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Le lendemain au lycée, tout le monde m'ignore, et j'adore ça. En progression dans les couloirs au rythme de la musique dans mes oreilles, je commence à remarquer un rassemblement étrange, et c'est là que je vis au loin des élèves regroupés devant le tableau d'affichage. Effectivement, il se trame quelque chose. Je me mêle au petit groupe et oriente mon regard vers l'affichage. Plus je lisais, plus mon sourire du début de lecture disparaissait. Attendez une seconde.

     Dites moi que je rêve ? Ils ont le droit de faire ça ? Je ne suis pas contre un allégement d'emploi du temps. Mais la c'est pour une activité manuelle.

« Nous informons l'ensemble des élèves que de ce jour, jusqu'à la fin de la semaine. Les cours prévus en après- midi seront annulés.. »
Mais ils ajoutent ensuite : « Nous comptons sur tous les élèves, votre implication et votre entraide, pour la préparation du tournoi de basket-ball, qui cette année, aura lieu dans notre établissement. Les tâches attribuées aux élèves seront remises par les chefs de travaux et dirigeants de groupes.En cas de problèmes veuillez vous adresser aux enseignants en charge de cet événement. Qui sont: Austin Smith, Johanna Wilson et Andrew Duran. Merci d'avance pour votre compréhension.

« Monsieur O'Brien ,Directeur de l'établissement.. »

Je suis nul avec mes mains, j'espère que ces tâches ne seront pas trop fatigantes, autrement je sens déjà que je tomberai soudainement et pour de mystérieuses raisons, gravement malade toute la semaine. Bref, on verra ça plus tard, je me dirige vers mon cours, qui se termine assez rapidement et à ma sortie de cette salle. J'aperçois Noah à l'autre bout du couloir, il n'était pas seul. Son sourire et sa démarche plus vive en m'apercevant, me certifie qu'il fonçait droit vers moi.


Premier réflexe ? Fuis Okdalina fuis !Je n'en suis pas fière, mais je le fais. Je fis volt face et m'engouffre dans le couloir, sa voix douce m'interpelle alors je que je m'éloigne .


— Hey, la nouvelle !

 
Je fis mine de ne pas avoir entendu, et presse le pas, malheureusement ses longues jambes sont déjà derrière moi. Il me retient par l'épaule. J'efface ma mine éparpillée et prend à la place un léger sourire.


—Hey hum, Noah salut, balbutiais-je comme si je venais de le voir.
— Je viens de t'appeler, tout le couloir s'est retourné sauf toi, tu m'évites ? Lâche-il en arquant un de ses sourcils parfaits au-dessus de ses Iris. Iris colorées d'un bleu bizarre.

 
Oui j'appelle cette couleur le «bleu bizarre ». Ou bien, translucide à tendances flippantes, reste à choisir. Sa mine me parut légèrement .... Amusée ?

 
— Non, non pas du tout, c'est juste, bon ok c'est vrai. Avais-je abandonné, étant une piètre comédienne.
— Mais tu sais que ....

Il fut interrompu par une voix résonnant soudainement derrière lui. Semblant remonter le couloir dans notre direction.
 — No', on y vas la oui ou merde ? Chantonne cette voix dans le ton de la rigolade. Il se retourne en souriant et se décale ainsi légèrement, le propriétaire à la voix de feu apparaît, et pour la première fois depuis ma naissance, face à ce garçon mon cœur bute d'un coup sec sous ma poitrine, BOUM.
Par tous les cieux. C'est qui ça ?
Que regarder en premier ?
Ce visage aux traits sévères et à la beauté sucrée, avec des lèvres cruellement bien recourbées ? Ou ces yeux aux teintes chaudes et légèrement tirées en amandes. Ou ce corps, bordel, ça mesure combien un engin pareil? Dans les un mètre quatre-vingt-dix ? Deux mètres? Arrivant dans cette démarche assurée.
Je me flanque une gifle intérieure pour avoir eu ce genre de réaction et me reprend avant que quelqu'un ne le remarque.Manque plus que la bave Okdalina, bravo ! Très subtile.


— Désolé, je saluais une amie, répondit Noah lorsque son ami arriva à sa hauteur.
— Amie ? On se connait depuis deux minutes Noah on est pas "amis ", réfléchis-je à voix haute en roulant des yeux. 

