Maintenant que j'y pense, je ne l'ai pas véritablement connue. Mais bon, j'ai appris à faire avec ou plutôt à vivre dans la peau d'un adulte au corps d'enfant.
A la question : "Qui suis-je?", je pense que j'y répondrais vaguement sans effleurer l'essence, c'est-à-dire cette profondeur qui identifie un être parmi tant d'autres.
Je dirais certainement : "Je suis Floriano Masachi, fils aîné d'une fratrie de 3 dont le père est un japonais plutôt conservateur et la mère, une brésilienne quasi dévouée à son travail..."
Je dirais cela, et sûrement,
J'ajouterais un tas d'autres détails qui ne sont que de simples attributs qui manquent de définir réellement ma personne.
Un psychiatre ou n'importe quel autre expert dans le domaine trouverait certainement ça alarmant. Malheureusement, je n'ai connu que ça et aujourd'hui, je l'adopte comme faisant partie de moi.
Je suis né dans une famille au sein de laquelle mon père, le chef de famille, avait tout planifié dans les moindres détails. Les détails de mon existence allant jusqu'à mon prénom. D'ailleurs, l'origine de ce dernier fut l'objet d'un drame.
Dès mon plus jeune âge, un chemin avec des arrêts précis était déjà tracé. Mes berceuses, mes jouets, mes centres d'intérêt, ma formation professionnelle et plus tard mon metier, bref toutes les principales choses qui définissent la vie d'un Homme.
Ce chemin était indiscutable tout comme aujourd'hui...
Mon père ne vivait pas avec nous en permanence. Il était constamment au Japon à la tête de l'entreprise familiale que lui avait léguée son père et qui plus tard ou bientôt me sera confiée à mon tour.
Comme l'entreprise fait dans la recherche agricole, mon enfance a été bercée par des choses qui susciteraient mon intérêt au domaine. C'était ça, et ça le reste encore aujourd'hui.
Il m'arrive difficilement d'entrevoir autre chose. Cette coutume est profondément ancrée en moi qu'elle en devient moi.
Pourtant, près de mes amis, et surtout d'Ana, je pouvais voir de nouveaux horizons s'ouvrir. Je pouvais rêver d'autres choses. Je pense même que c'est de là qu'est né mon amour pour l'aéronautique.
Malheureusement, c'était le temps d'une journée de classe, car le soir à la maison, les choses redevenaient selon mon père.
J'ai appris à lui obéir et à accepter ses voies comme étant les meilleures. Ma mère constamment à son boulot n'avait vraiment pas le temps de constater cette période difficile que je vivais.
C'était constamment CENPES (une compagnie pétrolière de petrobràs) sa priorité. Elle y était biochimiste et menait des recherches expérimentales. Mes frères et moi avions juste le temps d'admirer ses jolis cheveux bouclés lors des conversations routinières en ligne avec mon père : chaque dimanche matin pendant 2h.
Chacun lui faisait un compte rendu de son travail. Sachant bien entendu que les multiples professeurs particuliers que nous avions faisaient eux aussi leurs retours à mon père.
Je ne supportais pas sa colère même à distance. Ainsi, je tâchais d'être droit.
Maintenant que j'en parle, il devient clair que c'était toujours un combat entre ma volonté et celle de mon père.
Des fois, je songeais à tout arrêter mais où aurais - je trouvé refuge ? Mon univers ne se résumait qu'à ça.
Mon sanctuaire était l'école. Pour la simple raison qu'elle m'offrait un minimum de répit.
C'était ça jusqu'à mes 16 ans ; que je redoutais plus que tout. Parfois, à mes anniversaires je pleurais non pas de joie, mais de peine. Le temps passait si vite. On aurait dit qu'il voulait absolument me conduire à ce moment fatidique.
Le moment où je devais quitter mon semblant de liberté pour véritablement me plonger dans les traces de mon père.
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CE VIDE QUE JE RESSENS...
Non-FictionC'est l'histoire d'une adolescente qui vit difficilement le départ soudain d'un ami pour l'étranger. °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°° Après le départ soudain de Floriano (qui va poursuivre ses études au Japon), Ana se rend compte qu'ell...
