"Arrête"

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Chris me tiras par les mains vers je ne sais où. Probablement sa chambre car il s'agit de la seule deuxième pièce présente à l'étage. Une chaleur confortable et une douce odeur sucrée émanant fort probablement d'une bougie m'enveloppa à l'instant où nous entrâmes dans la pièce. Le son désagréable et glauque d'une porte se refermant derrière moi me fit frissonner de terreur.

Quand on est un amateur de films d'horreurs, on peut déjà appréhender la suite des évènements à la simple entente de ce bruit. Mon esprit s'activa et mon Sherlock Holms intérieur s'éveilla.

Vais-je mourir ici?

Avant de me noyer entièrement dans cette imagination tordue et débordante qu'est la mienne, la main de mon amant me fit caler le dos contre un matelas moelleux. Alors que je me positionnait sur les coudes, Chris exerça une pression sur mon torse et me recoucha sur le lit. Je mis une de mes mains au niveau de ma tête et y sentis quelque chose de petit et soyeux. Si je me fie à mon intuition, il devrait s'agir d'une pétale de fleur. Cliché. Ce fut le premier mot me venant à l'esprit. Je vérifia tout de même la texture et la forme de cette chose en la faisant bouger entre mes doigts.

Des roses peut-être?

Le beau blond retira lentement le bandeau noir de mes yeux et le posa sur les douces couvertures. La chambre était plongée dans la noirceur, uniquement illuminée par les quelques cinquantaine de bougies placées par ci et par là. Des pétales de roses jonchaient le sol ainsi que le lit. Sur une petite table tout près de nous se trouvait un bol emplis de fruits et de baies. Pourquoi est-ce là? Aucune idée. Je ne porta pas plus longtemps attention à la pièce et me concentra plutôt sur mon amant qui prenait plaisir à me reluquer suavement. Je constata qu'il ne portait aucun vêtement, même pas de caleçon. Je n'en étais que plus satisfait. Cette punition allait peut-être m'être favorable finalement.

Il retira d'abord mon chandail avec une douceur infinie puis fit de même avec mon pantalon. À aucun moment il ne retira son regard du mien. Pour ma part, j'étais estomaqué de voir que mon si doux et petit amant possède une telle félinité. Il porta ses magnifiques yeux bleus illuminés par le désir vers mon caleçon et s'amusa avec l'élastique de celui-ci. Il se décida enfin à m'en débarrasser mais cette fois, c'est ce qu'il y a sous le bout de tissu et non mon regard qu'il brûlait du sien. Je sentis mes joues chauffer quand il laissa tomber au sol ce vêtement problématique. Puis contre toute attente, il prit le plat de petits fruits et en mis un peu partout sur mon corps. Curieux, je voulu bouger mais il me devança.

-Ne bouge pas ou tu accélèrera le moment de ta vraie conséquence.

Après cet avertissement, je n'osa plus faire un seul mouvement. Que voulais t'il dire par «vraie conséquence»? Un discret gémissement m'échappa lorsque Chris posa une framboise sur le bout de ma verge rendue sensible dû au plaisir auquel je succombais de plus en plus chaque seconde. J'étais à présent couvert de baies et de petits fruits frais. Chris s'abaissa au niveau du bas de mon corps et commença à suçoter ma peau pour y manger le petit bleuet. Plus le blondinet montait pour manger ces fruits, plus des émotions nouvelles faisaient surface. J'étais choqué par la force des vagues de plaisir auxquelles je succombais sans hésitation, mais aussi par la sensualité des mouvements de mon habituellement soumis petit professeur. Je voulu dans un premier temps l'embrasser et le toucher mais il m'en empêcha.

-Je t'ai dit de cesser de bouger... Tu ne voudrais quand même pas qu'on s'en arrête seulement à ça? Dis-t'il d'une voix chaude.

