Chp 18

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Je levai lentement les yeux vers Carl, la gorge nouée.

— Ma mère... Elle est morte, pas vrai ?

Ma voix était faible, presque un murmure.

Carl ne répondit pas immédiatement. Il me détailla, comme s'il pesait le pour et le contre avant de parler. Puis il lâcha, calmement :

— Qu'est-ce que Diego t'a dit ?

Un frisson glacé parcourut mon échine.

Je me souvenais encore de la lettre.

Une simple feuille posée sur la table du salon, l'écriture reconnaissable entre mille :

"Tania, j'ai besoin de partir quelque temps. Ne t'inquiète pas pour moi. Prends soin de toi. Maman."

C'était tout. Aucune explication. Aucun contact après ça.

Et à l'époque, j'avais voulu y croire.

J'avais voulu croire que ma mère était partie parce qu'elle en avait assez de moi, de cette vie. Parce que c'était plus simple que d'affronter l'idée qu'elle aurait pu être morte.

Mais maintenant, avec tout ce que je venais de découvrir...

Je plongeai mon regard dans celui de Carl.

— Elle n'est jamais partie, n'est-ce pas ?

Carl s'accouda sur son bureau, ses doigts tapotant distraitement le bois.

— Non.

Un seul mot.

Il n'avait pas besoin d'en dire plus.
Ma tête tourna. Je m'accrochai au bord du bureau pour ne pas vaciller.

— Comment ? soufflai-je.

Carl inspira profondément.

— Tu veux vraiment le savoir ?

Ma poitrine se souleva douloureusement. Une part de moi voulait courir, fuir cette pièce, cette vérité.
Mais il était trop tard. J'hochai lentement la tête.
Carl me fixa encore un instant, puis il posa une nouvelle feuille sur le bureau.

— Alors lis ça.

J'hésitai. Puis mes doigts attrapèrent le papier.
Dès la première ligne, je compris. Et mon monde s'écroula. Les lettres imprimées semblaient danser sous mes yeux, comme si mon cerveau refusait de traiter ce que je lisais.

Un rapport.

Froid. Clinique.

"Cible : Elena Vasquez.
Statut : Exécutée.
Lieu : Entrepôt désaffecté, district sud.
Date : 14 mars, 23h42.
Commanditaire : [CENSURÉ]."

Je sentis ma gorge se serrer.

Exécutée.

Pas disparue. Pas en fuite. Morte.

Je n'arrivais plus à respirer.
Tout ce que j'avais toujours cru s'effondrait d'un coup brutal. Ma mère n'était jamais partie en voyage.
Elle n'avait jamais eu l'intention de revenir.

On l'avait tuée.

— Qui a fait ça ?

Ma voix trembla, mais je refusai de baisser les yeux.

Carl croisa les bras, s'adossant légèrement à son bureau.

— Ça t'étonnerait si je te disais que Diego sait tout ?

Je sentis une onde de choc me traverser.

Je secouai la tête, refusant d'y croire.

— Non... Il... Il m'aurait dit.

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