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Pour me donner du courage, car évidemment après avoir donné mon accord, j'en manque affreusement, je pris une longue rasade du liquide alcoolisé.


— Alors? À quoi t'as pensé ?
Première question assez prévisible.
— Comme tu le sais je suis nouvelle ici, généralement le déménagement pose problème aux filles de mon âge, elles ont leur confort, leur amies, leurs habitudes.... Mais pourtant, ma mère a eu plus de mal à convaincre ma petite sœur que moi. Finis-je dans un rire gêné .
Je ris jaune et baisse la tête, le dire à haute voix me fait un drôle d'effet.
— J'en avais simplement rien à faire, parce que je n'avais rien de tout ça. Ni vrais amis, ni habitudes, ni petit ami, rien qui me retienne. Je me suis longtemps renfermée sur moi-même, pensant que ça m'aiderait.
Je lui lance un regard fuyant, il me fixe intensément alors je baisse de nouveau les yeux sur mes doigts qui tapotent la bière.
— Et en arrivant ici, je me suis dit que tout serait pareil, je voulais être invisible comme à l'accoutumé, mais...
Je soupire et relève les yeux, il m'écoutait très attentivement et d'un côté ça semble me faire plaisir et de l'autre ça me gêne énormément.
— Mais.... Quelque chose à changer. Décidais-je de dire.
— Tu es belle et intelligente. C'était une question de temps avant que ça change. Dit-il en buvant à son tour.
Il me sourit légèrement, et pour la première fois depuis longtemps le rouge me monte aux joues. Très vite.
— En tout cas, reprit-il d'un ton plus léger, tu as raison, c'est vraiment dommage que tu ne laisses personne entrer dans ta vie. Et dis moi pourquoi cette réticence à faire confiance aux gens? On t'a trahi par le passé ?
Je regarde l'horizon un moment, plein de points scintillants au loin, le léger vent frisquet, la bière. Tout était hypnotisant.
— C'est à mon tour de poser ma question. Dis-je d'un air mutin.
— Pas faut, grimace-t-il, vas-y .
Je me retourne vers lui et le regarde un instant .
— Tu es déjà tombé amoureux ?
Son sourire tombe d'un coup sec. Merde. J'y suis allé trop fort, trop personnel. Pour moi c'est une question basique pour savoir ce l'opinion qu'il avait des relations de couples et lui savoir si nous étions sur la même longueur d'onde. Mais qui sait ce que ça lui fait? 

Bravo championne.

 
— Je ,je suis désolée, je n'ai pas réfléchi... Tu n'es pas obligé de répondre, balbutiai-je à toute vitesse en essayant de rattraper ma connerie.
— Non, t'en fais pas. Tu m'as pris de court, c'est tout. Sourit-il faiblement, un sourire qui n'atteint pas ses yeux.
Je me pince les lèvres, quelle imbécile je fais.

— Oui, j'ai déjà aimé, enfin je crois. C'est difficile à déterminer et ça dépend du type d'amour dont on parle. Si tu cherches des récits d'histoires saintes et pleines de bienveillance. C'est pas chez moi que tu en trouveras . Il avale une rasade rapide, tandis que j'écoute malgré le fait que je me noyais dans ma gène.— Ce que j'ai connu était plus du genre à nous consumer et à nous empêcher de vivre, et on ne s'en rend compte qu'une fois qu'on n'est plus dedans. Il soupire, et son soupir douloureux se répercute dans ma poitrine. Une brise considérablement fraîche voltige dans la terrasse, une vorace chaire de poule s'empare de mon corps et Carter le remarque.— Oh attend prends ça . Il se penche en arrière et chope la couverture. Il me la pose sur les épaules et m'enveloppe dedans. Je la serre contre moi et profite de sa chaleur.
— Voilà, c'est mieux, ce serait dommage que tu tombes malade à cause de moi, me sourit-il.
— Merci, dis-je ravis de profiter de la douceur du plaide.Il se remet droit et finit sa bière d'une traîne.
— Dis moi, pourquoi cette question?Je soupire et passe ma langue sur mes lèvres.
— Je sais pas, riais-je gênée, c'est la première chose qui m'est venue à la tête. Mentis-je, c'était ta question, c'est à nouveau mon tour.
— Mais...Il prend une mine offusquée qui me fait étouffer un rire.
— C'est pas moi qui fait les règles. Ris-je, alors... Je réfléchissais vite, il fallait à tout pris que je trouve à la fois quelque chose de pertinent. Je n'aurais peut-être pas d'autres occasions, en même temps de rattraper ma gaffe et de changer de sujet.
 — Quelles sont tes attentes vis-à -vis de moi ? Lançais-je après ma courte mais tumultueuse réflexion. Il pivote vers moi, ses sourcils naturellement arqués à l'extrémité, j'arque de plus belle. Et j'explicite ma demande:
 — Si je peux parler librement, commençais, je vois l'effort que tu mets en moi. Je ne suis juste pas certaine dans quel sens tu veux aller ? Tu veux vraiment qu'on soit ami ou il y a autre chose ? J'inspire. C'est bizarre, mais en moins c'est le plus direct et clair que je puisse être. J'aime dire les choses. D'expérience, certains n'ont pas ce réflexe.
— C'est une très bonne question. Rit-il comme le host d'un show ce qui me fait rouler des yeux et attendre sa réponse les yeux fixés droit devant.Hum... Je suis ici aussi pour m'excuser de t'avoir brusqué. Commence-t-il d'une voix soudain plus sérieuse, je suis un peu...énergétique par moment. Je sais vite ce que je veux et j'ai tendance à oublier que si ce que je veux est quelqu'un d'autre je dois aussi respecter leur façon d'être. J'espère que tu ne m'en veux pas. J'écoute chaque mot, chaque intonation. Sa réponse est loin de ce que j'imaginais, mais elle n'est pas complète.
 — Et qu'est-ce que tu me veux...justement ? 

Vos promesses : HésitationDes histoires addictives. Découvrez maintenant