Chapitre XV

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Après plusieurs appels de ma soeur depuis la cuisine, je finis par la rejoindre bon gré malgré. Après lui avoir présenté des excuses la veille, concernant mon humeur et mon comportement, elle n'a rien trouvé de mieux que de nous organiser une matinée cupcake.

Si cela faisait partie de mes ateliers de Noël préféré jadis, aujourd'hui cela m'ennuie profondément. À contre coeur, je descends collant un sourie forcé sur mes lèvres qui retombe aussitôt.

J'ai bêtement pensé qu'elle organisé ce moment juste pour nous retrouver, je n'ai pas un seul instant imaginé que Ducon serait de la partie.

Sa coiffure impeccable, ses yeux inquisiteur qui me foudroie, il se tient droit comme I derrière l'îlot central. Il a retroussé les manches de sa chemise immaculée, cet homme ne quitte apparemment jamais son costume c'est d'un ridicule sans nom.

— Oh magnifique, tu es enfin là, se réjouit Loreileï. Comme tu peux le voir Alexandre s'est gentiment joint à nous. Rien de mieux pour apprendre a se connaître que la pâtisserie. Tu n'es pas d'accord Auxi ?

— Certainement, grommelé-je tiraillé entre l'envie de faire bonne figure devant ma soeur et celle de lever mon majeure à la face de Ducon.

— Bien, pour commencer hatons nous de passer nos tabliers.

Nous tournant le dos, ma soeur s'empresse de nous déposer trois tabliers et je m'empare à toute vitesse du seul bleu laissant le choix au beau frère de ma soeur entre le rose a pois ou le rose a fleur.

Sans se démonter et plongeant son regard dans le mien il se saisit de celui a fleurs où l'inscription je suis la reine de la pâtisserie orne à présent son torse.
Bien que la scéne devrait prêté a sourire, sa façon de me regarder me déstabilise, aussi je m'abstiens de tout commentaire.

— Parfait, nous allons pouvoir commencer, intervient ma sœur après a avoir enfiler le sien. Alors laissez libre court à votre imagination en tenant compte que je les offrirait a la paroisse pour récolter des dons pour une association, insiste-t-elle en ma direction.
Je suis vraiment ravie que tu te joigne à nous Auxanne tu as toujours était celle de nous deux qui savait le mieux se servir de ses mains.

— Je ne promets rien, mais puisque c'est pour une association, je vais essayer de faire un effort.

— Et je t'en remercie, souffle-t-elle.

— Alex, je t'en prie, tu peux commencer, enfin tout le monde s'est bien lavé les mains avant ?

Après de brefs acquiescements nous nous attelons à la tâche. Du coin de l'œil je ne peux m'empêcher de surveiller Ducon et du massacre qu'il perpétue à la poche à douille. J'émets un bref ricanement qui m'échappe, ce qui me vaut un regard assassin. Aussitôt je me ravise, si je veux effectivement me venger autant faire bonne figure pour l'instant.
Alors que je termine la décoration de mes cupcakes et que ma soeur nous demande de l'excuser avant de partir à toute allure, je mets en place mon stratagème.

— La poche à douille n'est pas évidente a manier mais avec un peu d'entraînement on pourrait presque créer des œuvres d'arts, susurré-je tout en passant mes bras de part et d'autre de son corps. Sous ma chaleur je le sens se crisper et lorsque mes doigts se mêlent aux siens sa tension est à son comble. Avec douceur j'accompagne ses gestes jusqu'à former de petits tourbillons magnifiquement réaliser.

Bien sûr, je ne m'arrête pas au premier petit gâteau et enchaîne les réalisations. Toujours plaqué contre la musculature de son dos tendu par notre contact, je souris intérieurement de la gêne que je lui procure. Puis dans un dernier geste langoureux, je m'écarte juste avant que ma soeur ne nous rejoigne.

— Je vous prie de m'excuser, je...je...

— C'est n'est rien, la coupe Ducon.

— Oh, mais je ne savais pas que tu avais un vrai don pour la pâtisserie, le félicite-t-elle devant ses gâteaux si parfaits.

— Disons que je maîtrise un certain ́nombre de domaines, sourit-il.

Quel sombre connard, comme si reconnaître que je lui avait porter secours lui arrachéré la gueule !

— Et toi Auxanne, ce n'est évidemment pas une surprise tu as toujours été la meilleure de nous deux, commente-t-elle en grimaçant devant ses propres cupcakes. C'est sûr que face aux votre les miens n'ont aucune chance de se vendre.

— Laisse moi rattraper ça si tu veux, l'arrête Alexandre.

Et comme rassurée de sa proposition elle lui sourit de soulagement :

— Tu es un ange, je te remercie, le temps que tu finisses je vais réunir quelques vieux bijoux que vais offrir pour la vente aux enchères qui accompagnera la vente de gâteaux. 

Une fois ma soeur partie, Ducon me fait face la mâchoire serrée.

— On peut savoir à quoi tu joue ?

— Mais à rien du tout ! Je tenais simplement à te présenter mes excuses pour mon comportement. Je n'aurais pas dû agir ainsi et...

— Te fatigues pas, ton numéro ne prends pas avec moi ! Si tu manigances encore un de tes sales coups fourré crois moi, je vais te faire passer un Noël que tu ne seras pas prête d'oublier ! 

Feintant la surprise de son comportement je pose une main sur ma poitrine mimant le choque de son accusation :

— Mais enfin, mes excuses sont sincères....

— Soit, nous verrons bien, mais sache que je t'ai à l'œil ! me menace-t-il avec son doigt. Puis dans un geste brusque il retire son tablier avant de le jeter sur le plan de travail.

— Commence par terminer ça, pointe-t-il en direction des gateaux de ma soeur avant de tourner les talons.

Déterminée à lui faire payer son arrogance, j'attrape mon téléphone et pianote à toute vitesse sur le moteur de recherche, je valide la commande pile au moment où la sonnette retentit brisant le calme du chalet.

Et alors que ma soeur ouvre la porte a ses visiteurs je comprends que mon séjour est déjà en train de tourner à l'orage lorsque la voix cristalline de ma mère me parviens.

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