Nate
Il est là. Je le vois. Il est devant moi, ne se doutant pas que je suis là. Je le regarde interagir avec les invités. Il offre des sourires à tout le monde sans exception. Il fait rire le monde qui l'entoure, les charme. Je suis si heureux pour lui. La joie inonde son visage. Ses yeux brillent d'une éclat qui les rend si magnifique, si beau que je suis envoûté. Comment ne pourrait-on d'ailleurs ne pas être transporté par cet homme gracieux, superbe qui se promène dans cette salle comme s'il était le roi de la fête alors qu'il n'est qu'un simple messager.
Et pourtant, malgré ma joie de le retrouver, demeure un point noir dans la périphérie de ma vision. Une ombre sombre qui tourne autour de mon cœur. Cet être vil, sexy comme l'enfer et vaillamment bien bâti qui veille sur lui à ma place, prends soin de lui et lui procure tout ce que je ne peux lui donner pour l'instant. Je ronge mon sang. J'attends. J'ai appris à l'être. Je ne veux surtout pas le brusquer pour tout faire foirer maintenant. J'ai un plan et je compte bien m'y tenir. Ce n'est pas ce petit merdeux qui va m'empêcher d'obtenir ce que j'ai de plus cher au monde. Le seul qui compte à mes yeux. L'homme dont je serais prêt à offrir la lune rien que pour ces yeux et ce sourire à tomber par terre.
Merde! Il faut vraiment que j'arrête de regarder ces merdes que Sally m'a obligé à regarder avec elle. Maudits films romantiques! Je commence à m'éterniser sur mes sentiments comme une putain de bonne femme. Merde! Je suis un mec... un mec qui fond devant un autre mec... Je soupire. Quel importance si je me comporte comme une fille, j'assume entièrement mes sentiments maintenant. Je peux donc bien en faire un étalage dans ma tête. Je lève les yeux au ciel. Et voilà que je mets à discuter tout seul. Faut vraiment que j'arrête de traîner avec moi-même. Si j'avais su que la solitude me pèserait autant, j'aurais emmené Gray avec moi. Quoique non je ne pense pas que cela aurait été une bonne idée. Laissez son frère seul avec son petit ami Chris. Deux ans qu'ils sont ensemble ces deux là malgré nos moments intimes. Au moins, ils sont devenus fidèles, plus d'histoire de coucherie de droite à gauche. Dire que Chris me laissait faire. Il m'arrive encore de regretter cette période de ma vie où je couchais avec Caleb.
Je sais bien que j'étais volage mais j'aurais dû y m'être une limite. Sur ce point je suis d'accord avec Sally. Dieu merci, Nick n'était pas au courant... Non en fait il l'étais puisqu'il me l'a demandé. Merde. Je mérite vraiment de le perdre. Qu'est ce que je raconte ? c'est « méritais » au passé et non au présent.
J'observe Nick. Ses yeux se perdent dans le vide. Tu es fatigué n'est pas ce mon amour ? Je regarde ma montre. Cela fait bien quatre heures que le vernissage a commencé. Ton artiste a été applaudi, ces peintures ont toutes été vendu d'après ce que j'ai pu voir. Tu peux lâcher prise Nick ? Vas-y. Trouve-toi un endroit pour te reposer le temps d'une pause.
Laisse- moi une chance de t'approcher sans qu'on soit épié. Laisse-moi une chante de t'approcher, de toucher la douceur de ta peur, de sentir ce parfum fruité que tu portes depuis des années, celui que je t'ai offert et que tu n'as jamais cessé d'acheter. Laisse- moi une chance de respirer le même air que toi dans cette petite pièce que tu rejoins quand tu as besoin de temps pour toi. Je te connais par cœur mon ange. Je te l'ai dit. Je t'ai observé pendant des jours, calculant parfaitement chaque instant de ta vie.
Bientôt mon ange, je serais près de toi. Tu pourra me hurler toutes les horreurs qui te viennent, me cracher ton poison, ta colère. Je serais blessé mais je resterais fort pour toi. Pour nous.
Je prends une grand inspiration quand je vois ce sale type, ton foutu amant, posé ces mains sur toi. Je n'ai qu'une seule envie. Lui faire bouffer mon poing dans sa tête. Argh ! Si tu savais comment tu me frustes en cet instant. Tout le monde peut te parler, te toucher, rire avec toi alors que moi je me cache de toi, des tes yeux pour que tu ne me repères pas. J'attends mon heure avec tout le calme nécessaire pour ne pas aller attraper ce connard et l'éloigner de toi.
