Chapitre 3 : Retour chez moi.

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Floriano et moi étions restés à la plage pendant près d'une demi heure encore après l'épisode de la promesse. Après cela, il me proposa de me raccompagner. Mais comme je craignais de m'attrister davantage, je choisis de rentrer seule sur ma voie sans toutefois le lui faire comprendre clairement.

Au départ, je fis semblant d'aller vite pour lui donner l'impression que ça allait. Et lorsque j'étais sûre qu'il avait pris la route opposée et qu'il était à une bonne distance, je me retournai pour le regarder s'en aller une dernière fois, les larmes ainsi que la douleur, refaisant surface ; cette fois avec encore plus de ténacité.

Je me remis sur mon vélo, animée d'une rage mélancolique. Et plus je m'éloignais, plus je retenais de moins en moins les pleurs. Je réalisai avec cela, que je m'étais un peu trop reposée sur lui. D'ailleurs, je ne comprenais pas tout à fait cette réaction : Floriano n'était pas mon seul ami alors pourquoi son départ me touchait il autant !?

Cette nuit là, j'étais rentrée toute rouge à la maison. Et comme d'habitude, seule ma nourrice attendait impatiemment mon retour ; s'inquiétant de ce que j'avais mis beaucoup plus long que prévu. Mes parents quant à eux, étaient toujours occupés à leurs affaires : Mon père au téléphone, pareil que ma mère !

- Bonsoir mademoiselle Ana ! Vous êtes enfin rentrée. J'en suis rassurée. Comment allez-vous?
S'adressa t-elle à moi.

J'avais couvert mon visage avec une écharpe afin que personne ne visse mes larmes et mon visage abattu.

Pour lui répondre, je murmurai juste assez pour qu'elle entendit sans apercevoir du changement dans ma voix. Puis, sans m'attarder un peu plus pour rallonger la discussion, je pris congé d'elle et montai dans ma chambre.

Ma première réaction était de prendre un bain et surtout, de m'y plonger entièrement pendant plusieurs secondes.  Habituellement, c'est ma nourrice qui m'accompagne en brossant mes cheveux. Mais là, je voulais juste être seule. Et c'est ce que je fis.

Après plusieurs minutes passées dans le bain, j'en sortis et constatai que mon téléphone avait des appels en absence ainsi que des messages. C'étaient de la part de Floriano et d'Angèle, ma meilleure amie, qui voulait sûrement que je lui raconte ma journée.

J'étais encore en serviette quand je plongeai sur le lit pour répondre à Angèle en ignorant complètement les appels de Floriano. Je n'avais pas trop envie de raconter tout dans les détails, donc j'envoyai juste :

"Il m'a tout simplement brisée !"

Suivi des smileys en pleurs.

Angèle comprit tout de suite mon état. Je ne sais pas si elle était au courant du départ de Floriano elle aussi, mais elle ne chercha pas à en savoir davantage, ni même à me rassurée. Un peu comme si elle savait que rien ne pouvait plus changer quoique ce soit. Elle me donna plutôt rendez - vous le lendemain en cours.

Je restai pendant plusieurs minutes figée sur sa file de messagerie à contempler je ne sais quoi. En réalité, mon esprit avait pris comme une pause, un stop the time, un moment de vide pendant lequel tous mes sens n'étaient pas sur terre avec moi. Jusqu'au moment du "toc toc" à ma porte.

C'était ma mère qui faisait son devoir de maman de la journée :  se rassurer que tout va bien et ceci en l'espace de 3 minutes. La routine !

- Ana Paula ! Tu es là ma chérie ? Ta journée a été ?

- Oui, maman! T'inquiète pas je vais bien.

- OK ma puce! Ton papa et moi t'aimons fort. Bisous et bonne nuit!

- D'accord maman! Je vous aime également.

Fin de notre conversation mère et fille. Du moins, celle que nous avons les rares jours où elle est à la maison.

Je pourrais enregistrer ma voix qui se chargerait de l'entretenir, et je ne serai pas surprise de ce que ma mère n'y voit que du feu : tellement ses pensées sont ailleurs lorsqu'elle me parle. Mais bon! Je m' y étais habituée...

Je suis une fille plutôt assidue et sérieuse à l'école. Ceci dit, normalement, à cette heure après mon bain et l'entretien avec ma mère, je plonge immédiatement dans mes cahiers. Mais ce soir-là, je n'eus envie de rien faire sinon passer toute ma douleur sur des bouts de papier où je notai mon ressenti en essayant de parler de manière subjective.

Je fis cela durant des heures entières ! Ma corbeille en avait pris un sacré coup, mais les résultats n'étaient toujours pas suffisamment vrais pour décrire ma sensation. Et très bientôt, le sommeil m'emporta sur la table d'études.

CE VIDE QUE JE RESSENS...Des histoires addictives. Découvrez maintenant