Chapitre 18

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Ils ne purent voir leur fille qu'à travers une vitre. Celle-ci avait un tuyau respiratoire dans la bouche et beaucoup d'autres appareils autour d'elle. On avait prévenu ses parents qu'à la suite d'une intervention de ce type, le réveil pouvait durer quelques jours, que seul le temps importait... Mais à présent, rien ne comptait plus, que le fait qu'Anna fut saine et sauve...

Chamboulée par toutes ces émotions, Jo ne mangea guère ce soir-là tout comme son frère qui était rentré totalement sans vitalité.

-« Et bien si je ne vous savez pas en bonne santé je pourrais croire que vous êtes tous deux malades !! », déclara leur mère.
-« Désolée maman, mais tu sais avec ce qui est arrivé à Anna... », commença Jo.
-« Nous dirons que c'est la journée... », enchaîna laconiquement Eric.
-« Pourquoi ? », demanda Jo.
-« J'étais encore sur les lieux d'un accident ce soir... Et l'état de la victime était pas joli joli à voir. En plus il n'était pas plus vieux que moi, mais vu l'état de la bicyclette le choc a dû être violent... »

Lorsque Jo entendit cela, un curieux pressentiment naquit dans son esprit. Bien qu'elle ne voulait pas se laisser aller à des idées complètement saugrenues, elle se décida néanmoins à demander son frère.

-« Heu tu saurais pas par hasard le nom de la victime ? »
-« Et le secret professionnel t'en fais quoi ? », répliqua-t-il plus pour la taquiner que pour lui refuser sa demande.
-« Allez quoi c'est pas moi qui irais le crier sur les toits !! »
-« En tout cas, continua Eric, au moins il aura fait un heureux car il avait une carte de donneur sur lui et d'après les médecins, il était bien en état de mort cérébrale ».
-« Son nom je veux savoir », fit impatiemment Jo.
-« Oh la doucement qu'est-ce qui te prend à vouloir subitement son nom ?... Si tu veux tout savoir, il se nommait Luc Carrant, j'ai encore trouvé ça bizarre car son nom me disait vaguement quelque chose... », continua-t-il sans remarquer le trouble de sa sœur.
-« Tu as bien dis Luc Carrant ? », redemanda Jo pour être certaine de ne pas avoir mal compris.
-« Oui c'était son nom, j'ai même encore sa gourmette que j'ai ramassé sur la route. Normalement je dois la remettre au commissariat ».
-« Je veux la voir !! », s'écria Jo.
-« Eh la !! J'ai pas le droit ».
-« Je t'en supplie », implora Jo alors que les larmes commençaient à couler.
-« Faut pas te mettre dans un état pareil... La voilà la gourmette !! »

Il la sortit alors de sa poche, et immédiatement Jo reconnut le bijou qu'Anna avait acheté en sa présence. Abasourdie, Jo se leva d'un bond et pleura en courant se réfugier dans sa chambre....

À suivre ...

Le temps d'une seconde Où les histoires vivent. Découvrez maintenant