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Vous voyez cette fille qui s'approche du lycée avec de longs cheveux bien coupés. La couleur scintillante, soignée naturellement sombre ? Et bien c'est moi, du moins, c'est la description légèrement extrapolée de la coiffeuse.

 
Ma mère et ma sœur semblaient positivement surprises par mon initiative. Après mon escapade nocturne avec Carter, j'ai passé une sale journée à cause du manque de sommeil. Mais le lendemain, après mon repos, des bouts me reviennent et je dois avouer que je ne m'attendais pas à ce que ça me fasse tant réfléchir. Il m'a donné un élan de cran. 

C'est son pouvoir.

 
J'avance le long des casiers et aperçois Dean. Il ouvrait le sien, et semblait mal réveillé.
— Bonjour, lançai-je derrière son dos.
Il sursaute, brutalement arraché à ses pensées, ce qui me fait baragouiner des excuses.
—Non, non c'est moi. Je ne t'avais pas entendu arriver. Bonjour à toi aussi.
— Tout va bien ?
— Oui, oui tout va bien. Hâte d'être au week-end, c'était une longue semaine.
— Je te le fais pas dire.
— T'as fait quelque chose à tes cheveux ? Coupe-t-il en plissant ses petits yeux verts.
Je chope comme par réflexe une mèche lisse entre mes doigts. La sensation est agréable, je me suis vraiment trop délaissé.
— Oui, oui. Juste un tour chez la coiffeuse pour l'entretien.
— Et bien je trouve que ça te va à ravir, me sourit-il.
— Merci, souris-je en retour.
— Bonjour vous deux, lance la voix de Stacy.
Je me félicite au passage de retenir de plus en plus de prénoms. Une seconde victoire pour moi ce matin car ma théorie était juste. L'effet que cette fille à sur Dean est indécent. Il vira au rouge pivoine en un temps record.
— Bonjour / Hey, lui avions nous répondu à l'unisson.
— Oh j'adore tes cheveux, dit-elle en passant une main légère dessus, c'est très joli.
Son sourire était sincère et ses yeux pétillaient comme à l'accoutumée. Je ne sentais pas sur elle, le venin que je sentais sur les héritiers de familles privilégiées qui arpentaient ces couloirs. C'est étrange de dire ça, mais c'est vrai.

 
— C'est gentil. Lui répondis-je.

 
Rien d'étonnant à ce qu'un chouette type comme Dean flash sur elle. Nous filons ensemble le long du couloir avant que Dean s'éclipse vers une salle différente de la nôtre pour ce matin. Je m'installe donc naturellement avec mon interlocutrice pour finir notre échange sur les endroits à visiter en ville, durant ce cours, les yeux pétillants d'un certain sportif ne se sont pas décrochés de moi. Et pour la première fois depuis longtemps, je ne voulais pas qu'ils se détachent de moi.


— C'est ce que j'appelle un bon changement Trésor.

 
Je suis partagée entre l'envie de lui sourire, en vue de celui que lui affiche si fièrement comme un gosse, ou de le frapper à cause de cet air et de ce ton trop sûr de lui qui pend toujours à chacun des mots qui sortent de sa bouche. Je fixe cet imbécile heureux posté devant moi, au détour d'un couloir menant au réfectoire où j'étais censée rejoindre Dean et ses amis après avoir déposé mes affaires dans mon casier.


— Bonjour à toi aussi Carter, lui répondis-je.
— Je suis content de voir que tu prennes mes remarques constructives au sérieux! Ajoute-t-il en ignorant ma remarque sur son manque de politesse.
Je roule des yeux et pousse un soupir.
— Je ne l'ai pas fait pour toi, mais pour moi.
— Oui bien-sûr, pour toi, personne n'a dit le contraire.
Devant son air sarcastique et son entêtement naturel j'abandonne.Sachant d'avance que rien, ni personne, ne pourrait lui retirer son idée de base de l'esprit. Je le contourne et m'apprête à entrer à la cafétéria, mais il me retient.
—Hepepepe, souffle-t-il, attends un peu .
Je me retourne et le fixe .
—Je rêve ou c'était une tentative de fuite encore ?
— Non, lançai-je les yeux grand ouvert, moi même peu convaincue. Il soupire
— Je croyais que tu avais changé d'avis sur moi après notre petite virée ? Non ?
— Oui, non. Bien sûr...C'est juste que je ne sais pas si c'est une bonne idée de...
— Bon, très bien je vois, apparemment quoi que je fasse ça ne changera pas.Prend ton temps, semble-t-il vexé, je pensais ce que je t'ai dis hier. Fini-t-il en partant.
Je soupire et passe ma main dans mes cheveux. Je le regarde partir l'air abattu, oh et puis merde ! Je ne suis pas du genre à procrastiner, si je dis que je veux changer je le ferai. Soyons honnête, il n'a fait qu'être super avec moi,je sens que je commence à faire l'enfant rebelle plus qu'autre chose. C'était ridicule. Le regard des gens ou sa popularité ne sont pas des facteurs suffisants pour que je le traite comme ça. J'accélère et ralentit à sa hauteur. Il me regarde et attend que je parle.
— Tu, commençai-je d'une voix hésitante, tu voudrais déjeuner avec moi ? Lançai-je avec une petite voix.
Le silence se fait court avant que son air (que je commence à trop bien connaître) revienne sur son visage dans le sourire le plus malicieux qu'il ait en stock, il n'essaye même pas de cacher sa victoire, ce con.
—Quand c'est si gentillement demandé, comment refuser?
— Toi et moi, c'est tout ! Je ne veux pas tout le groupe des bachelors et bachelorettes du lycée qui te servent d'amis. Tu penses que c'est possible ? Lançais-je en avançant déjà vers la cafet'.
Je voulais jouer la carte de la prudence. J'ai peur de ne pas pouvoir gérer trop de changements d'un coup. Alors, j'y vais, pas à pas.
— Tu as déjà le meilleur de toute façon ! Rit-il derrière moi.
Il s'avance aussi et arrivé à ma hauteur il me tend son coude.
— Mademoiselle, dit-il avec la voix nasale cliché des aristocrates, prenez donc mon bras à l'imposante musculature et allons- y !
— N'abuse pas non plus Narcisse. Répondis-je en repoussant son coude.
Manger avec lui est déjà un grand pas, alors me pointer à son bras du jour au lendemain, très peu pour moi. A son tour de rouler des yeux et de me rattraper en disant :
— Quelle rabat-joie ! Et je te préviens, ne m'appelle pas narcisse devant Noah.

Vos promesses : HésitationDes histoires addictives. Découvrez maintenant