Malheureusement, bien que je prévoyais de fuir la ville dès l'aube, je suis là, devant ce portail. Me demandant si je ne devrais pas retourner à la maison et faire la morte ?
J'ai vécu une humiliation intersidérale suite à cette altercation avec le mauvais McColt. Un inconnu. Pas la personne visée. Quelle honte ! Je me rappelle des rires qui ont éclaté après mon moment de réalisation. J'avais envie de sauter sur place, me dissoudre. Je ne leur en veux même pas, c'était bien fait. Je me remémore en boucle la phrase dudit Cameron. Elle résonna après que les rires se soient calmés.
— A l'avenir petite...laisses les gens parler.
C'est tout ce qu'il me dit. Il remit son casque, prenant soin de jeter un mauvais regard à son frère qui n'est pas passé inaperçu. Une chose est sur les jumeaux ont une relation ambiguë. Et il n'y que moi pour mettre les pieds dans le plateau de cette façon. Je soupire, personne ne s'en est aperçu, à part Carter, et Cameron... Et peut- être les autres motards, et aussi les élèves dans le parking. Pff, beau démarrage Okdalina. Spectaculaire !
— On dit pas bonjour d'où tu viens ? Me lance cette voix que je commence à reconnaître.
Je ferme les yeux. J'avais réussi à traverser la cour, arpenté les couloirs et même atteindre mon casier sans aucun regard. Je m'apprêtais à entrer pour mon premier cours lorsque le charme se brisa. Il le fallait bien. Je me surpris malgré moi à
analyser la voix. Moins grave et comme légèrement éraillée...Carter. Les séquelles d'hier.
— Quoi ? Dis-je en relevant les yeux, blasée.
— De mauvaise humeur ?
Je hausse les sourcils dans une mine qui disait « parle. ».
— Et bien, je me disais que tu voudrais peut-être me passer le savon que mon frère à pris à ma place ? Tu es partie bien vite hier.
Il sourit légèrement...non, il se retient de rire. Génial ! Il se payait littéralement ma tronche. Et une partie de moi voulait en rire aussi, mais je devais garder le front.
— Bien que je ne sois pas en train de me plaindre, il le méritait sans doute plus que moi.
— Pousse toi Carter, glissais-je dans un soupir en tentant de le contourner.
— Emm, inspire-t-il, mon nom à une douce façon de glisser sur tes lèvres, fini-t-il d'un air lubrique.
Je roule des yeux et croise les bras sur ma poitrine. Il me barra le passage, à nouveau. Je plante mon regard dans le sien. Bien qu'il soit atrocement chiant à l'heure qu'il est, il n'en perd pas moin de sa beauté. Une famille visiblement gâtée par la nature.
Ses yeux sont...magnifiques.
Je ne parle pas de la couleur simplement, non. Leurs formes, ces amandes légèrement tirées sur les côtes, mais très grandes. Ils prennent toute la place sur son visage, et ils sont pétillants d'une malice constante. Un joueur, un charme de renard. Voilà la différence majeure avec son frère. Le même physique et une aura totalement différente.
— Et si tu me disais vraiment la raison de ta visite de bon matin? Lui dis-je agacée.
— Très perspicace, tu es née comme ça ou ...
— Carter! Dis-je en commençant à perdre patience.
— Bon ok ok, alors voilà Noah organise une soirée chez lui, je me suis dis que j'allais t'emmener. Inutile de me remercier, je le fais de bon cœur, dit-il en posant sa main sur mon épaule avec un sourire qui se veut modeste.
Blocage ! Attend, quoi?
— Je te demande pardon? Dis-je en plissant les yeux.
— Te pardonner pour quoi exactement ?Répond-t-il fier de sa blague à la con.
Il jouait volontairement avec mes nerfs.
— Je sais que je n'ai pas vraiment l'habitude de faire ce genre de faveur mais je sens que tu t'entendras bien avec les autres. Et ça te permettra de te faire des amies.
— Une ...faveur? Répétais-je lentement.
— C'était une façon de parler. Ne le prend pas comme ça. Me dit-il légèrement voir même très étonné.
Une migraine me frappe, ses propos ont réussis à me tendre plus que je ne l'étais. Je n'arrive plus à mettre de gants ni de filtres. Je retire violemment sa main de mon épaule, et lui pointe mon doigt vers le visage.
— C'est la dernière fois que je te le dis. Toi et ta bande de copains, ton frère et tout le reste fichez-moi la paix.
— Tu refuses mon invitation ou t'es vexée ? Je voulais...
— C'est gentil de proposer mais de la a dire que c'est une faveur ? Alors quoi, je n'ai pas assez de discernement pour me faire mes propres amis? J'ai forcément besoin de ta charité.
