambiance entre eux a changé, remplie d’une complicité silencieuse et douce. Pour la première fois, Yamaguchi se surprend à aimer ses tâches de rousseur, grâce à la façon dont Tsukishima les voit – comme des constellations uniques, qui illuminent son visage.

Ce jour-là, Yamaguchi rentre chez lui, le cœur léger et le sourire aux lèvres. Les mots de Tsukishima résonnent dans son esprit, comme un écho rassurant. Et à chaque fois qu'il passe devant un miroir, il regarde ses tâches de rousseur d'un nouvel œil, avec une pointe d’acceptation et même… un peu de fierté.

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