Sous la surface ( iwaoi)

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Le matin était doux, la brise légère soufflant à travers les fenêtres ouvertes du salon .Mais Oikawa n’avait pas vraiment remarqué. Il était là, dans un coin de la salle, ses yeux fixés sur son reflet dans le miroir. Il se concentra sur chaque détail de son apparence, sur les petites imperfections qui semblaient maintenant tout envahir, comme une ombre qui se refait plus grande à chaque jour qui passe.

Cela faisait plusieurs mois que son comportement avait changé. Ses entraînements étaient devenus plus intenses, ses repas plus rares, et ses humeurs plus fluctuantes. Il avait l'impression de ne plus rien contrôler, mais, paradoxalement, il ressentait une étrange forme de contrôle lorsqu’il se privait. C'était devenu une obsession silencieuse, un ennemi invisible qui occupait chaque pensée, chaque moment de sa journée. Mais peu à peu, cela le dévorait, le laissant fatigué, épuisé, mais terrifié à l'idée de lâcher prise.

Iwaizumi avait remarqué les changements chez son ami, bien sûr. Oikawa n'était plus aussi enthousiaste lors des entraînements, et ses rires se faisaient moins fréquents. Il semblait plus nerveux, plus concentré sur des détails insignifiants. Les deux avaient toujours partagé un lien fort, mais cela faisait un moment que Iwaizumi voyait cette distance s’installer, une distance qu'il n'arrivait pas à franchir.

Un matin, après l'entraînement, alors qu’Oikawa tentait de s'éclipser rapidement, Iwaizumi se posta devant lui dans le couloir, une expression sérieuse sur le visage.
"Oikawa."Il prononça son nom d'une manière calme, mais ferme. "On doit parler."

Oikawa s'arrêta net, mais ne leva pas les yeux. Il savait ce que Iwaizumi allait dire. Il le savait depuis longtemps, mais il ne voulait pas l'entendre. Il avait beau se cacher derrière des sourires et des blagues, une part de lui savait que Iwaizumi était loin d'être dupe.
"Je vais bien, Iwa-chan."Oikawa dit cela d'une voix un peu trop plate, comme s'il croyait réellement que mentir à Iwaizumi suffirait à convaincre tout le monde, y compris lui-même.

Iwaizumi, cependant, n'était pas du genre à se laisser berner. Il avait été patient, attendant qu’Oikawa se confie, mais il ne pouvait plus ignorer les signes. Il savait que son ami avait des luttes invisibles, et il était prêt à les affronter, même si Oikawa ne voulait pas en parler.
"Non, tu n’es pas bien, Tooru. Ça se voit." La voix d'Iwaizumi était ferme, mais remplie d'inquiétude. "Tu t'isoles, tu t'épuises, et tu te caches derrière des sourires. Mais je te connais trop bien pour te laisser te perdre comme ça."

Oikawa leva les yeux, croisant le regard d’Iwaizumi pour la première fois depuis plusieurs semaines. Il vit cette étincelle d’inquiétude dans ses yeux, cette attention sans jugement, mais aussi cette insistance qui lui montrait que Iwaizumi ne le lâcherait pas tant qu'il ne serait pas honnête avec lui-même.

Un long silence suivit. Oikawa ressentait le poids de ses propres pensées, la lutte incessante entre ce qu'il voulait que les autres voient et ce qu'il ressentait à l’intérieur. Il aurait aimé tout effacer d’un geste, tout oublier, mais cela n’était plus possible.

Enfin, il murmura, presque comme une confession : 
"Je... je suis fatigué de tout ça. De me sentir toujours en contrôle, mais en même temps... je ne contrôle rien." Ses mots étaient tremblants, et une douleur profonde s'insinua dans sa voix. "Je suis épuisé, Iwa-chan. Et je me déteste encore plus chaque jour."

Iwaizumi s'approcha lentement, son regard toujours aussi sérieux. Il posa une main sur l'épaule d'Oikawa, un geste simple mais plein de soutien.
"Tu n’as pas à traverser ça seul. Je suis là pour toi, Tooru. Et ça, tu ne peux pas le changer."

Oikawa se tourna, fuyant un instant le regard d’Iwaizumi, gêné par la vulnérabilité qu'il venait de laisser entrevoir. Il avait toujours été celui qui semblait avoir toutes les réponses, celui qui guidait les autres. Mais aujourd'hui, il se sentait perdu. Il ne savait pas comment tout cela finirait, ni comment il pourrait surmonter cette lutte intérieure.
"Mais je… je n’arrive pas à arrêter. Je me sens tellement… tellement faible."

Iwaizumi, sans hésiter, prit une profonde inspiration.
"Tu n’es pas faible, Tooru. T’es juste humain. Et parfois, c'est ok de demander de l'aide. Je suis là pour t’accompagner dans ce processus. Mais tu dois aussi faire ta part. Prendre soin de toi, petit à petit."

Il laissa une pause, et lorsqu'Oikawa tourna à nouveau la tête vers lui, Iwaizumi lui adressa un sourire chaleureux, plein de compréhension.
"On va y arriver, d'accord ? Pas de précipitation. Juste… ensemble."

Oikawa sentit quelque chose de léger se briser en lui à ces mots. Ce n'était pas une solution miracle, et il savait que le chemin serait difficile. Mais il se rendit compte que, pour la première fois depuis longtemps, il n’était plus seul à porter ce poids. Et cela, même si cela ne résolvait pas tous ses problèmes, était déjà un pas en avant.

Les semaines suivantes furent un mélange de hauts et de bas. Oikawa continua d’affronter son trouble alimentaire, mais chaque jour, il se sentit un peu moins seul. Avec l’aide de professionnels, soutenu par Iwaizumi, il commença à apprendre à se réconcilier avec lui-même, à accepter qu'il ne pouvait pas tout contrôler, mais que sa valeur ne résidait pas dans ses apparences ou dans sa capacité à satisfaire des attentes irréalistes.

Iwaizumi ne cessait de lui rappeler qu’il n’était pas faible, mais humain, et que tout le monde avait ses luttes. Et chaque jour, même dans la douleur, Oikawa se rappelait que demander de l’aide, accepter le soutien, était un acte de courage.

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