La mine toujours aussi étonné, comme si pas un os de son corps ne s'attendait à ce que sa « faveur. » m'offense.
Quelque chose ne tourne pas rond dans ce lycée. Et ça ne va pas aider mon état actuel.
— Je connais les types de ton genrs. Je ne sais pas si je suis une sorte de distraction pour vous, ou un jeu ou même un pari comme on voit souvent. J'ai aucune envie de jouer à ça.
— Ne me diabolise pas comme ça. Je voulais bien faire.
Il avait l'air blessé. Je serre les dents. J'ai peut-être été trop dure ? Je ne suis pas toujours maîtresse de mes mots quand je me sens forcée.
— Je voulais te blesser. Je suis juste à bout de nerf ce matin.
— Je vois ça, dit-il en haussant un sourcil.
J'hallucine. Il n'arrête donc jamais ?
Noah fit son apparition je ne savais même pas d'où il sortait. Il se planta aux côtés de Carter et nous sonna un instant. Notamment le regard subjugué que me lançait son camarade.
— Hey, Okdalina ça va?
— Super. Réponds-je sur le ton le plus sarcastique que j'avais en stock.
— Que se passe-t-il? Dit-il en glissant son regard entre Carter et moi.
— Elle ne veut pas venir à ta soirée. Et elle veut plus qu'on l'approche. Commence à expliquer Carter comme s'il avait raté le début d'un film, elle pense que c'est un pari ou de la charité. Je pense qu'elle souffre de paranoïa ou un truc comme ça, finit-il en glissant la dernière phrase dans un murmure fort indiscret, s'inclinant légèrement vers l'oreille de son ami en couvrant sa bouche du revers de la main.
Il mime la confidence.
— Parle-lui toi, peut-être qu'elle t'écoutera, fini-t-il comme si j'étais transparente.
Il m'énerve à tout prendre à la légère.
— Vraiment? Me demande Noah, c'est étrange. Tu n'apprécies pas notre considération ?
Pour une raison que j'ignore, son commentaire ne passe pas.
— Mais, m'étouffais-je, mais vous vous entendez parler? Dis-je estomaquée, piquée à vif par leurs airs suffisants. Je n'ai pas envie d'aller à ta soirée, gardez votre précieuse considération pour une personne qui en voudra.
Je presse le pas vers ma salle de cours. Remerciant tous les divinités qu'ils ne soient pas avec moi. J'arrive à ma table et bien que mon visage soit vide, mon esprit est en feu, mes mains tremblent et mes oreilles bourdonnent.
Chaque petite interaction stressante me consume.
Respire Okdalina, respire. Me répétais-je mentalement. Je me sens constamment debout sur le bord d'une falaise. J'ai et que chaque vent qui souffle pourrait me faire basculer.
« Tu n'es pas obligé de me parler de ce qui se passe à la maison. », m'avait dit la Psy que ma mère me forçait à voir cet été. « Mais, nous devons décortiquer tes émotions et mettre un mot dessus si tu ne veux pas te retrouver en fatigue émotionnelle. Je pense que cette... animosité que tu as envers moi, peut en être un symptôme.. » Je souffle à ce souvenir. L'animosité venait surtout du fait que je ne voulais pas y être. Mais pour la fatigue émotionnelle, elle n'avait peut-être pas complètement tort.
Une éternité plus tard, j'émerge des profondeurs de ma tête affamée et le réfectoire est plein à craquer, les tables aussi. Debout mon plateau à la main, si je ne trouve pas vite une place où s'asseoir, on va me remarquer. Alors vite ! Je fais le tour de la pièce du regard, il y a une place à la table des pom-pom girls, avec leurs plateaux similaires remplis de salade et de petites tomates parlant et rigolant comme une secte.
Très peu pour moi.
Ensuite au centre évidemment se trouve Noah et les autres sportifs. La fille que je soupçonne d'être sa copine près de lui. Ils ne semblent pas me remarquer et pas de Carter en vue. On est d'accord qu'il est hors de question de me mettre à leur table.
Ah tient, une place à une table ou il n'y a que deux mecs en blousons en cuir, au fond à droite et puis ils sont assis à l'extrémité de la table, l'un face à l'autre, en gros il y aura plusieurs chaises entre nous si je me met au milieu, cette table est l'une des plus grandes. C'est parfait.
Je m'approche d'un pas vif et m'assoie et commence à manger, mais je n'entend plus leur discussion qui semblait pourtant bruyante de loin, ni même leur couvert ou autre . Je relève lentement les yeux vers eux, et c'est bien ce dont j'avais peur, ils me fixent, tous les deux les yeux hors de leurs orbites comme s'ils avaient vu un fantôme. On se fixe ainsi plusieurs secondes, puis je perdis patience.
