Anna se réveilla lorsqu'elle sentit Luc remuer.
-« Luc ?... », souffla-t-elle la voix encore endormie.
-« Désolé je ne voulais pas te réveiller », répondit-il en l'embrassant légèrement.
-« Que fais-tu ? », continua-t-elle en se redressant dans le lit.
-« Je crois qu'il est plus sûr pour moi de partir pendant qu'il est encore temps... »
-« Je sais bien, mais j'aurais aimé que tu restes encore... »
-« Soit ! Qu'on me prenne, qu'on me mette à mort ; je suis content, si tu le veux ainsi. [...] J'ai plus le désir de rester que la volonté de partir. Vienne la mort, et elle sera la bienvenue !... Ainsi le veut Anna... », déclama-t-il en basculant la jeune fille et en commençant à embrasser son doux visage. (NDA : extrait de « Roméo et Juliette » de W. Shakespeare Acte III scène V)
-« Nous ne sommes pas dans Roméo et Juliette !!, rit-elle. Tu as raison il est plus sage de partir maintenant ».
Après quelques caresses échangées, Luc finit de se rhabiller. Enfilant à son tour son pyjama, Anna le suivit jusqu'à l'entrée. Ouvrant la porte, ils prirent garde de voir si personne n'était dehors et Luc s'enfonça dans la pénombre de la nuit. Doucement Anna remonta les marches menant à sa chambre. Se plongeant dans les draps qui refermaient encore la chaleur du corps de Luc, elle repensa à cette nuit, à leur discussion... Son réveil indiquait 3h12. Ils n'avaient passé que 5h ensemble, mais 5h qui furent parmi les plus belles.
Quelques minutes plus tard, Anna entendit la porte d'entrée s'ouvrir et se refermer. Se retournant dans son lit, elle savait que sa mère ne manquerait pas de monter dans sa chambre vérifier si sa fille y était bien. En effet, à peine avait-elle eu cette pensée, que des pas se rapprochèrent. Un mince filet de lumière pénétra la pièce lorsque sa mère ouvrit la porte. Rassurée, celle-ci repartit en laissant dormir sa fille.
Le lendemain matin, lorsque Anna voulut se lever, elle se sentit étrangement fatiguée et oppressée au niveau de la poitrine. Prenant ses médicaments, elle ne s'en formalisa pas outre mesure, pensant que cela n'était que passager. Descendant alors dans la cuisine, son père qui avait tenté de rétablir le dialogue, s'inquiéta quelque peu de sa mine pâle.
-« Je t'assure tout va bien... », déclara Anna.
-« Pourtant... Ne me couverais-tu pas quelque chose ? »
-« Non je ne pense pas. Et puis si ça ne va pas mieux d'ici demain je passerai voir le médecin ».
Jetant un regard à sa mère, celle-ci ne disait pas un mot. Il semblait qu'elle n'était pas aussi prête que son père à lui reparler. Cette attitude attrista quelque peu la jeune fille, mais elle s'était promise qu'elle ne ferait pas le premier pas.
Ce dimanche se passa dans une ambiance aussi morose que les jours précédents, mais Anna avait retrouvé son humeur rêveuse, et la nuit avec Luc n'y était pas étrangère... Alors qu'elle était plongée dans ses devoirs, elle sentit soudainement son cœur s'emballer. Pourtant il n'y avait aucune raison, elle n'avait fait aucun effort qui aurait pu justifier une telle réaction. A nouveau, elle ouvrit sa boîte de pilule et en sortit deux d'entre elles. Quelques secondes plus tard, elle se sentit un peu mieux. Mais elle ne fut pas rassurée pour autant. Cependant, elle ne voulait pas inquiéter ses parents et prit la décision de ne pas en parler. Regardant machinalement son bippeur qui se trouvait sur son bureau, elle se demanda quand est-ce qu'il sonnerait...
Se sentant de plus en plus fatiguée, elle tenta tant bien que mal de le dissimuler à ses parents. Ce soir-là, elle alla se coucher de bonne heure, espérant que les heures de sommeil lui feraient du bien...
Hélas pour Anna, le lendemain son état ne s'améliora guère. Elle ne mangea que du bout des lèvres son petit déjeuner, et fit un effort surhumain pour sortir de la voiture lorsque sa mère la déposa devant le lycée. Elle avait la sensation que le moindre de ses mouvements lui demandait une concentration et un effort faisant battre plus vite son cœur. De plus, il semblait que les pilules qu'elle prenait, ne fassent plus autant d'effet sur son rythme cardiaque.
Immédiatement lorsque Jo vit arriver son amie, elle remarqua que quelque chose n'allait pas.
-« Anna, tu as une mine effroyable !! Ne me dis pas que c'est ta nuit avec Luc qui t'a épuisé à ce point !! », fit-elle taquine.
-« Mhm que vas-tu encore imaginer !! », s'efforça-t-elle de sourire.
-« Pourtant je t'assure, tu n'as pas bonne mine. Lui mettant la main sur le front, elle voulut voir si elle avait de la température. Tu n'as pas l'air d'en avoir pourtant... »
-« Ne t'en fais pas, ça va passer... »
-« Tu devrais quand même aller voir un médecin je n'aime pas ça ».
-« Allons même ma mère ne s'en fait pas autant ».
-« Oui ben justement je trouve que ta mère est bien stupide. Désolée de parler comme ça, mais tu sais à quel point je tiens à toi et là je ne peux supporter qu'elle te traite de la sorte !! »
-« Allez viens... Les cours vont commencer ».
Lorsqu'elles arrivèrent à leurs places, Anna semblait totalement essoufflée et épuisée. Jo ne pouvait s'empêcher de se faire du mauvais sang face au comportement de son amie. N'y tenant plus, elle se leva.
-« Monsieur, je crois qu'Anna a besoin d'aller à l'infirmerie !! »
-« Mais que fais-tu Jo ?..., murmura Anna. Je vais bien... »
Pourtant à peine eut-elle le temps de finir sa phrase, qu'elle fut prise d'une crise violente. Ne pouvant plus lutter, elle tomba sans s'en rendre compte dans l'inconscience. Le mouvement de panique qui suivit le malaise d'Anna, ne fit pas prendre la raison à son amie, qui prenant immédiatement son portable appela le SAMU...
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À suivre ...
Svp lisez la NDA APRÈS CE CHAPITRE !!
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Le temps d'une seconde
FanfictionUne seconde, moment d'éternité ou simple rêve fugace ?... Voilà comment l'espace d'une seconde le destin de deux êtres va se trouver chamboulé... Attention romance à l'horizon ^^.
