Cela faisait maintenant plus d'une semaine qu'une nouvelle venue était arrivée dans l'appartement.
Une semaine qu'Alexandre dormait sur le canapé. Oui, parce qu'il "ne pouvait pas laisser sa propre tante dormir comme une malpropre !" d'après Ben. Pourtant, il n'aurait eut aucun scrupule à le faire. Mais au lieu de ça, il avait été contraint à céder son tendre lit à Emie.
Peu importe. Il était sur le point de démêler un peu tout ça. Et peut-être alors, tout le monde s'apercevra que cette histoire absurde n'est qu'une conscéquence d'une simple erreur d'administration.
Il claqua la portière de la voiture aux reflets rougeâtres, avant de la fermer à clef.
Il avançait à grands pas jusqu'à ce qu'il franchisse la pancarte "Résidence des Magnolias, nous sommes heureux de vous accueillir !". Le jeune homme prit une grande inspiration.
Un an et demi qu'il n'était pas allé voir sa mère. Un an et demi.
Il se présenta à l'accueil, là où une femme tapait un scandale pour on ne sait quelle raison. Elle était habillée un peu n'importe comment, selon lui. Un legging rose et bariolé de partout, un long manteau d'hiver aux couleurs ternes et un sac cabas si usé qu'on aurait dit qu'il céderait d'un instant à l'autre. Ses cheveux bruns étaient tout emmêlés et frisonnants. Quand elle se retourna, Alex vit son maquillage qui dégoulinait de partout. Son mascara dévalait les pentes ardues de ses joues en un épais courant noir, comme des eaux sombres provenant de ses énormes cernes.
A peine eût-elle croisé son regard, qu'elle détourna les yeux, pris le tas de paperasse qui trainait sur le guichet et partis à toute jambe sous les regards dubitatifs des autres personnes présentes dans la pièce. Ca ne devait surement pas être drôle. Comme quoi, il n'y avait pas que lui qui avait des problèmes avec les administrations, en ce moment ! Mais après tout, chacun ses problèmes.
Le jeune homme s'avança jusqu'au comptoir, où travaillait un secrétaire apparemment très occupé.
Il se racla la gorge.
"Je vous écoute, soupira l'employé, d'une manière totalement contradictoire.
- Je viens rendre visite à Amélie Blank. Je suis son fils, répondit Alex tout en déposant sa carte d'identité sur la surface de marbre blanc en face de lui.
- Oh, heum ... Oui, oui attendez deux minutes s'il vous plait, rétorqua l'autre nonchalamment tandis que le téléphone sonna d'un cri strident qui résonnait dans tout le hall.
- Allô oui bonjour ? Ah, Coralie, c'est oti, ma chérie ! Alors, ta nouvelle coupe, comment tu t'en sort ? D'accord. D'accord, hmm, c'est noté, je la préviens. Oui, pas de problème. Et Peter, comment se sent-il ? Sa fièvre est redescendue ?
Non mais cet homme se payait ouvertement sa tête !
- Monsieur, c'est urgent !
Son interlocuteur boucha le bas du téléphone, et s'adressa à Alex d'un ton mielleux.
- Je vais vous dire, moi. On a tous des centaines de choses sur le feu. D'accord ? Donc je vous demande deux petites minutes d'attente. Ce n'est pas grand chose, si ?
Alexandre ne répondit pas. Il tourna la tête pour éviter un quelconque dérapage.
Derrière lui, se trouvait une brochette de quelques personnes semblant avoir entre cinquante et quatre-vingt ans. Ils lisaient des magasines, faisaient des mots croisés. Le jeune homme se demandait ce qu'ils attendaient comme ça.
En tout cas, lui en avait assez de patienter.
Il se retourna vers le guichet, pris sa pièce d'identité et emprunta le couloir qui menait au réfectoire.
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Utopies
FantasyDans le langage courant actuel, "utopique" signifie "impossible" ; une utopie est une chimère, une construction purement imaginaire dont la réalisation est, a priori, hors de notre portée. Cela n'a pas toujours été le cas. " Si on pouvait arrêter to...