Et je ferme et referme les yeux, et je vois et revois cette scène. Il s'avance tellement vite que je n'ai pas le temps de comprendre, d'analyser, je suis prise, comme dans un piège. Ses lèvres se posent sur les miennes, ses mains sur mes joues. C'est un baiser fou, presque violent. Et je répond. Je répond, envoûtée. J'oublie qui il est, qui nous sommes. J'oublie les circonstances. J'oublie tout. Ses mains descendent jusqu'à mes hanches, il resserre notre étreinte. Que suis-je en train de faire ? Et tout me revient soudain, Clairefontaine, le journal, la manipulation, Raphaël, l'arrogance, le jeu. Je le repousse vivement. Il ne semble pas comprendre, cette fois il n'aborde plus son sourire qui me tue. Son visage affiche une incompréhension totale. Je serre les lèvres et part comme je suis arrivée. J'entend Antoine jurer derrière moi.
Et j'ouvre et rouvre les yeux. Retour à la réalité. Mon ordinateur est allumé, ouvert sur une page Word, presque remplie. Je dois envoyer un compte rendu. Cette fois, je mise tout sur mon ressenti. Je relis ce que j'ai écris.
" Antoine Griezmann, le petit prince de l'équipe, un sourire espiègle collé en permanence au visage, qui aime le jeu comme n'importe qui, difficile à suivre mais attachant dans le genre addictif." J'efface les derniers mots. Non, personne n'a a savoir que son regard, son sourire, ses manies sont addictives.
Dans quel pétrin me suis-je encore mise ? Ma tête tourne. Rien ne se déroule comme je l'espérais. Trois jours, trois putains de jours que je me repasse cette scène. Trois jours que je l'évite au point d'à peine descendre prendre mon déjeuner. Après tout, qui se demande où je suis ? Je suis là pour ce foutu journal. Aujourd'hui je suis obligée de faire mon travail correctement, nous partons à Marseille. Encore une chose qui me déplaît, je déteste l'avion, j'en ai même très peur. Une phobie qui amuse régulièrement les personnes assises à mes côtés. Généralement, avant le décollage je m'accroche à mon siège, prie alors que je suis athée ( mes prières ressemblent généralement plutôt à des demandes puériles et de promesses intenables comme " S'il vous plaît, faites que cet avion ne tombe pas dans le vide, je vous jure que je ne mangerai plus autant de Nutella." Et si l'avion bouge, je peux crier. Non, en effet, je n'aime pas prendre l'avion. Encore une chose que j'aurai dû préciser dans un possible contrat.
Je boucle ma valise en emmenant que le stricte minimum et je rejoins l'ascenseur. Je me rends compte que j'ai oublié de me maquiller. Qui veux-tu impressionner de toutes manières. Tu t'es assez ridiculisée l'autre soir. En sortant, un bus nous attends, je confie ma valise à un homme d'une quarantaine d'année et rentre dans celui-ci, les places du fonds sont réservés aux joueurs et je me retrouve du coup devant, j'ouvre mon ordinateur et décide de répondre à mes mails. Beaucoup sont de ma familles et certains de mes amis. Un autre, attire mon attention, je ne connais pas de Amanda Dune. Si ? Je l'ouvre et alors que j'entends les joueurs arriver, lis attentivement le message.
" Chère Mlle Austen Mélodie, Je me présente, Amanda Dune, rédactrice en chef du magazine débutant "Jolies", mon équipe et moi même avons parcouru votre blog "En Nocturne" et nous trouvons que votre manière d'écrire est très prometteuse, nous savons que vous êtes en deuxième année de journalisme, comme vous l'indiquez dans votre bio, nous cherchons une chroniqueuse qui pourrait écrire sur la musique ou le cinéma et nous trouvons que vous pourriez être la personne parfaite. Pour plus d'information, veuillez m'envoyer un message, je serai ravie de vous répondre. Cordialement, Amanda Dunes."
Je veux juste crier, exploser de joie mais je me souviens que je suis dans un bus qui est envahit de joueur de football. Mon blog, je l'ai laissé à l'abandon il y a maintenant six mois. J'y écrivais mes critiques de films, toujours la nuit, étant plus inspiré. Je vais pour répondre à ce fabuleux mail quand j'entends sa voix.
Je lève la tête et le vois entrer dans le bus, il rit avec ses coéquipiers. Pourvu qu'il ne me voit pas, pourvu qu'il me voit. Son regard se baisse sur moi. Puis sur les journalistes qu'il salue. Il avance ensuite en me lançant un dernier regard. Un sourire. Je soupire. Oui, c'est addictif. Il est addictif.
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good job // griezmann
FanfictionEt ces trois mots ne viennent jamais facilement. Parce que tu es bien plus qu'ils ne le seraient
