Jour 4
Mona bailla longuement sans aucune retenue.
– Dis donc, reprocha Terence.
– Y'a personne, rappela Mona.
Effectivement, à sept heures quarante-cinq un samedi matin, personne ne déambulait dans la salle commune des Serpentard. Tous étaient encore profondément endormis.
– Bon, qu'est-ce qu'il fait ? râla Terence.
– Ne t'inquiète pas, la poudre de cheminette ne partira pas sans nous, fit remarquer Mona.
– Ce n'est pas une raison.
Elle s'affala sur un canapé près de la cheminée. Des bûches y avaient récemment été déposées, sûrement par des elfes. En se rappelant le nombre d'elfes qu'elle avait vus la veille dans les cuisines, Mona réalisa qu'elle n'en avait jamais croisé aucun dans le château. Chez elle, Mona cherchait souvent la compagnie de Tutic, l'elfe de maison de la famille.
– Va le chercher, suggéra Mona, les yeux fermés.
– Je l'ai déjà réveillé, dit Terence.
– Tu as donc accompli ton quota d'aide à la famille pour la journée.
Les yeux toujours fermés, elle sentit Terence se retourner vivement vers elle, furieux. Mona ne put s'empêcher d'esquisser un sourire.
Il va exploser, le frérot.
– Le surdoué de la famille ne devrait plus tarder, arrête de paniquer, dit Mona.
– Je suis le surdoué de la famille ? dit une petite voix.
Mona rouvrit les yeux pour voir son petit frère, Hugh.
C'est pas encore aujourd'hui qu'on verra Terence exploser.
– Je disais ça pour te faire venir, mentit Mona.
– Ouais, c'est ça, dit-il.
– On ne dit pas "ouais", reprit Terence.
– Ouais, il a raison, dit Mona à Hugh.
Il sourit à sa grande sœur, tandis que Terence levait les yeux au ciel.
– On peut y aller ?
– Se coucher ? Bien sûr, dit Mona en feignant de vouloir rejoindre son dortoir.
– Non, on va être en retard, dit sérieusement Hugh en regardant sa montre.
Mona regarda ses frères avec déception et finit par les suivre hors de la salle commune.
– Quelqu'un d'autre est malade dans la famille ? demanda Hugh à voix basse.
J'espère que Marine l'est en tout cas. Dommage qu'on soit en 1975, on lui aurait refilé la grippe A, la grippe aviaire ou le covid.
– Non, répondit Mona. Tout le monde pète le feu.
Elle voulait le rassurer, mais réalisa après quelques instants que ce n'était peut-être pas une bonne idée. S'il devait y avoir un autre décès, autant que Hugh y soit préparé.
– En fait, je crois que Fidel n'est pas très bien, confia Mona.
Terence regarda sa sœur avec un air neutre.
Alors, le Fidel, il n'est pas malade mais alcoolique. Le fait que sa petite sœur ait déshonoré la famille il y a plus de trente ans lui a miné le moral, le pauvre. Bref, le monsieur est un grand tonton pour nos trois loustics ici présents. C'est le fils aîné d'Augustin, un joyeux nazi comme le patriarche décédé. Enfin joyeux... c'est une façon de parler. C'est un con, lui aussi.
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Un jour, Mona Moon sera une rebelle
FanfictionElle n'est pas super canon, pas ultra drôle, pas très spirituelle et sans aucune ambition. Sa famille est un peu toxique, ses amours à proscrire, ses amitiés interdites et sa chouette inadaptée. Pourtant, vous allez l' adorer. Notes de l'autrice : B...
