Le sentiment d'impuissance relevé d'un arrière goût de vulnérabilité peut parfois être très difficile à surmonter.
Figée au beau milieu de la rue à contempler en silence cette triste réalité, m'accablait scrupuleusement. Je ne savais quoi faire à ces instants précis : courir à lui en criant tout haut son nom pour essayer de le retenir, libérer toute ma douleur dans des larmes ou alors rester indifférente ?!
J'en avais aucune idée. Quoique derrière tout cela, se cachait surtout une sorte d'abandon raisonnable. Après tout, sa décision était prise et plus rien, même mes pleurs, n'aurait changé quoique ce soit.
J'étais dans un état d'inconscience lucide au milieu de tout ça. Me demandant continuellement : "Ana ! Quelle est la bonne décision à prendre?"
Finalement, tout mon corps craqua soudainement et se laissa tomber d'un coup.
J'ai juste le souvenir d'avoir entendu une voix forte crier mon nom derrière moi. Elle me semblait familière.
Après cela, je me découvris couchée sur mon lit, une serviette posée sur mon front incroyablement brûlant. A mes côtés était ma magnifique nourrice. Cette femme qui m'offrit affectueusement, plus que ce qui lui était demandé.
Je manquais de force, mais à peine je me tournai vers elle pour la regarder, qu'aussitôt surgit de manière parfaitement inattendue, cette question :
- Miss Elisabeth ! Vous pensez que j'ai agi de la meilleure des manières ?
Elle se ressaisit pendant une seconde. Elle venait de comprendre que je faisais appel à son jugement personnel cette fois.
En effet, le ton ainsi que l'appellation que j'avais employés étaient synonymes du sérieux et surtout de la sincérité avec lesquels, je voulais qu'elle me réponde. Je les utilise rarement mais lorsque c'est le cas, elle comprend tout de suite !
Moi en retour, je lui faisais une totale confiance. Et ce, peu importe la réponse. C'était notre truc à nous ! Parfois, il m'arrivait de déplorer le fait qu'avec ma mère ce soit différent. Mais, ma nourrice était plus qu'un cadeau pour moi. Déjà parce qu'elle avait été recommandée par ma grand - mère anglaise, façon pour elle d'être toujours près de moi. Ensuite, parce qu'elle avait su gagner ma confiance et beaucoup plus.
Du coup, même dans l'état que je me trouvais, je pouvais totalement me reposer sur elle pour me donner un avis objectif. Ce qu'elle fit. Le tout parsemé de cet absent anglais qui rend les étrangers capables d'accepter n'importe quoi par son seul charme.
Elle dit précisément ceci :
- Honestly (Honnêtement en français), mademoiselle, je juge que vous auriez dû exprimer clairement vos feelings (sentiments) à Monsieur Masachi. Après tout, il n'a pas le pouvoir de lire les coeurs pour lire dans le vôtre. C'est ce que je pense !
Très franchement, sa réponse ne m'était pas étrangère. Au fond de moi, je savais qu'il y avait mieux à faire. Mais pour une raison banale mais suffisante à mes yeux, je n'avais rien oser...
Malgré tout, un persistant soupçon d'inquiétude me rongeait encore.
Dans les romans que je lisais, de telles actions étaient considérées comme des erreurs fatales à ne jamais commettre. Puisque les fins en dissuadaient les lecteurs.
Plus clairement, dans ces romans, elles conduisaient au changement radical des héros. Et je pense que c'était ça l'inquiétude : "ai-je fait la pire erreur de ma vie?"
Alors que je me repliai sur moi-même, comme pour m'apitoyer davantage, ma super nourrice eut les mots exacts pour m'apaiser ou du moins, un peu :
- Mademoiselle ! Dîtes - vous bien que le destin vous réunira toujours, si telle est votre destinée à vous deux. Dit - elle en m'esquissant un sourire léger mais tellement rassurant.
"Oui ! Le destin nous réunira à nouveau...s'il le veut." Me répétais-je intérieurement et en boucle, avec une once de courage. "En attendant..." continuais - je, "j'abandonne, et je prends mes distances!"
C'était la plus sage des décisions qui me venait à l'esprit à ce moment. L'épisode d'il y avait avant ma chute, m'avait révélé que je n'étais pas encore prête à supporter sereinement son départ. Ni même, à pouvoir m'exprimer clairement.
Conséquence immédiate, je décidai de manquer intentionnellement, son départ de cette soirée - là . Mon malaise étant un alibi parfait à présenter à Angèle qui m'avait fait un texto disant qu'elle viendrait me chercher pour l'occasion.
Il ne me restait plus qu'à sagement, attendre son arrivée...
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CE VIDE QUE JE RESSENS...
Non-FictionC'est l'histoire d'une adolescente qui vit difficilement le départ soudain d'un ami pour l'étranger. °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°° Après le départ soudain de Floriano (qui va poursuivre ses études au Japon), Ana se rend compte qu'ell...
