Soulagé, il était retourné dans son lit et commençait à prendre sommeil.
Il décida après quelques instants que dormir sur un téléphone n'était pas la plus confortable des décisions. Après l'avoir posé sur son bureau, il ne parvint toujours pas à s'endormir. Il se rendit alors dans la cuisine en pensant avoir un petit creux, lorsqu'un bruit vers la porte d'entrée attira son attention.
Ça ressemblait au son d'une serrure... et il habitait pourtant seul.
Il se rapprochait de la porte quand une main surgît de derrière et s'approcha terriblement près de lui. Elle se posa sur sa bouche et il n'osa plus bouger. Un poignard apparut à sa droite, et c'est alors par réflexe qu'il leva les mains et ferma les yeux, appréhensif. Il ne comprenait pas tout ce qu'il se passait actuellement (rien du tout d'ailleurs) et se rendit vite compte que son agresseur l'emmenait vers la porte.
Est-ce qu'il était vraiment en train de se faire enlever dans son propre appartement ?
Il se fit compresser contre le mur, les mains toujours en hauteur. Il avait l'impression de se faire arrêter. Sans pour autant que ce soit violent, c'était certainement perturbant.
Tout se précipitait et se faisait avec vitesse, mais il n'y avait rien d'agressif dans les actes de ce visiteur intrusif. Ils demeurèrent en silence pendant un long moment près de la porte, ne bougeant pas d'un pouce. Comme s'ils attendaient quelque chose, comme s'ils n'avaient pas le droit de faire un bruit. Son agresseur ne le regardait même pas, il avait les yeux rivés sur la porte qu'il avait crocheté quelques instants plus tôt.
Cette situation était autant incompréhensible qu'elle en était effrayante.
D'un coup, la porte s'ouvrit sur une personne au visage totalement masqué, sur laquelle se jeta le premier intrus. Il n'hésita pas à propulser sa victime en arrière, qui resta figée les fesses à terre, tremblant presque de peur. La bataille rageante qui se déroulait maintenant devant ses yeux n'arrangeait pas son état. Il aurait été impossible de compter le nombre de coups et de blessures qui s'étaient échangés avant que toute cette violence ne s'arrête enfin.
Désormais, un corps gisait à terre, encore animé il y peu de temps. Cet être sans vie baignait dans le sang. Ce fut la fin d'une histoire qui n'aura pas duré longtemps.
Rimes à part, notre semi victime venait d'assister à quelque chose qu'il ne réalisait toujours pas. Il semblait bloqué dans sa pensée, et était resté immobile sur le sol.
Tout s'était passé si vite qu'il en était difficile de comprendre quelque chose.
Quelqu'un avait voulu rentrer chez lui.
Quelqu'un d'autre était mort devant lui.
Deux voleurs en désaccord ? Des meurtriers aux agendas similaires ?
Comment savoir si le premier n'allait pas tout simplement le tuer, lui aussi ?
De toutes ces questions qui lui venaient, aucune ne lui confirmait qu'il était maintenant en sécurité.
L'inverse était même un peu plus probable. Juste un peu.
Dans le feu de l'action, un couteau tombé de la main de son détenteur s'était retrouvé proche de lui.
Ne réalisant toujours pas ce qu'il venait de lui arriver, le presque victimisé se précipita dessus et se releva en vitesse. L'homme au bout de la lame ne bougea pas d'un poil. Il savait. Cette personne qui tremblait devant lui n'avait jamais tenu d'arme. N'importe qui l'aurait déduit. Il lâcha alors la sienne et le paniqué se détendît un peu, tout en restant sur ses gardes.
« Aaron Tyke. 19 ans. Tu vis seul dans un appartement au 6eme étage d'un immeuble.
- . . . On se connait ?
- De rien, je viens de te sauver la vie.
- Quoi ?
- ffeur.»
Alors là, c'était glauque. Cet enchaînement d'événements se montrait de moins en moins compréhensible. De quoi se sentir vraiment mal à l'aise.
Il y eut un moment de silence, où l'un attendait une réaction et l'autre prenait de plus en plus peur de ce tueur qui faisait de l'humour bidon.
« James.
- Pardon ?
- Je m'appelle James, merde.»
En le regardant de plus près, ce James avait non seulement l'air assez jeune, mais semblait aussi vraiment agacé par la situation. Aaron fit courageusement un pas en avant, brandissant son couteau plein de sang. Il avait envie de vomir tant la peur crispait son ventre, mais il n'avait jamais vu de meurtrier ennuyé d'avoir ôté une vie. Sans compter le fait qu'il n'en ait jamais vu.
« Sors de chez moi... sors sinon je te plante.
- Joli mensonge.»
Il se dirigea tout de même vers la sortie, calmement. Il tira un des tapis d'Aaron vers lui puis enroula le corps et l'arme dedans, avec beaucoup de mal. Il se tint le bras gauche, avec une expression de douleur. Lorsque Aaron comprit qu'il était blessé, il jetta instinctivement le poignard par terre, de dégoût assez retardé. L'accidenté n'avait pas interrompu son affaire et commençait à partir silencieusement avec le paquet. Une fois devant la porte, il s'arrêta un instant, avant de lancer quelques phrases par dessus son épaule.
« Change de serrure. Ou ça pourrait recommencer.»
Sur ces mots il ferma la porte, laissant Aaron bouche bée se demandant s'il devait appeler la police.
Toujours dans l'incompréhension, il se demanda ce qu'il venait de lui arriver.
Il préféra aller dormir non rassuré, que de s'enfoncer encore plus dans cette affaire glauque. Il appellerait la police le lendemain, l'esprit clair.
Est-ce qu'il venait de se faire voler son tapis ?
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forbidden touch
Romance« Recule. J'ai dit, RECULE ! » ※ Aaron ne le supporte pas. Ça le brûle. Il en est terrifié et il ne veut plus y refaire face. Il a peur du contact physique.
