Dans la vie, il y a certains moment tellement irréels, tellement magnifiques qu'on vient à se demander s'ils sont vraiment réels. Des moments qui passent plus vite qu'on le croit et qui nous laisse une douleur insurmontable. Mais le pire c'est qu'on arrive pas à détester ces moments, à se dire que ce n'était que des conneries, non. Ces moments, on en sourit. On en sourit tout en pleurant, car on était heureux. Et même si c'était le mauvais moment, avec la mauvaise personne. On était heureux.
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Paul n'arrête pas de se tortiller sur sa chaise, rester plus d'une heure assis, sans rien faire d'autre que manger est un véritable défi pour un hyperactif comme lui. Antoine essaie de manger vite, pour en finir mais je prends mon temps. Je n'ai pas envie que ce dîner se termine, qu'on rentre et qu'il parte. C'est la fin. Ce n'est en aucun cas une réelle fin mais c'est notre monde qui s'envole. Ce monde presque secret, que nous partagions tout deux, amoureux. Je ne trouve même pas de goût à mon plat de pâtes, je suis comme détruite alors que je devrais me réjouir, je prend mon envol. C'est un nouveau départ, je recommence.
- Pour l'amour de dieu, Mélodie, ne commande pas de dessert, j'ai juste envie de m'enfuir de ce restaurant.
J'ai réellement envie d'un dessert mais mon esprit me dit de ne pas défier Paul. Il est venu pour voir Antoine et moi. Autant lui faire plaisir.
Nous sortons du restaurant en évitant les multiples regards sur nous, je ne me ferais jamais à leur célébrité, je ne comprend pas et je ne veux pas comprendre.
Les nuits sont de plus en plus fraîches, pourtant je refuse la veste d'Antoine. Et je laisse mon esprit divaguer pendant que les deux joueurs discutent. Une petite brise vient frôler ma peau. Elle devient granuleuse, la chair de poule. J'aime cette sensation de froid et de chaud à la fois. J'aime le fait de savoir que j'ai besoin d'une veste mais de le refuser, juste pour ressentir une drôle de sensation. J'aime me dire que je suis assez perchée pour avoir froid et aimer ça. J'aime me dire que je veux rester la même personne tout en changeant.
Je sens une veste se poser sur mes épaules. Je me retourne et découvre Antoine, en simple t-shirt, il me prend dans ses bras. Paul sourit puis retrouve son air sérieux. Je sais qu'il n'approuve pas cette relation. Pour la simple et bonne raison qu'il ne la comprend pas.
Personne ne comprend réellement notre relation, personne ne souhaite la comprendre, nous nous suffisons.
La porte claque légèrement. Mon appartement m'ennuie. Toujours la même odeur et des murs remplis de citations. C'est moi. Antoine retire ses chaussures et se dirige vers la cuisine, il prend de l'eau et en verse dans deux verre. Il me tend le deuxième. Je l'accepte même si je n'ai pas soif.
Mes parents n'ont pas compris ma décision soudaine de partir pour Madrid, ni mon frère et encore moins mes grands-parents. Mais il y a Hugo, Olivia ou même Julien. Je ne sais toujours pas si j'ai pris la bonne décision, mais tout a un côté si excitant. Si dangereux et si sécurisant à la fois. J'ai besoin de découvrir un monde différent et d'être avec lui.
- Quand est-ce que tu arrêteras de te torturer à penser, penser et encore penser.
Je me retourne vers Antoine qui a retiré son t-shirt, il le jette sur une de ses valises. J'ai envie de toucher sa peau doré mais je préfère l'observer. Je n'arrive même pas à prononcer un seul mot. Mais je sais que je sourie à ce moment. Je sais que je suis aux anges. Que je ne pourrais rêver mieux. Et une force m'emmène vers lui. Il ne bouge plus non plus. Ses membres sont paralysés, tout comme les miens et pourtant j'avance encore. Je suis devant lui, beaucoup trop petite. Je n'ose pas le regarder en face, comme à chaque fois. Je fixe son torse. Mon bras se soulève et je porte ma main jusqu'à sa poitrine. Doucement, mes doigts effleurent sa peau. Il frissonne et je retire ma main soudainement, comme si je lui avais fait du mal, comme si je l'avais détruit. J'ai si peur de détruire en faisant un mauvais geste, quelque chose de mal. Et c'est lui le mal. Comme pour me rassurer, il m'oblige à le regarder en me remontant mon visage vers ses yeux. Marc Lavoine avait raison. Il a les yeux revolvers. Je me suis toujours imaginé un jour devant un homme aux yeux tueurs. Je ne le voyais pas comme je vois Antoine. Je ne pensais pas ressentir le syndrome de Stockholm.
Il m'oblige à plonger mon regard dans le sien, azur, il a les yeux brillants, peut-être comme moi, je ne sais pas, je ne sais plus. Et pour la première fois j'ai l'impression de le comprendre. Pour la première fois, il m'appartient. Je souffle de soulagement, il resserre notre étreinte. Son corps est chaud, le miens est froid. Ses lèvres prennent possession des miennes. Ce n'est pas un baiser par hasard, c'est notre premier vrai baiser. Ses mains descendent sur mon dos. Il hésite, comme s'il avait soudain peur. Mais je l'encourage. Il baisse la fermeture éclair de ma robe et les bretelles glissent sur mes épaules. Ses mains effleurent mon corps et je frissonne. La robe glisse jusqu'à mes pieds. Mes mains se glissent dans ses cheveux, si doux, si long, si court, si soyeux. Il me libère de mon soutien gorge et j'ai le réflexe de cacher ma poitrine. Je déteste me retrouver nue devant lui. J'ai toujours peur qu'il me manque un atout.
- Mélodie.
Antoine me force à retirer mes bras de mon torse. Il me regarde dans les yeux et ne jette aucun coup d'oeil à ce qu'il y a en dessous. Je reprend confiance, ses yeux me redonnent confiance. Ses lèvres retrouvent les miennes et nous atterrissons sur le canapé. Antoine se débarrasse de son pantalon. Nous ressemblons à des adolescents, nous ressemblons à des premiers amours. Et en quelque sorte, c'est comme notre première fois, c'est comme ça qu'elle aurait dû avoir lieu. Et pour la première fois, nous faisons l'amour. Nous aimons. Nous nous aimons.
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good job // griezmann
FanfictionEt ces trois mots ne viennent jamais facilement. Parce que tu es bien plus qu'ils ne le seraient
