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Je suis vraiment stupide ! Cette réflexion me vient au moment où je referme, la respiration courte, la porte d'entrée de chez Max. Prête à rejoindre la voiture garée à quelques mètres plus loin dans la rue principale. Large et fraîchement peinte, elle nous séparait d'une ligne maisons similaires en face.


Bordel, ça ne me ressemble pas tout de faire ça, mais bon dieu que c'est excitant ! Mon cœur tambourine. Arrivée à la voiture la portière s'ouvre, Carter s'était balancé du siège conducteur vers la porte du côté passager pour l'ouvrir avant même que je ne l'atteigne.


— Salut petite Okdi ', dit-il avec un sourire d'enfant.
Il n'est sûrement pas trop tard pour retourner me coucher, si?
— Pour qu'on s'entende. Commence par arrêter avec les surnoms. C'est bizarre. Ensuite j'espère que tu comptes me montrer un truc génial et que je n'ai pas risqué ma peau pour rien, répondis-je en fixant droit devant moi et en resserrant mes bras autour de mes épaules.
La timidité me fait blablater.
N'entendant aucune réponse, je me retourne vers lui et je le vis me fixer. Les yeux pétillants, je suis pratiquement sûr qu'il n'a pas écouté un mot de ce que je viens de dire..
— Quoi?
— Et bien, dit-il d'une voix plus calme que d'habitude . Je sais que la phrase qui va suivre va être très cliché et ressemble à ce que tout le monde dit mais essaye d'en comprendre le sens. D'accord ?
Je fronce les sourcils, rassurant comme introduction.
— Tu es différente des filles que j'ai connues aussi bien physiquement que mentalement, et je dois dire que ça me plaît et...
— T'as raison, le coupai-je subitement, c'est hyper cliché, et pas cliché genre nouveau truc, non ! C'est cliché dans le genre de mettre les filles mal à l'aise. Alors arrête s'il te plaît.
Je le regarde d'un œil mauvais, il a vraiment sorti ça ?
— Attends, attends ! Avant de t'emporter, laisse moi finir, je disais que tu étais différente, mais ce n'est absolument pas pour t'impressionner ou je ne sais quoi d'autre. Je le jure sur mon honneur.
Il lève la main dans un geste théâtral qui me rappelle mieux le Carter que je connais.
— En as-tu seulement? De l'honneur ?
— Ouch, Ça c'est bas. Dit-il d'un ton faussement outré.
Il finit par me sourit, creusant de nouveau les plis sous ses lèvres. Je le fixe un instant et il fait de même.
— Je suis content que tu aies accepté de me voir ce soir. Je te prouverais que je suis pas ce con que tu t'es imaginée en me voyant, ajout-il doucement ce qui exagère le côté enrouée de sa voix.
Et moi j'ai honte, honte de dire que c'est la fontaine dans ma petite culotte. En même temps il faut me comprendre, je fais la fière en apparence oui, mais rien n'empêche qu'il est la dans son t-shirt blanc, sous sa veste de jogging grise claire et ses cheveux courts d'un marron similaire à celui de ses yeux. C'est un délice pour les yeux.
— Alors allons-y, et tâche de ne pas me faire regretter, dis-je d'un ton léger pour détendre l'atmosphère, au risque de faire ou dire des choses que je regretterai.
Il fait rugir le moteur et le bruit me rappelle que je vais me faire décapiter si ma mère s'aperçoit de quelque chose.


On roule pendant quelques minutes, silencieux, a vrai dire c'était agréable. Cette vision était iréelle pour moi ; la route, vide, éclairée par les lampes dans la nuit noir. Une beauté cruelle à mes côtés dans une position virile, une main sur le volant, l'autre coude sur la fenêtre. Ses doigts dansaient inconsciemment entre sa bouche son menton, le vent frais à la limite du froid faisait voltiger mes cheveux, mais ce n'était pas désagréable. La musique dans les tons de jazz avec la voix émotive du chanteur ajoutait une couche de confort à l'ambiance. Ça pourrait être un, parmi les fragments de paradis imaginables, les idylles de l'être humain, et je n'ai jamais rien vécu de similaire. C'est tellement banal et...triste.

 
Plusieurs minutes plus tard, il se gare je ne sais où. Les pneus grincent et un silence règne après que le contact fut coupé.
— Où sommes-nous? Dis-je en fixant l'immense parking ouvert au milieu de nul part.
— Tu verras, dit-il en sautant hors de la voiture.
Je fis de même, lentement en regardant autour de moi.
— C'est quoi cet endroit. Dis-je en froissant mes narines, Tu n'es pas un serial killer en moins?
Carter soupire.
— Non, parce que ce serait dommage de mourir ici, et puis tuer par un sportif du lycée au beau milieu de nul part c'est pas vraiment la mort idéale.
Il se contente de me regarder les sourcils levés.
— Et puis je suis pas une bonne victime je te jure même les médias en parleraient pas tu gagnerai rien à me tuer sauf si tu...
— Okdalina, hausse-t-il soudain le ton, calme-toi.
Je me suis arrêtée net.
— Désolée. Je parle trop quand je suis stressée ou anxieuse ou les deux. Et là, je suis les trois, enfin les deux.
Merde.
Le fait d'être seule avec lui me monte à la tête, je suis complètement hors de ma zone de confort et ça se voit. Heureusement pur moi, il abandonne et ouvre le coffre pour prendre un sac en plastique noir et s'approche de moi après avoir verrouiller sa voiture.
— C'est ma présence qui te stresse Trésor? Lâche-t-il fidèle à son sourire de charmeur.
Voilà, ce que tu gagnes à avoir l'air au bord de l'AVC face à lui. Faut croire que j'adore tendre le bâton pour me faire battre.
— Non, pas ta présence, mais plutôt la mienne dans cet endroit sombre et lugubre. Dis-je en regardant encore les environs
Il pouffe de rire en rejetant sa tête en arrière faisant glisser sa pomme d'adam le long de sa large gorge. Je me surprends à sourire, son rire est, malheureusement, très contagieux.
— Quoi? Dis-je en me retenant de rire.
— Si tu voyais ta tête, on aurait dit une brebis apeurée, répondit-il avec euphorie.
Son rire se calme face à mon regard sanglant.
— Ne t'inquiète pas. Si ça peut te réconforter je n'ai jamais tué personne.
Je souris légèrement.
— Pour l'instant, ajout-il tout bas.
Mon sourire se relâche et je recule d'un pas.
— C'est bon je plaisante, dit-il en repartant dans un rire. J'arrête, j'arrête. Lève-t-il les mains en l'air.
— Tu crois que c'est drôle avec le taux de...
— J'ai dit que j'arrêterais, ok ? Promis. Di-il les paumes tendues vers moi. Désolé. C'était pas drôle. Fini-il en donnait tout pour ne pas rire.

Vos promesses : HésitationDes histoires addictives. Découvrez maintenant