Chapitre 10

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15 mars 2008, 20h19:

Les rires fusaient dans le studio londonien du jeune photographe. Ils n'étaient que tout les deux, pourtant l'endroit semblait accueillir une vingtaine de personnes tant les deux jeunes était bruyants. Le studio était méconnaissable, autrefois simple et épuré avec une simple peinture blanche sur les murs, la pièce aujourd'hui était beaucoup plus meublée, et tout un pan de mur était recouvert par des photos. Des photos d'eux prises à différents moments, et différents endroits. Des photos professionnelles destinées à des magazines qu'il avait décider de les développer pour lui, des photos prises par elle, certaines ratées, d'autres magnifiques. C'était leur mur à eux, ils l'avait décoré ensemble, et eux aussi avait changés. Jack semblait rayonner de bonheur, et avait les cheveux plus longs. Pia quand à elle avait des étincelles dans les yeux, et les cheveux de nouveau blonds.

-On m'a proposé un stage de journalisme à New York, et si ils apprécient mon travail, ils me proposerons un CDI. Fit-elle en rompant l'ambiance festive.

Jack rigolait toujours, et parvint à se calmer légèrement à l'annonce de la nouvelle.

-C'est super ! Je suis tellement fier de toi.

-Ouais...

-C'est ce que tu voulais, non ?

-Si, mais je ne sais pas si j'ai réellement envie de partir.

-Écoutes Pia, c'est une proposition unique, fonces.

-Et toi ?

-Moi ? Des parties de baise comme celles qu'on a eues, j'en aurais plein, et toi aussi. Mais des stages de journalisme à New York, non.

Pia se leva et rassembla ses affaires.

-Mon avion pars demain, bonnes parties de baise.

Et elle sortit du studio.

4 mai 2010, 21h45:

Jack avait fait les cent pas dans son appartement. Il ne l'avait pas crue au départ, quand elle le lui avait dit. Il avait pensé à une crise jalousie, ou encore un caprice, mais c'est quand elle n'était pas revenue après ses deux semaines de stage, et qu'il n'avait plus de nouvelles, qu'il dût se rendre à l'évidence. Son absence lui pesait comme une morsure permanente. Il avait tout foiré.

Il se passa les mains dans les cheveux, les ébouriffants. Il souffla bruyamment. C'était trop. Après deux ans, des sourires insistants, des claques dans la gueule, la première fois où ils avaient fait l'amour, toutes ces fois où ils l'avaient fait, c'était trop pour en rester là. Il enfila une veste, prit ses clés de voiture, et conduit jusqu'au bâtiment d'apparence classe où il l'avait déposée quelques heures plus tôt. Il se gara en quinconce sur le trottoir, et sonna à la l'interphone qui portait le nom de l'homme qui avait le privilège de partager sa vie en ce moment.

-Oui ? Répondit une voix masculine.

Il serra les dents, et prit une grande inspiration.

-Pia, descend s'il te plaît.

-C'est l'autre con de photographe ?

« Il s'appelle Jack. » entendit-il la jeune brune dire dans le fond.

-Pia s'il te plaît descend. Répéta-t-il une seconde fois.

-Ellens, je t'interdis de descendre.

-Jack, j'ar-

-Pia, non.

-Laisse moi Chris ! Jack, j'arrive.

Le jeune homme poussa un soupir d'impatience, et se recula de quelques pas, passant une main dans ses cheveux pour les arranger, et attendit. Finalement la double porte vitrée de l'immeuble s'ouvrit, et celle qu'il attendait sortit, encore vêtue de ses vêtements qu'il lui avait prêtés et qui lui allaient si bien. Chris sortit à son tour, et le photographe dût s'empêcher de lui lancer une réplique cuisante.

-Je t'avais dit de ne pas t'approcher d'elle !

-Chris, tais-toi !

-Pia, il y a deux ans, avant que tu partes tu m'avais dit que tu m'aimais.

-Pardon ?! Tu ne veux pas aussi la tirer sous mon nez pendant que t'y es ?!

-Pia, écoute moi.

Jack la regarda, et elle lui apparu de nouveau comme la Pia chétive qu'il avait connu, les yeux brillants et les joues rouges.

-Pia, il y a deux ans tu m'avais dit que tu m'aimais, est-ce-que tu le penses toujours ?

-Pourquoi ?

-Pia rentre !

-Pia je t'aime.

Il y eût un instant de silence glacial et gênant, puis Pia éclata de rire, surprenant les deux hommes, bien que l'un deux bouillonnait toujours de colère.

-Tu m'aimes ? Finit-elle par dire. Comme c'est amusant.

-Je sais les parties de baise et tout ça, mais je regrette ! J'ai réfléchit, et-

-Tu as réfléchit ? Ça t'arrive de réfléchir ?

Elle avait une voix aiguë à présent.

-Ça t'arrive de réfléchir avant de blesser quelqu'un ? Avant de foutre en l'air le mariage que t'aurais pu avoir si tu n'avais pas fait le con ?

-Pia...

-Je n'était qu'un plan cul pour toi Jack ! Et tu-

-Et tu crois que j'ai fais autant d'efforts ces derniers temps pour un stupide plan cul ?!

Il s'était mit à crier lui aussi, et Chris se tenait à côté d'eux, les bras ballants, n'arrivant pas à en placer une dans leur échanger de cris.

-Ah parce que maintenant c'est stupide ?

-Tu as très bien compris où je voulais en venir !

-Non, qu'est-ce-que tu veux réellement Jack ?

-Je veux savoir.

-Savoir quoi ?

-Savoir si tu m'aimes toujours.

-Pia, s'il te plaît, pas ça...

Elle aurait pu lui répondre non, et Chris et elle auraient continué leur vie de couple comme avant, et il serait de nouveau serein, mais non. Chris le sentait, il le savait qu'il y avait eu quelque chose entre le photographe et elle, et que la jeune femme n'avait jamais cessé de l'aimer depuis la fois elle lui avait brièvement parlé des séances photos qu'elle faisait à Londres.

-Pia, rentre.

Il devenait fou, ses yeux étaient humides, son teint était rouge. Il était tombé dès le début sous le charme de belle italienne, tout comme Jack, et il comptait pas la laisser partir, tout comme Jack.

-Pia, s'il te plaît... Implora-t-il à nouveau.

Elle secoua la tête, et regarda tour à tour les deux hommes qui la regardaient également sa réponse.

-Chris je suis désolée. Je-

-C'est graĉe à moi si tu es quelqu'un aujourd'hui. Cracha-t-il. Je veux que toutes tes affaires disparaissent de mon appart' avant demain soir.

Et il repartit furieusement à l'intérieur du bâtiment, sans même un dernier regard pour la brune. Elle soupira, et sentit des bras entoura sa taille, tandis qu'une tête se nichait dans son cou.

-Dois-je prendre ça pour un oui ?

-Je crois bien.

-Je t'aiderait à déménager demain.

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