Jour 3
— Elles reviennent ! cria Malorie.
Mona redressa lentement son visage fatigué vers sa fille. Attablée à la table de la cuisine pour le petit-déjeuner, Malorie n'avait cessé de surveiller la fenêtre. Depuis deux jours, les deux volatiles s'étaient absentées et Mona espérait un peu au fond d'elle qu'elles ne reviendraient pas. Cette idée persista dans sa tête lorsque Mademoiselle Pimprenelle s'écrasa lourdement dans le bol de café de Mona, l'éclaboussant généreusement au passage.
— Je vais te déplumer, prévint Mona en essuyant péniblement le café bouillant.
— Il ne faut pas partir aussi longtemps ! gronda Malorie, furieuse.
Ou ne pas revenir, songea Mona, lasse.
Dame de Fane se posa un peu plus délicatement que sa congénère et poussa un grognement agacé. Intriguée, Mona lui accorda un peu plus d'attention et découvrit un parchemin attaché à sa patte. Mona le récupéra pendant que Malorie continuait de réprimander les deux volatiles.
— Mademoiselle Pimprenelle n'est pas encore dressée et je prends le train demain ! s'écria Malorie. Vous n'avez pas le droit de nous faire des frayeurs pareilles.
Mona déplia la lettre, reconnaissant l'écriture de Bondupois.
— En plus, elle a l'air affamée, Dame de Fane. Tu l'as nourrie au moins ? Tu as chassé pour elle ? Elle ne sait même pas se servir de ses propres ailes, comment veux-tu qu'elle se nourrisse elle-même ?
Chère Mona,
Je profite de la présence de tes deux chouettes pour te confier une mission. Préviens toutes les amies de Grace que je la conduis à l'instant à St Mangouste. Notre bébé semble pointer le bout de son nez.
PS : Dame de Fane souhaitait peut-être présenter ma chouette à Mademoiselle Pimprenelle, ou bien voulait-elle lui montrer notre maison. Quoi qu'il en soit, cela partait sûrement d'une bonne attention, mais par pitié, somme tes volatiles de ne pas recommencer une visite de la sorte. Nous n'avons plus de vitres à nos fenêtres.
Arnold Bondupois.
— Même quand elle boit dans sa gamelle, elle trouve le moyen de déplacer sa gamelle sur trois mètres avant de réussir à comprendre le système, continua Malorie. Parce qu'en plus vous devez avoir soif !
— Donne-leur à boire, ordonna Mona. Elles repartent tout de suite.
— Qu'est-ce qui se passe ? demanda Malorie.
— Grace est à la maternité des sorciers.
Malorie regarda sa mère avec des yeux ronds. Toute fatigue avait à présent disparu du visage de Mona. Elle se leva vivement, se saisit d'un crayon et d'un papier sur lequel elle griffonna quelques mots. Malorie entraînait déjà les deux oiseaux dans la volière. Mademoiselle Pimprenelle fit une escale sur le montant de la porte qu'elle heurta violemment. Mona dupla la lettre en deux exemplaires et rejoignit sa chambre où elle s'habilla en vitesse. De retour dans le salon, elle eut la surprise de trouver les deux chouettes sur la table de la cuisine, attendant sagement leur nouvelle mission. Malorie était partie se changer.
— Bien, dit Mona en roulant les parchemins. Dame de Fane, tu te rends chez Waha. Quant à toi, Mademoiselle Pimprenelle, tu porteras ce courrier dans la maison d'Irène et Terence Moon.
Elle se pencha sur l'animal et lui attacha la lettre à la patte.
— Tu ne te trompes pas ! Irène et Terence Moon, mon frère et ma belle-sœur !
Elle va se tromper... je le pressens et pas seulement parce que l'animal est siphonné.
Les hululements de la chouette n'étaient pas très convaincants, son vol en direction de la fenêtre non plus. Dame de Fane fit moins de difficultés ; elle était devenue un peu plus conciliante, quoiqu'animée d'un regain d'agressivité depuis que sa congénère maladroite était entrée dans l'appartement.
VOUS LISEZ
Un jour, Mona Moon sera une rebelle
FanfictionElle n'est pas super canon, pas ultra drôle, pas très spirituelle et sans aucune ambition. Sa famille est un peu toxique, ses amours à proscrire, ses amitiés interdites et sa chouette inadaptée. Pourtant, vous allez l' adorer. Notes de l'autrice : B...
