— Tu apprécies la compagnie de mon frère à ce que j'ai pu voir, me lance une voix que je reconnais directement.
Merde, me dis-je intérieurement.
Je venais à peine de trouver un petit jardin vide à l'arrière du lycée, c'était calme et tranquille pendant que les élèves étaient tous à la cafet', et surtout avant que les travaux ne commencent au gymnase. Heureusement, j'avais arrêté de pleurer depuis un moment. J'essuie tout de même mes yeux en priant qu'ils ne paraissent pas rougeâtre.
— Il ne te dérange pas lui et sa bande contrairement à nous.
Je roule des yeux en me retournant toujours assise.
— Je vois que me surveiller et me harceler deviennent tes activités favorites !
Carter arbore une moue de bébé boudeur. Lèvres légèrement tendus, sourcils arqués bizarrement.
— Pourquoi tu fais cette tête ? Dis-je en me marrant.
Il retrouva directement son sérieux et sembla agacer.
— D'habitude, ça fait craquer les filles, pourquoi tu te marres? Crache-t-il apparemment vexé.
Je ris encore plus.
— Tu fais craquer les meufs avec ça? Sérieux, lui dis-je en riant, j'ai eu envie de changer ta couche, c'était d'un ridicule.
Face à mon rire mauvais, Carter fit une espèce de sourire/grimace, comme sarcastique pour dire qu'il n'y avait pas de quoi rire.
— Commence par changer ta coupe de cheveux. On dirait qu'on te l'a faite avec une tondeuse à gazon.
J'arrête de rire et le regarde d'un mauvais œil.
— Ah ça attaque sur le physique maintenant ? Haussais-je les sourcils. La ferme, elle est génial ma coupe, dis-je en me retournant la main inconsciemment posée sur ma tête.
Il me contourne et vient s'asseoir en face de moi dans l'herbe.
— Ouai, bien-sûr elle aurait eu la côte si on était au moyen âge, le sommes-nous ? Fini-t-il dans un sourire d'enfant.
J'avoue qu'avec mes longs cheveux d'un marron sombre, mal entretenu et mon énorme frange qui a poussé et qui ne ressemble plus du tout à une frange, c'est pas l'éclate, mais hors de question qu'il donne son opinion dessus.
— T'es n'es pas venu jusqu'ici pour qu'on se critique ?
— Pourquoi il faut forcément qu'il y ait un sujet dont je veuille te parler ? Lance-t-il comme outré.
— Heu, commencais-je en fronçant les sourcils, je crois que c'est la raison pour laquelle on parle aux gens, leur dire quelque chose, autrement on les laissent en paix.
— Mais c'est moi ta paix, Trésor, tu ne le sais juste pas encore !
Il a tellement d'assurance dans la voix qu'il m'étonne plus qu'il m'énerve. Je lâche un soupire, exaspérée, parfois quand je ne sais plus quoi dire je soupire, c'est un tique quand les mots me manquent.
— Quoi ? Peut- être pas à l'heure actuelle mais bientôt.
Il pose sur moi ses beaux yeux, et je crois que je n'aurais de cesse de répéter à quel ce garçon a été façonné par la nature, c'est injuste. Il me sourit, avec innocence mais sans dévoiler ses dents, creusant ainsi les plies qu'ils avaient au niveaux des commissures, comme de timides fossettes au coin des lèvres.
— Tu sais Okdalina, il n'y à pas que ton prénom qui est original, tu n'es pas comme les filles d'ici. Je ne sais pas encore en quoi, mais je le sais c'est tout.
— Et bien si c'est par rapport au fais que je ne suis pas emballée par ta présence comme tu sembles le vouloir, alors oui , je ne suis pas comme elles, ne me sort pas le cliché du mec qui aime celle qui lui donne du file à retordre, je te préviens je pourrais facilement en vomir.
Il rit légèrement puis ajoute ;
— Non non, enfin si, il y'a de ça, mais ce n'est pas ton indifférence envers moi qui me dérange. Indifférence qui bien-sûr ne va pas durer, murmure-t-il rapidement, ce qui me fait de nouveau lever les yeux au ciel, je ne sais pas ce que c'est mais je trouverai.
