1982 : Jour 5 : Alice et Franck

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Jour 5

Mona se figea devant le couloir interminable ; ses rêves en étaient souvent hantés. Franchir ce couloir, ce long, très long couloir, avait bouleversé sa vie. L'emprunter une nouvelle fois était tentant ; après tout, peut-être n'était-il pas aussi interminable que dans les souvenirs qui lui revenaient. La perruque branlante, Rogue déguisé en sorcier trapu ou encore Narcissa Malefoy qui lui avait parlé sans la reconnaître... Quelques minutes de répit avant de donner naissance à une enfant dans un monde en guerre.

– Miss Moon, vous rêvassez ?

Si au moins elle rêvassait sur la nuit de la conception. Dans une certaine mesure, évidemment. Pervers !
Mona chassa ses pensées et suivit la Grande Amélia dans les escaliers. La veille, après avoir arraché Dame de Fane à la contemplation de la chouette de Bondupois, Mona l'avait envoyée à sa patronne en expliquant son absence pour le lendemain matin. L'idée avait visiblement ravi la Grande Amélia, car Mona l'avait retrouvée quelques secondes auparavant dans le hall de l'hôpital.

Suzie et Bondupois les attendaient déjà dans la salle Janus Thickey, discutant avec une guérisseuse aux allures maternelles, vêtue d'une robe verte. Après quelques salutations polies, Suzie écarta un drap derrière lequel se trouvaient les Londubat. Mona recula d'un pas, sous le choc. Alice Londubat avait le regard perdu dans le vide, son visage terne, bien loin du souvenir qu'elle en gardait. Franck, quant à lui, leva brièvement la tête vers les visiteurs. Son nom figurait sur la fameuse liste de Marine Moon. Mona se souvenait encore des conversations si aisées avec lui. Cette fois, cependant, il ne dit rien et détourna rapidement son attention pour se concentrer sur ses doigts. La blancheur de ses mains était encore plus frappante que celle du reste de leurs corps meurtris.

– Nous pouvons commencer, Mona, dit froidement Suzie.
– Oui... oui...

Ses regards frénétiques trahissaient sa panique, accentuée lorsqu'elle comprit qu'on l'observait. Elle s'empressa de mettre en route sa plume à Papote et tenta de paraître concentrée, bien que ses yeux restaient paralysés devant les Londubat.

– Si je comprends bien, dit la Grande Amélia, ignorant le malaise de sa subordonnée, Barty Croupton n'a pris part à la torture des Londubat que bien après les Lestrange ?
– Oui, confirma Suzie. Lorsqu'on remonte les sortilèges subis par les Londubat, le premier qu'Alice reçoit de Croupton est le quinzième, un Petrificus Totalus. Pour Franck, il s'agit du vingt-troisième : un Mobilicorpus.
– Barty Croupton n'a lancé aucun maléfice de douleur ? demanda Mona d'une voix trop aiguë.
– Si, répondit Suzie sans la regarder. Mais bien après les autres.
– Curieux, commenta la Grande Amélia.
– Croupton faisait sûrement le guet, intervint Bondupois. Cela correspond aux témoignages des Moldus.

Mona se tourna vers lui, toujours surprise de l'entendre parler.

– Que révèle d'autre la remontée des sortilèges ? questionna la Grande Amélia.
– J'ai fait une liste complète, annonça Suzie en sortant un parchemin de sa poche. Les sortilèges de Bellatrix Lestrange sont les plus puissants et les plus réguliers.

Mona attendit que sa patronne eût fini de survoler le parchemin pour le lire à son tour.

– Le procès disposera enfin d'une liste correctement établie, dit Suzie.

Pouffiasse !
Mona mit plusieurs secondes à comprendre que cette remarque lui était destinée.
Réagis, bordel ! Colle-lui une droite !
Plus réactif, Bondupois s'empressa de reporter la conversation sur les Londubat.
Non, alors là, si même le flan chiant est plus vif que toi, je ne peux rien faire.

– Comment vont-ils ?
– Leur état est stationnaire... mentalement parlant, précisa la guérisseuse. Nous parvenons à soigner toutes les blessures physiques, même si certaines prennent du temps.

Un jour, Mona Moon sera une rebelleDes histoires addictives. Découvrez maintenant