— Excusez-moi, je vous dérange ? Dis-je un peu agacée.
— T'es nouvelle c'est ça ? Me coupe le premier, le blond aux yeux verts.
— Oui c'est exact, répondis-je platoniquement.
— Ça s'explique... Dit le deuxième.
Le métisse avec des tâches de rousseurs (que je trouve magnifiques), était moins enthousiaste que le premier. Bien que sa frimousse décorée donne un effet adorable et rare à ses traits, des allures de grincheux transpercent sa voix dès la première intervention.
— Il y a un problème ? Répais-je pressée de reprendre ma bouffe.
— Et bien tu vois... Commence le blond
— Les places sont prises, lance sèchement le métisse, tu devrais dégager.
— Colt...Le réprimande le blond.
— Quoi ? Répond agressivement le présumé " Colt ".
— Ça va, elle est nouvelle on va lui expliquer .
— Et puis quoi encore ? Aujourd'hui c'est elle demain toutes les petites connes sans cervelle de ce lycée vont se faire pousser ailes et vont venir s'asseoir à notre table ? Et puis quoi encore ?
Je fronce les sourcils, piquée par les propos qu'il tenait. Ma tête est lourde alors je plisse les yeux.
— Pour l'instant tu t'emportes contre quelqu'un qui s'est juste pris une chaise libre. Le seul petit con sans cervelle dans l'histoire, c'est toi.
Je crache mes mots avec un regard mauvais en direction du métisse aux tâches de rousseurs. J'attrape mon plateau et m'apprête à me lever quand une main se pose sur mon épaule et me fait reprendre place.
— Tiens tiens, regardez qui vient nous rendre visite ?
Cette voix...
La personne en question se pose à côté de moi. Il me disait quelque chose. Lui aussi vêtu d'une veste en cuire noir, il me sourit d'un air malicieux alors que toutes les places autours se remplissaint du même type de mecs.
Tous en blouson en cuire mais tous avec des styles différents. Très vite, la seule chaise libre était en face de moi. Plus à droite, pile au centre de la table. Ça y est, je les reconnais, du moins celui qui était à mes côtés était présent hier, quand j'ai fais mon discours au mauvais jumeau.
Un soupir à fendre l'âme me traverse.
— Alors ? T'es revenu finir ton combat avec Cameron ? Tu cherches le suicide ma belle ? Ajouter cet individu qui ne m'inspire rien de bon et qui n'a pas arrêté de sourire, avec ses manières de fou.
Pour une fois la réflexion n'était pas pour être méchante. Il gigote et ne tient pas en place, c'est agaçant, et il à l'air fou.
— Y'a des manières plus douces de mourir tu sais ?
Il rit, il se fait rire seul, c'est ça être autonome je suppose .
— J'allais justement .....
— Attends, c'est toi? Me coupe le blond de tout à l'heure.
— C'est toi la fille d'hier? Sourit-il.
— La fille... d'hier? Demandai-je soudain gênée d'être la seule fille à cette table justement.
— Ouai m'sieur, je vous présente Mademoiselle je me trompe de jumeaux, ricane le con à ma droite.
Toute la table se retrouve plongée dans l'hilarité, je me sens toute petite, tout ça pour ça ? Ils sont impossiblement bruyants dis donc. Ça va, je ne vois pas pourquoi on en fait autant.
— Putain, le seul jour ou je viens pas en cours, lance l'un d'eux.
— Heureux de voir que t'es toujours en vie, décide de lancer Colt en me regardant sous ses paupières semblant lourdes.
Son regard, appuyé par des pupilles sombres, est en plus tracé de cernes violacées qui tâche son visage aux traits délicats. Il semblait bouder constamment. C'est une expression fréquente chez les gens ayant la lèvre du dessus légèrement plus pulpeuse que celle du bas.
— Bon, j'allais y aller alors....
— Non non non, reste voyons, il n'y a plus de place ailleurs et puis... Entame le maigrichon en regardant partout comme si il préparait un mauvais coup. Cameron arrive tu voudrais quand même pas partir sans lui dire bonjour.
— Non je ne....
Je fus stoppée dans ma phrase par une masse qui s'abat sur la table, un plateau se pose à la place de vide juste en face de l'autre con. Un énorme corps prit place sur la chaise. Dossier contre le mur, il y s'installe comme sur un trône.
— Tiens ! Cameron...on t'attendait, on a une invitée aujourd'hui. S'empresse de dire le maigrichon aux cheveux gras
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Vos promesses : Hésitation
Teen FictionTout le monde ici savait, tous, étaient liés par cette histoire, ce passé, ce secret, chacun sa version et chacun sa vision, tous, sauf elle . Okdalina ne se doute pas que son arrivée dans cette nouvelle ville va tant la changée, tant lui a...