Rapidement, je le vois se pencher vers toi, tu ne t'éloignes pas. Au contraire tu sembles réclamer ce baiser dont ton amant va être l'investigateur. Je détourne la tête. Il est préférable que je ne voie rien ou mes maigres efforts pour rester sage vont partir en fumer. J'observe une peinture de ton artiste. Un homme marchant sur la plage. Je n'ai jamais compris ton obsession pour l'art. Pour moi ce n'est qu'une peinture parmi tant d'autres alors que pour les gens – ces hommes et ces femmes vêtus de noirs, chics - autour de moi, semblent appartenir à un autre monde où l'art est une créature vivante qu'il faut créer puis libérer, et ensuite vénérer. Honnêtement je ne sais pas à quoi ça sert. Dieu merci je suis un as de la mécanique. Au moins, cette aptitude me sert à quelque chose. Je fais le tour de la pièce tout en faisant attention à ne pas rencontrer Nick. Je suis d'ailleurs étonné qu'il ne m'est pas « senti ». Oui « senti ». Nick a toujours su percevoir ma présence même lorsque nous n'étions pas dans la même pièce. Un don qu'il a perfectionné au fils des années.
Du coin de l'œil, je te découvre regarder de droite à gauche, discrètement puis faire un signe discret de la tête à ton compagnon. Tout comme toi, il te réponds de la même manière, Je grince des dents, Cela n'aurait pas dû arriver. Ce qu'avec moi que tu devrais pratiquer cet art. Tu te faufiles à travers la pièce pour te diriger derrière ce grand rideau de velours noir qui même à l'arrière salle. Comme un prédateur, je te file à mon tour. Faisant attention à admirer ces maudites œuvres afin de passer inaperçu aux yeux du monde. Lorsque tu disparais enfin de la pièce, j'attends quelques minutes avant de te poursuivre à nouveau. Je jette un regard vers ton associé. Bien, il est occupé avec votre artiste. Rapidement et avec agilité, je passe les rideaux. Je cligne des yeux, le temps de m'habituer à la semi obscurité présente. Merci pour les lumières du plafond.
J'inspire. Ton odeur résonne en moi. Je le reconnais. Il m'appartient. Je suis ta trace grâce à ton parfum, comme si j'étais un foutu chien en manque. Ce que je suis d'ailleurs. Quelques mètres plus tard, je débouche sur une porte entre-ouverte où elle laisse filtrer la lumière. Silencieusement je m'approche d'elle.
Prudemment, j'avance. Je scanne brièvement la pièce. Nick est là, allongé sur cette méridienne vert foncé avec une jambe pliée tandis que l'autre traîne à terre. Tu as posé une main sur ton ventre pendant que l'autre pends dans le vide. Tu es si beau... Si beau avec ces cheveux en bataille. Tes yeux sont fermés, ta bouche légèrement ouvert. J'aimerais tellement entré dans cette pièce, pouvoir m'asseoir à tes pieds et t'honorer tel une divinité, tendre une main et repousser ses cheveux qui caresse ton visage.
- Je sais que tu es là Nate.
Silence. Je me fige dans l'encadrement. Je n'ai pas eu conscience d'avoir bouger et d'être sortir de ma cachette. J'ouvre la bouche pour parler quand soudain ces yeux chocolats s'ouvrent. Pour moi. Pour me regarder. Je suis perdu. Tous mes neurones ont quitté ma tête. Il n'y a que le vide à l'intérieur de moi où une tempête fait rage. Je voudrais courir rejoindre Nick sur cette méridienne, prendre son visage entre mes mains et l'embrasser à plein bouche. Je refrène le gémissement qui veut sortir de ma bouche tant le fantasme que j'ai émis me plaît, m'intoxique. Mes poings se ferment. Je résiste à la tentation qu'est mon meilleur ami, mon amour.
- Nick..., je murmure
- Si tu savais comme je te hais...
Mes yeux s'écarquillent devant tant de fureur, tant de haine. Mon cœur sombre dans une abîme. Je souffre de la dureté de ses paroles. Ce n'est pas ce que je veux. Je veux... Brusquement ces yeux se ferment. Je l'entends murmurer ces sinistres paroles.
- Nous n'aurions jamais dû nous rencontrer Nate. Je le regrette tellement.
- Qu'est ce que... ?
- Nick parle parfois en dormant quand il est très fatigué, déclare une voix grave et calme derrière moi.
Je me retourne brusquement vers la voix de mon interlocuteur. Putain, ce n'est pas vrai !
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Catch Me ( BoyXBoy)
RomanceJe l'ai aimé... Il m'a blessé... Je l'ai fui... Il m'a retrouvé... J'abandonne... Il me poursuit... Nate, vit au jour le jour. Il fume, boit et couche avec n'importe qui. Homme/ femme, cela lui importe peu tant qu'il prend son pied. Il est l'amant...