 Ils se retournent tous les deux vers moi. Et à ce moment précis je n'ai qu'un souhait, c'est que la terre sous mes pieds se fende en deux et m'aspire dans les abysses de l'oublie. Je me sens soudain vulnérable et toute petite.Noah était beau à sa façon froide et effrayante, ce mec a ses côtés en est l'exact opposé. Très inspirant à la sensualité, avec ses traits durs et sa peau coloré à la limite du métissage. Les deux face à moi me paraissent comme deux pôles opposés.
 Le chaud, et le froid.
Le feu et la glace.Un ange, et un démon.


— Et tu es? Susurre la voix mélodieuse aux tendances un peu enrayées du démon un petit sourire sur le visage.

Leurs deux regards braqués sur moi, mes genoux vont me lâcher.


— Ah oui, je t'avais prévenu, rit Noah. 

 Je t'avais prévenu ? Comment ça ? Le démon incline la tête, dans une expression interrogative voir même curieuse.

— Okl ... okalina ? Okdina ... Bref la nouvelle, dit l'ange, en me désignant d'un geste de la main.
— Okdalina, dis-je d'un ton sec. Le démon se retourne vers moi, une expression exagérément aimable mais malicieuse plaquée au visage.
— Oui, voilà, Okdalina. Je te présente mon ami de longue date Carter McColt. Dit Noah.Carter McColt.
              « Toi tu plaira à Carter..... »Cette phrase me revient à l'esprit. En plus d'être beau à se damner, il a un prénom qui lui va à la perfection. Il me détaille du regard son léger sourire toujours flottant sur les lèvres.

— Enchantée, dis-je rapidement avant de prendre mes jambes à mon coup et de détaler aussi vite qu'elles me le permettaient.

Je sais, c'est étrange voir même malpolie de partir comme ça au milieu d'une conversation mais soyons honnêtes, je sentais le rouge me monter aux joues. Je voulais préserver le peu d'amour propre que j'avais ridiculisé devant cette espèce de créature du paradis. Je me précipite alors vers les toilettes des filles. Je ne fais qu'ouvrir la première porte que je trouve, même un placard à balaies aurait fait l'affaire. 

J'agrippe le lavabo, et me passe une main sur le visage. Comme à mes habitudes j'extrapole. J'ai du mal à réguler mes émotions. Rien de bien n'aboutit lorsque je suis dans cet état. La psy que ma mère conseillait qu'on voit le disait souvent, anxiété c'était mon deuxième prénom. D'après elle, j'en voulais à mes parents. Comme si j'étais débile à ce point? Leur en vouloir? Non, j'étais assez âgée pour comprendre. Après avoir décompressé, je me dirige vers mon prochain cours. J'entre, le prof n'est toujours pas arrivé, les quelques personnes présentes ne me décrochent même pas un regard, et je vais m'asseoir au fond des écouteurs aux oreilles, fixant par la fenêtre qui donnait vers l'extérieur. 

Love You for a thousand yearsI'vd love you for a thousand more... L'amour, quel drôle de concept. Il est aussi fort que fragile, et je pense que le fait qu'il dure pour toujours n'est qu'un mythe. Après tout, j'ai vu un amour réel briller dans les yeux de ma mère lorsque papa la faisait tourner pour danser sur des vieux tubes qui passaient à la radio. Ça leur rappelait leurs années lycée. J'ai vu l'amour dans les yeux de mon père lorsque maman riait à gorge déployée devant ces spectacles d'humoriste en stand up. Ils passaient en boucle à la télé, elle ne s'en lassait pas. J'ai aussi vu ce même amour se transformer en haine. Pas une haine superficiel basée sur des sentiments trop profonds et toxiques ou de simples non-dits accumulés avec les années. Non, une haine féroce, gutturale, décorée de trahison et alimentée par la culpabilité. Une seule erreur, un seul faux pas et tout ça s'effondre. 

Souvent, je n'arrive toujours pas à croire qu'ils ont pu garder la face si longtemps. Combien de temps aurait-il continuer à nous mentir, si Max n'était pas rentré dans la vie de ma mère ? Elle mérite tout le bonheur du monde, il ya juste cet univers parallèle que je découvre. J'ai accepté de la suivre ici. J'ai ressenti les effets de ce voile qui s'est levé, révélant deux versions d'une histoire que je pensais universelle. Et je me demande...Une main s'écrase sur la table et me fait sursauter.

 
 — Ça va pas ? Me tenais-je un moment le cœur. J'arrache un écouteur de mon oreille et replonge dans la banalité de la réalité, légèrement en tachycardie. 

Étant souvent en débat intérieur avec moi même, revenir à la terre ferme ne m'est plus confortable du tout. Je relève les yeux .

— On t'a pas appris à répondre quand on te parle ? 

Vos promesses : HésitationDes histoires addictives. Découvrez maintenant