CHAPITRE 15

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Une avalanche de questions envahit mon esprit, tandis que chaque étreinte, chaque baiser, chaque contact apaise le tumulte en moi. Pourtant, une chose demeure certaine : nous pourrions tous deux en venir à regretter ce qui risque de se passer dans cette loge... Ce que nous nous apprêtons à faire n'a ni sa place ici et encore moins dans cette décharge brute de désir incontrôlé... Il semble l'avoir compris lui aussi, car ses gestes se font peu à peu hésitants ; ces baisers, autrefois chargés de passion et de certitude, perdent en précision, deviennent moins assurés...

- Ce n'est pas...

Il regarde ses mains tremblantes, puis lentement il entreprend un pas en arrière, marque une pause puis un second sans détacher ses yeux des miens un seul instant, ces yeux qui inspiraient auparavant le bonheur puis le désir décrivent à présent le regret. Un regret si intense, si sincère que je ne peux que le ressentir à mon tour. Je n'aime pas cela. Je ne regrette pas, et je ne souhaite pas que ce soit le cas pour lui non plus. Chaque étreinte, chaque moment passé à ses côtés ne peut être une erreur pour moi. C'est inconcevable... Je souhaiterais qu'il s'en rende à ce moment précis, qu'il ne soit pas désolé. Et pourtant...

- Je crois... Commence-t-il

- Tu crois... Demandais-je intrigué le poussant à continuer sa phrase

- Je crois. Dit-il en avançant cette fois-ci en avant.

Les mètres qu'il avait entrepris plus tôt, cette distance qu'il avait instaurée presque similaire à une barrière venait de s'effondrer. Il était de nouveau là devant moi à portée de bras à porter de bouche... Je prie au fond de moi pour qu'il ne le dise pas, qu'il ne s'exprime pas. Mais l'aimerais-je autant s'il n'était pas lui-même ?

- Je crois... répéta-t-il cette fois à portée de bouche

- Tu crois ? Demandais-je dans un souffle

- Je crois que c'était une erreur. Ce qui vient d'arriver n'aurait jamais dû avoir lieu. Je ne peux pas rester là. Dit-il en entreprenant d'aller ouvrir la porte.

- C'est tout ? Tu t'en vas ? Comme ça ?

- Maxime... Dit-il dans un soupir mimant plus le désespoir que l'exaspération.

- Il y a deux minutes tu m'embrassais comme un fou et maintenant tu...

- Je n'aurais pas dû faire cela, enfin ma réaction n'était la plus approprié et...

Il prit la parole, les doigts glissant maladroitement dans sa chevelure.

- Et ? Dis-je en laissant éclater un sanglot

Si on m'avait dit un jour que je me retrouverais à pleurer pour Sidjil un jour et ceux non pas à une mais deux reprises, je n'y aurais jamais cru pourtant nous y voilà. Son visage se fige d'abord dans la stupeur, avant de se crisper sous le poids de l'inquiétude. Il enveloppe avec douceur mon visages de ses mains et entreprend de sécher les quelques gouttelettes étant venu perler mes joues.

- Je le regrette... Commence-t-il en déposant un baiser sur l'une de mes joues. Je regrette de m'être emportés comme ça, j'ai été bête, ignorant et immature. Dit-il tout en déposant un second baiser sur celle-ci. Ne prenant en compte que mes sentiments sur le moment. Alors pour ça, je suis le roi des idiots et pour t'avoir fait du mal encore aujourd'hui, je dirais que je mérite vraiment ce qui se fait de pire comme châtiment. Finit-il en embrassant mon front.

- T'es vraiment un abruti fini. Dis-je en enfouissant ma tête contre son torse

- Je ne te contredirais pas.

Son étreinte est si forte qu'elle semble trahir une peur que je m'efforce d'ignorer.

- Plus tôt, qu'est-ce qui s'est passé ?

Je pose la question sans vraiment attendre de réponse ou plutôt, parce que j'ai peur de le voir franchir cette porte. Et cette peur, sourde et pressante, me pousse à l'enlacer plus fort.

- Eh bien, quand je vous ai vu toi et Léah...

Léah ? Je me retiens de l'interrompre et le laisse poursuivre.

- Quand je vous ai vu... répéta-t-il. Je ne saurais pas l'expliquer clairement mais c'était disons insupportable.

- Tu étais jaloux ?

- J'ai connu la jalousie à plusieurs reprises dans ma vie, mais cette fois, c'était différent bien plus intense. Comme un feu ardent, impossible à éteindre autrement qu'en t'ayant près de moi. Alors si c'est ça, la jalousie... alors oui, j'en ai été la proie. Et assez longtemps pour que ça me rende complètement fou.

Peut-être que je devrais prendre peur, le lâcher, fuir à toute allure, traverser chaque couloir sans jamais me retourner, et m'assurer de ne plus jamais croiser sa route. C'est ce que cette déclaration devrait provoquer en moi. Et pourtant... c'est tout l'inverse. Comment fuir ? S'il ne brûle qu'en ma présence, que se passera-t-il si je disparaissais ? Rien que d'y penser, j'en suis horrifiée. Mettrait-il tout à feu et à sang pour me retrouver ?

- Tu m'as comparée au soleil, plus tôt... et aujourd'hui, j'ai failli tout brûler sur mon passage ; toi y compris. Si tu hésites maintenant, je ne t'en voudrai pas.

Je m'écarte légèrement, et replace quelques mèches de sa chevelures à présent toute décoiffées.

- Si tu dois être le soleil, alors je ne t'empêcherai jamais de briller de mille feux. Et si quelques brûlures sont inévitables, on y mettra de la crème et on réparera les dégâts, ensemble. Je ne veux pas que tu étouffes ta flamme. Laisse-la briller, éclaire le chemin. Notre chemin. Tu comprends ce que j'essaie de te faire comprendre ? N'est-ce pas ? Dis-je en caressant son front.

Je plonge mon regard dans le sien, à la recherche de cette lueur qui a guidé nos pas jusque-là, cette flamme invisible pourtant si présente, qui nous a portés à travers chaque épreuve et chaque joie.

- L'oxygène ne cesse d'alimenter le feu, il le ravive. Alors aime-moi, aime-moi comme on respire, naturellement, sans effort, aime-moi jusqu'à en perdre le souffle, et..

- Et ?

J'enroule mes bras autour de son cou, presse mes lèvres contre les siennes, puis, dans un souffle, je réponds :

- Jen ferais de même.  

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⏰ Dernière mise à jour : Apr 17, 2025 ⏰

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