Chapitre 4 : "Attritance immorale"

49 8 0
                                        


La promesse que Luc venait de lui faire, fit beaucoup de bien au moral de la jeune fille. Elle remercia intérieurement la providence de cette rencontre... A croire que le destin semblait s'amuser à les réunir chaque jour. Lorsqu'elle passa devant le salon, elle s'arrêta quelques instants et observa ses parents. Depuis leur dernière dispute, elle n'avait plus reparlé à sa mère. Elle sentit doucement les regrets l'envahirent quand son regard se posa sur celle-ci. Cette situation la faisait souffrir tout comme sa mère... Poussant un léger soupir, elle entra dans la pièce.

-« Je suis rentrée !! », fit-elle avec une voix enjouée.
-« Eh bien à la mine que tu nous fais, j'en déduis que tu t'es bien amusée !! », fit son père, le sourire aux lèvres de voir sa fille si heureuse.

Regardant sa mère, elle s'approcha doucement d'elle. Finalement, se mettant à genoux, elle posa sa tête sur ceux de sa mère et murmura faiblement.

-« Je suis désolée maman... »
-« Chuuut..., répondit sa mère en caressant tendrement les cheveux de sa fille. C'est moi qui suis la plus désolée dans cette histoire. Désolée de t'étouffer par mon inquiétude... »
-« Non maman !!! Tu es simplement une mère qui aime plus que tout sa fille... »

Tendrement, elles s'enlacèrent, heureuses que finalement elles aient retrouvé leur complicité. Fatiguée par tant d'émotions, Anna monta alors se coucher, les yeux remplis d'étoiles, et le cœur bondissant de joie...
Au petit matin, lorsqu'elle se réveilla, elle se sentait étrangement légère. Sa bonne humeur n'avait d'égal que la belle journée qui s'amorçait... Le sourire aux lèvres, elle alla prendre sa douche. Ce matin, elle avait rendez-vous à l'hôpital, chez son cardiologue pour une visite de contrôle. Bien que l'on était samedi, le médecin avait accepté de la voir ce jour-là plutôt que durant la semaine pour lui éviter de manquer les cours. Une fois prête, elle descendit prendre son petit déjeuner.

-« Tu es sûre que tu ne veux pas que je vienne avec toi ? », demanda sa mère.
-« Maman !!! On en a déjà parlé !! Ce n'est qu'une visite de contrôle il n'y a vraiment pas de quoi venir avec moi. De plus il ne me dira rien de très extraordinaire comparé aux autres fois alors... », répondit Anna.
-« Je sais bien... Mais je n'aime pas te savoir seule dans ces moments-là... »

Avalant sa dernière gorgée de café, la jeune fille se leva et embrassa sa mère sur la joue.

-« T'en fais pas tout ira bien !! »
-« Fais attention et ne marche pas trop vite !! »
-« Promis !! A plus tard !! »

Regardant sa fille sortir, sa mère ne pouvait s'empêcher de se faire malgré tout du souci.
Anna le sourire aux lèvres, marcha alors en direction de l'hôpital. Heureusement pour elle, le trajet n'était pas trop long et fatiguant. Regardant son carnet de santé, elle sentit une colère et une farouche injustice l'envahir. Malgré le temps, la blessure morale restait toujours aussi vive et l'incompréhension toujours aussi présente... A savoir pourquoi elle ?... Cette question n'aurait jamais de réponse elle le savait...
Alors qu'elle relevait la tête pour regarder devant elle, Anna aperçut au loin Luc Carrant. Immédiatement, elle sentit une excitation grandir en elle, et une joie immense. Elle se dirigeait vers lui, lorsque celui-ci sembla à son tour la voir.

-« Eh bien tu es matinale dis donc !! C'est pourtant le week-end !! », fit-il alors.
-« C'est vrai, répondit Anna tout sourire. Mais c'est que j'ai rendez-vous à l'hôpital... »
-« Je vois..., répondit-il simplement. Et tu y vas toute seule ? »
-« Mhm, sourit-elle, oui c'est préférable... Car si ma mère m'accompagnerait, avec son stress elle serait capable de faire augmenter mon rythme cardiaque... Et vous ?!!, demanda-t-elle alors pour changer de sujet. Que faites-vous de si bonne heure ? »

Montrant le panier qu'il portait à sa main droite, il déclara en riant.

-« Et bien je profitais de cette belle matinée pour aller faire mon marché !! »
-« Oh je vois !!!, s'exclama Anna, c'est votre fiancée qui doit être ravie !!! », réalisant ce qu'elle venait de dire, elle se sentit horriblement gênée. Comment avait-elle pu être aussi indiscrète vis-à-vis d'un de ses professeurs ?...
-« J'aimerais bien..., répondit-il sans pour le moins être offusqué, mais je vis seul !! »
-« Oh... Je suis désolée je ne voulais pas être désobligeante... »
-« Il n'y a pas de mal, rassure toi... »

Le temps d'une seconde Où les histoires vivent. Découvrez maintenant