Chapitre 5

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Rose était une tentation permanente. Even était complètement sous le charme des effluves qu'elle dégageait : un ingénieux mélange de vanille et de caramel sublimé par le cœur fleuri du parfum à base de jasmin et de fleur d'oranger. Le fond s'articule autour de l'ambre adouci par une note de mandarine et de cassis. Un sourire niais pris naissance sur sa lippe. Aussi surprenant que cela puisse paraître, il l'aimait. Il l'aimait à un point qu'il n'aurait jamais pu imaginer. Il l'aimait comme il n'avait jamais aimé aucune femme avant elle. La fulgurance de ses sentiments l'avait laissée pantois et désorienté.

ȹȸȹ

Les tourtereaux s'étaient donnés rendez-vous à Holy Wood. À peine arrivée que Even lui soutira un chaste baiser. Elle se blottit dans les bras de son désormais petit-ami. Cela ne faisait qu'une heure qu'ils s'étaient séparés mais l'athlète semblait incapable de rester loin de sa petite-amie trop longtemps. « Tu m'as manqué, susurra l'adonis mordillant le lobe de l'oreille de sa captive. »

Ils se sentaient si bien ensemble qu'ils ne se rendirent même pas compte du cours du temps. Il était curieux de voir à quel point ils étaient devenus fusionnels en si peu de temps. Cette proximité avait attisé la curiosité et la jalousie de Florence. Rose ne s'était jamais laissée aller ainsi avec quiconque. D'ordinaire, elle se montrait si froide que les gens préféraient l'éviter. Elle n'était ni aimée ni détestée. On se contentait de la côtoyer.

Lorsque vint le moment de séparer, Even demanda à sa fleur :

– Rose, tu as prévu quelque chose pour ce soir ? demanda l'éphèbe à sa douce presque au moment de se séparer.
– Cela fait une éternité que Florence et moi nous ne nous sommes pas vues alors j'ai organisé une soirée entre filles ce soir, éluda la fleur.
– Ah, je vois, souffla-t-il apparemment déçu.
– Ne fais pas cette tête de chien battu. On se retrouvera demain, dit-elle.
– Laisse ta fenêtre ouverte je passerai te voir, susurra-t-il à son oreille.
– Tu n'y pense pas ! Il y aura ma sœur et Flo dans ma chambre ! s'inquiéta la rose.
– Je sais rester discret, murmura le prince à sa compagne avec un clin d'œil.

À peine rentrée chez elle qu'elle commença, avec l'aide de Maë Lone, à transformer la chambre de l'aînée. Les murs noirs et ors furent couverts de cœurs rouges pour l'occasion.

– Flo ! Je suis vraiment désolée, s'excusa la jeune fille en se jetant sur son amie pour la prendre dans ses bras dès qu'elle passa le seuil de la porte.
– Pourquoi es-tu désolée ? s'enquit sa meilleure amie.
– Pour tout. Désolée de t'avoir délaissée et pour avoir permis à Even d'envahir nos rares moments privés. On n'a pas vraiment eu le temps de se voir depuis quelques temps et c'est de ma faute, s'excusa la fleur.
– Je suppose que j'étais comme toi lorsque j'ai rencontré Henry. L'amour rend fou et égoïste parfois, soupira Kaela.
– Tu n'es pas en colère ? Demanda la jeune fille pleine d'espoir.
– Il te plaît réellement, n'est-ce pas ? la taquina sa meilleure amie.

Florence n'attendait pas vraiment de réponses. Elle avait vu comme tout le monde leur rapprochement et leur complicité. Le regard qu'Even posait sur Rose était à la fois fascinant et terrifiant. Il avait l'air d'un lion protégeant son territoire et elle n'aimait pas forcément cette possessivité. Un coup de polochon bien placé la sortit de ses pensées. Rose venait de l'attaquer sans vergogne. Après une effroyable bataille qui coûta la vie à cinq coussins, que Rose allait devoir recoudre le lendemain, elles s'effondrèrent sur le lit de la belle.

– Qu'est-ce qui s'est passé entre toi et Henri ? demanda la fleur.
– Il m'a trompée, annonça-t-elle froidement.
– Pardon ?
– Avec Alexandra, répliqua Kaela tout à coup distante.
– Oh mon dieu, je suis la pire des amies ! s'horrifia la jeune fille.
– Je l'ai appris avant-hier soir. Enfin, c'est du passé.