— Ok, tiens moi au courant quand tu sauras.
Je me lève, prête à fuir à nouveau.
— Attend, dit-il en me retenant par le bras, tu as réfléchis à ce que je t'ai dis? Pour la soirée chez No'?
— Réfléchir ? Il me semble que tu as eu ma réponse, non ?
—J'ai vraiment envie que tu y sois avec moi. Ce n'est pas ce que tu crois, je me suis mal exprimé tout à l'heure et d'ailleur je m'en excuse. Ce n'est en rien un privilège que je m'adresse à toi et en aucun cas ça n'a été mon intention de te faire comprendre que tu étais dans l'obligation d'accepter, je suis désolée, vraiment.
Je le regarde un instant, ne sachant pas trop quoi dire.
— Ça ne fait rien, soupirai-je au final, mais ça ne change rien je n'aime pas les fêtes encore moins si je ne connais personne.
— Alors déjà, ce n'est pas une fête, c'est plutôt une soirée potes. Et en me connaissant moi et Noah tu connais déjà la moitié de la bande .
— Quoi ? Comment ça ?
— Et bien parfois on se rassemble entre potes chez Noah quand sa famille n'est pas la, juste notre petit groupe d'amis, on boit un coup et profite de la grande baraque, on sera six ou sept, pas plus.
— Je vois, et puis-je savoir pourquoi tu m'ajoutes à la soirée à comité restreint? Demandais-je intriguée.
— Tu es toujours sur la défensive, ça m'attriste ! Dit-il d'une mine exagérément dramatique. Ecoute, redevient-il sérieux face à mon regard, je sais que tu ne le sais pas, mais je ne suis pas née ici. Tout comme toi j'ai connu le sentiment d'être dépaysé, je sais aussi qu'être nouveau n'est jamais facile.
Il avait l'air sérieux, je dois avouer que je ne connais personne ici, mais ça ne me dérange pas tant que ça, ça devrait ? Pourquoi je suis si faible, devant sa tête de con ou même de petit prétentieux je peux me ressaisir et mon égo parle à la place, mais quand il est sérieux comme ça, je me découvre une très légère sympathie envers lui, fait chier et l'hésitation prit le dessus.
— Je ne sais pas trop, je...
— Carter ! Putain mec j'te cherche depuis vingt ans ! Viens on va commencer là, bouge ton cul!
Le tupe en tenu de sport qui venait de débouler dans le jardin, a parlé fort, et vite. Je ne sais pas s'il m'a sauvé ou gâché le moment. Tout ce que je sais c'est que le son de sa voix m'agace. La bulle de tranquillité brisée, Carter me lâche le bras.
— J'arrive. Lui répondit-il avant de se retourner de nouveau vers moi. Je le regarde repartir en m'ignorant totalement.
Carter capte mon regard mauvais envers son ami.
— Bon et bien, réfléchis y, on en discutera sur Instagram.
— Je ...mais, tu n'as pas....
— T'inquiète, je trouverais. Sur ceux le devoir m'appelle, je suis navré mais il ne peuvent vraiment pas se passer de moi.
Et revoilà le guignol !
Je soupire lourdement ce qui le fit rire en s'en allant, puis il se retourne et continue à marcher à reculon.
— Oh et, m'interpelle-t-il. Il pointe son pouce en direction de son ami au loin et ajoute dans un chuchotement que je saisis quand même.
— Il n'en fait pas partie.....de la bande !Il sourit, et c'est contagieux je souris aussi et il se remit à marcher droit. Ce type ne m'accordera aucun repos, je le sens dans mes tripes.
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Vos promesses : Hésitation
Novela JuvenilTout le monde ici savait, tous, étaient liés par cette histoire, ce passé, ce secret, chacun sa version et chacun sa vision, tous, sauf elle . Okdalina ne se doute pas que son arrivée dans cette nouvelle ville va tant la changée, tant lui a...