Chris pris ma main et y entrelaça nos doigts avec délicatesse puis continua sa dégustation comme de rien. Seul mes plaintes provocatrices emplissaient la pièce, augmentant l'atmosphère électrisante de celle-ci. Les contenir était tout bonnement impossible. Soudain, je sentis sa langue se promener à l'intérieur de ma cuisse, se délectant de chaque millimètre carré de celle-ci. Parfois il prenait plaisir à mordiller où se situaient mes points érogène. Un cris d'extase m'échappa quand je sentis le doux muscle de mon amant lécher ma verge sur toute sa longueur. J'agrippa fermement les draps et geins puissamment, arquant le dos, rejetant la tête par en arrière et écarquillant les yeux. Mon corps à lui seul en demandait plus. Je sentis Chris avaler la framboise qui était quelques secondes auparavant en équilibre sur mon gland. Peu après, les délicieuses lèvres de mon amant se mirent en mouvement, entraînant un ballet ardent entre sa bouche et mon entre-jambe. Je sentais le plaisir survenir un peu plus intensément chaque montée et descente des lèvres agiles sur ma verge. Malheureusement, le bourreau cessa tout mouvement et termina ce qu'il avait d'abord entrepris. C'est à dire, manger les divers fruits sur mon corps. J'étais frustré qu'il m'ait donné autant d'espoir pour ensuite me briser en mille morceaux. D'une autre part, le regard emplis de luxure qu'il m'a lancé lorsqu'une plainte m'a échappé ne m'a pas laissé indifférent.

"J'en veux plus... Beaucoup plus... "

Ayant probablement sentis ma détresse, Chris me prit par les hanches et me retourna. Maintenant à quatre pattes sur le matelas (situation très gênante pour ma part) il s'étala en quelque sorte sur mon dos et vint suçoter mon oreille gauche. Ses mains s'activèrent sur moi alors que je respirais difficilement à cause du plaisir et de la peur que je ressentais. Je crois avoir une idée de ce qu'il veut faire et ça ne me plaît pas beaucoup. Une de ses main se mis à faire d'agréables allez et venues sur mon membre lorsque soudain, alors que j'allais oublié l'existence de sa deuxième main, je sentis un doigt me pénétrer brutalement. C'était effectivement ça la vrai conséquence. Je me recroquevilla sèchement commença à prendre moins plaisir à cette punition. On dirait que ne pas voir Chris me le faire m'empêche de prendre plaisir à l'acte. Il entra un deuxième doigt en moi, ce qui me fit prendre uniquement de la douleur et aucune appréciation. Le tortionnaire désagréable qu'est devenu mon amant fit plusieurs allez et venues en moi avec ses doigts, continuant de me faire bander avec l'autre main.

-A...Arrête. Dis-je tremblant contre mon gré.

Une larme tomba sur le matelas mais j'ignorais à qui elle appartenait. Une goutte sillonna ma joue lentement et je compris que je pleurais. Je ne l'avais même pas remarqué. L'effet de mes mots fut immédiat. Il me relâcha et retira ses doigts de moi.

Chris me retourna avec finesse et se mit à quatre pattes au dessus de moi, qui était couché sur le dos à présent. Je devais avoir l'air misérable, les larmes aux yeux et nu comme un ver. Mon amant se pencha et posa ses lèvres tant rassurantes sur les miennes. Je sentis chacune de ses cellules fusionner avec les miennes, comme si nos lèvres étaient des aimants destinés à se rencontrer. L'enseignant emboita à quelques reprises nos lèvres avant que nos deux muscles rosés se rejoignent timidement. Durant ce court instant qui apaisa ma peur, le beau blond prit possession de l'une de mes mains et dirigea l'un de mes doigts vers son entrée. Il couina de douleur du plus silencieusement que ses forces lui permettait. Je ne comprenais pas, ne suis-je donc pas censé être le soumis cette fois?

***
~Dommage, il était bien Chris~

Mon tuteurOù les histoires vivent. Découvrez maintenant