Maë Lone, qui tombait de sommeil, s'éclipsa dans sa chambre. À peine Kaela sombra-t-elle dans le sommeil qu'un rocher s'écrasa sur son parquet non loin de la belle endormie. La jeune fille se pencha par la fenêtre et sourit au bel adonis.

– Jolie Raiponse, déroulez votre longue chevelure pour que je puisse montrer, cria-t-il d'en bas.
– Pardonnez-moi mon prince, ma mère l'a coupée ce matin en prévision de votre venue. Utilisez donc cet arbre voisin ! répondit-elle.

Rose observa son petit ami dans son ascension. Il était dans l'effort un charme qui la laissa pantoise. Enfin, Even apparut sur le rebord de la fenêtre et, à peine entré, enlaça sa copine.

– Mon beau preux chevalier, plaisanta-t-elle.
– Ma princesse, ronronna-t-il, tout à fait sérieux. Tu m'as manqué.
– Cela fait à peine quelques heures ! se moqua-t-elle.
– Pour moi cela fait une éternité, répliqua-t-il, réellement sérieux ?

La jeune fille, qui ne savait pas trop comment réagir face à son romantisme un peu vieux jeu, vira au cramoisi. Elle cacha son visage dans le cou de son bien-aimé dans l'intention de se dissimuler.

– Ne te cache pas. Tu es magnifique, affirma le prince.
– Arrête de me faire rougir ! protesta-t-elle.
– Jamais je ne cesserai, décréta le beau brun. Le jour où je ne pourrais plus le faire j'aurais perdu toute chance d'être avec toi.

Il se chamaillèrent pendant un moment alternant entre câlins, baisers fugaces et légères disputes. Un vent frais s'engouffrait dans la pièce et Florence frissonna et Rose repositionna sa couette la couvant d'un regard bienveillant.

– J'ai été une amie exécrable. Je n'ai pas su l'épauler lorsqu'elle avait besoin de moi, souffla Rose.
– J'ai entendu parler de sa séparation avec Henri. Il paraît qu'il la trompait. C'est triste pour elle, la réconforta-t-il en lui embrassant le cou.
– Il est bête, s'exclama-t-elle. Il ne sait pas ce qu'il perd.
– Qu'importe. Ce soir je ne te veux rien qu'à moi. On ne parle de personne d'autre !

Ils s'assirent sur le lit de la jeune fille et passèrent de longues minutes dans une totale intimité. Plus tard dans la soirée, lorsque Kaela commença un peu trop à s'agiter dans son sommeil, Rose décida qu'il était temps de se séparer.

– On se reverra demain ? quémanda l'apollon.
– Non. Demain c'est l'anniversaire de mon frère Shane et même s'il m'a causée quelques ennuis, il serait cruel de le priver de sa fête, expliqua-t-elle.
– Je vois, soupira Even.
– Mais tu pourras me rendre visite, ajouta derechef la princesse.
– C'est vrai ? demanda l'adonis.
– Bien sûr. Comment peux-tu croire le contraire ! s'indigna la fleur. Tu seras mon invité spécial, affirma-t-elle lui adressant une œillade complice.

Rose se perdit dans la description de la table et du jardin. Even buvait ses paroles, captivés par ses lèvres pleines encore gonflées de ses baisers. Une heure plus tard, la brune était morte de fatigue ainsi son copain décida qu'il était temps pour lui de prendre congé.

– Je ne veux pas m'incruster. Tes parents n'apprécieront peut-être pas la présence d'un inconnu chez eux.
– En tant qu'organisatrice de cette fête, je me réserve le droit d'inviter qui je veux ! clama la jeune-femme en étouffant un bâillement.
– Parfait. Dans ce cas, je reviens tout à l'heure, ajouta-t-il en avisant sa montre.

En guise d'adieu, il l'embrassa tendrement. Puis Even disparut dans la nuit aussi vite qu'il était apparu. Sa belle resta, quant à elle, à fixer les étoiles en pensant à son beau prince. La fête d'anniversaire promettait d'être sportif, un véritable marathon. Elle avait à peine quelques heures pour reprendre des forces. C'est sur cette pensée qu'elle s'endormit.

Bloody Attraction : SangsitiveOù les histoires vivent. Découvrez maintenant