Chp 23

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Je soufflai, agacée.

Deux fois en une journée.

Carl semblait avoir pris goût à me convoquer comme si j'étais à sa disposition. Mais cette fois, quelque chose me disait que ce n'était pas juste une discussion ordinaire.

Francisco et Gigi marchaient à mes côtés, silencieux, mais je pouvais sentir leur vigilance. Comme si quelque chose avait changé.

— Vous allez me dire ce qu'il veut, ou je dois deviner ? lançai-je en croisant les bras.

Gigi esquissa un sourire en coin.

— Si t'arrêtes de souffler comme une gamine contrariée, peut-être qu'on te dira.

Je levai les yeux au ciel, mais mon cœur battait plus vite. J'avais encore en tête cet homme à la cicatrice, son tatouage, son avertissement...

Je jetai un coup d'œil à Francisco, mais comme toujours, il restait impassible. Aucune chance d'obtenir quoi que ce soit de lui.

Je me tournai alors vers Gigi, le plus sociable des deux.

— Allez, Gigi. Dis-moi au moins si je vais sortir vivante de cette conversation.

Il rit doucement, faisant tourner son couteau entre ses doigts.

— Si t'arrêtes de jouer les filles insolentes, t'as une chance.

— Très rassurant.

Il haussa les épaules.

— Écoute, princesse, si Carl veut te voir deux fois dans la même journée, c'est que t'as attiré son attention. Il marqua une pause, puis ajouta, plus sérieux : Et crois-moi, y a deux façons dont ça peut se terminer.

Je fronçai les sourcils.

— C'est-à-dire ?

Il me lança un regard en coin.

— Soit il t'apprécie... soit il commence à se méfier.

Un frisson me parcourut.

— Et toi, tu penses quoi ?

Gigi sourit, mais son regard était plus perçant que d'habitude.

— Moi ? Il fit semblant de réfléchir. Je pense que t'es en train de jouer avec des loups sans savoir si t'es un agneau... ou une louve.

Je serrai les dents.

Il n'avait pas tort.
Mais ce que Gigi ne savait pas, c'est que moi-même, je n'étais plus sûre de la réponse.

Les portes du bureau de Carl s'ouvrirent devant moi, et cette fois, je ne pris pas la peine d'attendre qu'on m'y invite.

Je ne me laisserais pas intimider.

Je franchis le seuil, la tête haute, le regard planté droit sur lui. Il était là, assis derrière son imposant bureau, une cigarette entre les doigts, l'air à la fois détendu et calculateur.

Francisco et Gigi restèrent derrière moi, refermant les portes dans un silence lourd.

Je m'avançai de quelques pas, croisant les bras.

— Si t'as quelque chose à me dire, Carl, fais-le vite. J'ai encore du boulot.

Son regard sombre s'attarda sur moi un instant, et au lieu de s'énerver, il esquissa un léger sourire amusé.

— Toujours aussi insolente. murmura-t-il en écrasant lentement sa cigarette dans le cendrier.

Il se leva, contournant son bureau pour venir se poster juste devant moi. Trop près. Comme s'il voulait tester ma réaction.

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