Chapitre 2

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Le loup qui se présenta devant moi était immense, son pelage noir luisait et faisait ressortir ses yeux d'un or étonnant. Je grognai, campée sur mes positions tandis qu'il avançait lentement vers moi. Mes poils se hérissèrent, je lui montrai mes crocs sans cesser de grogner, afin de l'avertir de ne pas s'avancer davantage.
Le loup-garou continua de s'approcher de moi, me détaillant du regard, évaluant ma force. Il tournait autour de moi sans cesser de me fixer de ses yeux dorés. La peur s'insinuait sous tous mes pores, je me retenais de gémir par pure instinct. Je me rendis compte que mon corps s'était de lui même aplatit vers le sol.
Je ne comprenais pas ce qu'il m'arrivait. Je grognai violemment, me relevant tant bien que mal, malgré la pression incompréhensible qui habitait tout mon être.
Le loup-garou m'observa, tandis que je luttai pour reprendre le contrôle de mon corps. Il semblait s'amuser de la situation et la colère enfla en moi. Il n'était pas questions que je sois faible, plus jamais. Je me l'étais promis, je savais me battre, et quitte à mourir, je n'abandonnerai jamais. Car oui, je pouvais sûrement mourir en quelques secondes. La puissance qui émanait de ce loup était phénoménale, elle était écrasante. Je devais lutter à chaque instant pour ne pas m'écrouler au sol.
Je décidai de reculer dans la rivière, mon terrain de prédilection. Le loup-garou, qui n'appréciait guère cette initiative, gronda en me suivant dans l'eau. Alors qu'il hésitait à rentrer totalement dans la rivière, je me jetai sur lui férocement. Mes crocs s'enfoncèrent dans son dos, mais il me fit tomber d'un violent coup de patte. Il me sauta dessus au moment où je me relevais et griffa profondément mon flanc gauche. Je lâchai un grognement féroce et mordis sa patte avant. Le loup tenta de me déloger mais je restai fermement accrochée à sa patte. La peur avait déserté mon corps, il ne me restait plus que ma colère et ma soif de vivre. J'allais lui faire payer. Nous continuâmes de nous mordre et griffer mutuellement. Je lui rendais coup pour coup, mais malgré ma fierté, je savais que je ne pourrai pas tenir ce rythme très longtemps.
Le loup-garous attrapa je ne sais comment ma patte avant, ce qui me déséquilibra, et je tombai dans l'eau, l'éclaboussant au passage. Il s'ébroua tout en me fixant. J'étais si fatiguée, le sang dégoulinait de mes plaies, surtout celle qui ouvrait mon flanc. Alors que le loup s'approchait de moi, j'eus un dernier sursaut d'énergie et l'attrapai violemment à la nuque avec ma gueule. L'animal lâcha un profond grondement de colère et envoya valser mon corps dans la rivière. Je fus projetée plus loin dans l'eau, là où la rivière devenait plus profonde et commençai à me noyer. Je ne pouvais rien faire contre le courant, j'étais grièvement blessée et si fatiguée que mon corps ne répondait plus à mes mouvements. Je coulais lentement dans l'eau glaciale, alors que le goût amer de la défaite et le souvenir d'une scène bien similaire apparaissaient dans mon esprit.
Je sentis soudain une violente douleur dans mon cou, et compris que des crocs s'enfonçaient dans ma nuque. Je voulu me débattre mais perdis connaissance alors que l'eau avait emplis mes poumons.

* * *

- Non, je ne sais pas... Elle est restée sous forme de louve malgré ses blessures, je ne comprends pas comment c'est possible... Oui, elle a réussi à résister à mon aura... Je n'en reviens pas...

Une voix parvint à percer la brume de mon esprit. Je commençai à m'agiter, ouvris les yeux et relevai la tête que j'avais jusqu'à présent posée sur mes pattes avant. Je me trouvais dans ce qui ressemblait plus ou moins à une chambre, de ce dont je pouvais me souvenir de ma vie d'avant. Aucun objet, la pièce n'était composée que du lit sur lequel j'étais allongée. Et quelle sensation étrange que celle d'être sur ce lit. Le matelas était si mou, je n'appréciais pas du tout l'impression qu'il allait m'avaler toute entière. Une fenêtre à ma droite permettait au dernier rayons du soleil de réchauffer la petite pièce, de ce que je pensais être un chalet.
Les oreilles pointées vers le haut, la tête penchée sur le côté, je tentai d'identifier la voix qui parvenait jusqu'à moi.

