- Mélodie
Je me retourne, certaine de connaître cette voix. Maël. Il porte un vieux maillot de l'équipe de France, un short de jogging, sans oublier son bonnet. Ses yeux verts sont rieurs et il sourit à pleine dents. Je manque de crier et je lui saute dans les bras, oubliant les gens autours, oubliant mes collègues, les joueurs et lui. Je suis comme soulagée d'être dans les bras de Maël, mon ami, soulagée que rien n'est changé dans ma vie. Il me tient fort et je me souviens de mes sentiments oubliés, refoulés pour lui. Il me chuchote à l'oreille "Tu m'as manquée Dorémi". Je souris et resserre un peu plus notre étreinte. C'est si bon de retrouver un ami cher, certes ça ne fais pas si longtemps que je suis partie mais j'ai l'impression d'avoir changée. J'ai besoin de savoir si c'est réellement le cas. Je déteste le changement, j'ai toujours détesté ça d'ailleurs. Que ce soit le changement de ma garde robe, d'école, d'habitat. J'aime me reconnaître.
Quand je m'écarte enfin de lui, les joueurs sont partis se changer, mes collègues m'observent et commèrent. Je me retourne et le vois et m'arrête. Il est figé, son sourire a disparu et son air dur est revenu. Il tient un maillot bleu, de l'équipe avec son nom floqué derrière. C'était pour moi. Ses yeux transpercent les miens, et pour la première fois j'ai l'impression de lui faire mal. Pour la première fois, je fais mal à quelqu'un. Est-ce être masochiste de dire que ça me fait du bien de lui faire du mal. Au moins, ça prouve que je compte un minimum pour lui.
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- Et là le mec me dit " Hé, toi, Manuel !", je lui fais "non moi c'est Maël", il me répond " Oui, peu importe, vu que tu es le seul dans ce foutu bureau, viens m'aider à écrire mon putain d'article, sur cette putain de peintre et ses putains de tableaux" me raconte Maël en mimant la voix de son boss.
Nous sommes assis depuis une bonne heure dans les gradins du stade, pratiquement vide. Maël n'arrête pas de me sourire et surtout de me faire rire. Il me raconte comment il a enfin pu écrire un véritable article dans son journal d'artiste.
- Ils étaient tous super impressionnés et puis j'ai pu me présenter et je te jure que plus personne ne m'appelle Manuel désormais ! J'ai même montré certaines de mes œuvres à une des journaliste, et elle a adoré !
Il ressemble à un véritable artiste avec son bonnet, il a laissé son maillot de coté pour un t-shirt a effigie de Nirvana. Je rêve de lui enlever ce bonnet qu'il garde si souvent et toucher ses cheveux courts et soyeux. Il me regarde de ses beaux yeux verts.
- Et toi, alors, raconte moi ta petite vie auprès de ces joueurs de foot. Tu sais, je pensais, si tu as découverts des trucs, tu pourrais presque écrire un livre sur ça, ça pourrait s'appeler " Ma vie à Clairefontaine !"
Je donne une bourrade à mon ami. Ma vie ici, auprès de ces joueurs de foot est tellement différente de la vie qu'il pense que j'ai, et à la quelle je pensais avoir. Tout est si différent de ce que nous imaginions car la vérité c'est que rien ne se passe jamais comme dans un rêve ( ou même un cauchemar.) La vie est réelle.
- Oh tu sais, la routine, interviews, entraînements, repas et nuit. annonçais-je en essayant de rester le plus calme possible.
Il secoue la tête et un silence tombe. Les silences ne m'ont jamais gênés, j'attends parfois ça. Mais Maël, lui, les déteste. Il dit souvent que pour être vivant il faut parler. Tant qu'on aura de la conversation, alors nous serons vivants. Je trouve ça stupide, mais j'essaie de comprendre.
- Lisa s'est remise avec Dylan. Il l'a appelé l'autre soir à quatre heures du matin, complètement bourré pour lui dire à quel point il l'aimait.
Je lève les yeux au ciel.
- Ces deux là... Tu crois que c'est fini mais non, ils reviennent toujours !
Pour tout dire, je n'ai jamais réellement apprécié Dylan, certes c'est un beau jeune homme, plutôt gentil mais complètement immature. Il ne se rend pas compte qu'on est dans la vie réelle et il rêve de devenir testeur de jeux vidéos ( oui, à vingt-et-un ans !). En attendant d'accomplir son rêve, il travaille comme mannequin dans une agence.
- Décidément, tu ne pourras jamais avoir Lisa. Rajouté-je, sans avoir réellement réfléchie.
Les mots enfin sortis je réalise enfin ce que signifie ma phrase. Parfois, il faudrait vraiment appliquer le dicton " Tourne ta langue sept fois avant de parler.", ça éviterait beaucoup de moment de gêne.
Maël me dévisage, il ne semble pas comprendre et ça m'énerve. Comment peut-il encore prétendre ne pas avoir de sentiments pour Lisa. C'est si flagrant. Il reste tant avec nous, il demande sans cesse si Lisa sera avec nous ou non et nous parlons d'elle et de ses problèmes à chaque rencontre.
- Attend Mélodie, tu ne crois quand même pas que je suis sur Lisa ? me balance Maël, comme outré.
Attendez quoi ? Aucun dénis dans sa voix, ses yeux ne fuient pas mon regard. Il dit donc bien la vérité. Je me sens tout d'un coup extrêmement mal à l'aise alors qu'il me demande des explications et je lui donne alors mes "preuves". Soudain, son visage se radoucit, il prend une grande respiration et me prend la main. Doucement je comprends.
- Mélodie...
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good job // griezmann
FanfictionEt ces trois mots ne viennent jamais facilement. Parce que tu es bien plus qu'ils ne le seraient