- Non... L'autre louve était déjà morte ? interrogea la voix que je pensais être celle d'un homme.

- C'est pas vrai... Un bruit fracassant retentit de l'autre côté du mur.

Où avais-je atterris ? D'après la luminosité, nous étions en fin d'après-midi. Étais-je restée inconsciente pendant longtemps ? Je me relevai tant bien que mal, frémissant en sentant certaines blessures qui n'avaient pas encore cicatrisées malgré la régénération rapide des loup-garou. Je m'avançai vers la porte qui me faisait face et l'ouvris à l'aide de mes pattes. Le battant de bois grinça sans discrétion, me faisant grimacer. Je découvris un homme de dos, poster devant une grande baie vitrée. Sa voix grave et profonde résonnait dans le bureau.

- Évidemment... Je crois que... Qu'elle est spéciale.

Je ne réfléchis pas plus et profitai de sa distraction pour lui sauter dessus. L'homme se retrouva écrasé sous mon poids, mes crocs à quelques centimètres de son visage. Ses yeux s'agrandirent de stupeur quand il comprit ce qui lui était littéralement tombé dessus. L'homme avait gardé son téléphone à l'oreille, à mon plus grand étonnement, et répondit calmement à son interlocuteur.

- Justement, quand je te parlai de la louve. Elle vient de me sauter dessus.

Je perçu une voix affolée sortir du téléphone.

- Quoi ?! Elior tu te fous de ma gueule ?

Je lâchai un grondement profond, les pattes avant sur son torse et la gueule prête à lui asséner le coup fatal.

- Oh putain de merde ! Je l'ai entendu !

- Tu comprendra le fait que je doive te laisser. A plus tard Jay, et fais un peu attention à ton language, lui répondit-il narquoisement.

L'homme qui se nommait Elior raccrocha comme si de rien n'était, malgré les cris de protestation de son ami. Puis il fit délicatement glisser le portable au sol, jusqu'à une table basse à l'autre bout de la pièce, avant de me fixer froidement.

- Alors comme ça, tu pense pouvoir me battre ? M'interrogea-t-il.

Je fus plus que décontenancée par sa réaction calme, posée. Je n'avais jamais vu pareille chose, surtout chez un alpha. Car je supposais qu'il en était un vu sa force. Je savais très bien que cette homme était le loup-garou qui m'avait attaqué plus tôt. Ses cheveux en bataille d'un noir de jais et ses yeux vert aux paillettes dorées ne pouvaient pas me tromper.
Mais je devais retrouver ma mère, car elle risquait de croire que je l'avais abandonné, chose que je ne ferais jamais. Elle était l'être auquel je tenais le plus sur cette terre.
Je grognai avant de planter le bout de mes crocs dans son cou. Un léger filet de sang commença à couler le long de sa gorge et j'eus un pincement au coeur. Je me reculai de quelques centimètres, totalement décontenancée. Que m'arrivait-il encore ? Cette sensation m'étais complètement étrangère. J'adorais d'habitude sentir mes crocs pénétrer la chair fraîche de mes victimes dans un petit pop. L'homme me fixait étrangement, je n'arrivais pas à décrypter ses émotions.

- Retransformes toi, m'ordonna-t-il d'un ton impérieux en ne me lâchant pas une seule seconde du regard.

Je sentis un pouvoir se muer autour de moi et pénétrer tous mes os. Une douleur fulgurante traversa mes membres, qui se mirent à trembler. Je reculai vivement afin de m'écarter de la source de pouvoir, à savoir cette alpha qui commençait vraiment à m'effrayer. Mais celui-ci n'en avait pas fini avec moi, et se releva gracieusement.

- On va vérifier deux trois petites choses toi et moi, me prévint-il avec un sourire en coin, avant de s'avancer malgré mes grondements.

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Et voici le deuxième chapitre !
J'espère qu'il vous plaira.
N'hésitez pas à me dire ce que vous en penser, et à voter si vous voulez la suite 😉

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