Ainsi, nous voilà avec nos 4 nouveaux copains, à se regarder dans le blanc des yeux pour savoir à quel étage nous nous rendions. C'est celui qui avait proposé de se rendre chez lui qui brisa le silence.
- Etage des suites royales.
- Bien, puis-je voir vos badges à tous les 6 ?
Driss me lança un regard au coin. Tiens, même avec une suite chez les riches, on réussit à se prendre de la stigmatisation sociale dans la gueule.
- Roh ça va, on a du te voir 3 fois dans la journée toi, fais pas chier. Tu veux mon badge hein ? J'ai l'air d'une crasseuse ? Tiens voilà ton putain de badge.
La blondinette du groupe jeta son badge, sans doute plus excédée par son taux d'alcool que par l'attitude de la liftière, qui restait plus que correcte. La dame se baissa pour ramasser le badge et le rendit en s'excusant.
- Je suis désolée de ne pas vous avoir reconnu. Allez-y, pas la peine de tous me le montrer, je suis confuse.
Cette situation me fit de la peine, et je lançai un regard plein de compassion à la femme en sortant de l'ascenseur. Driss serrait les poings.
Nous nous rendîmes au bout de l'étage en traînant à l'arrière du groupe, la blondinette ouvrait la marche en faisant claquer ses escarpins Gucci à clous. Je les avais vu dans la nouvelle collection sur internet.
L'étage royal ressemblait en tout point à celui des suites, si ce n'est qu'il y avait plus d'espace, des vitres partout pour qu'on puisse se rendre compte de la hauteur, plus de tableaux de valeur et de statuettes, et, surtout, plus d'abrutis vaniteux. Pour accéder aux chambres, même prestation : une porte blindée et un réceptionniste dans des cages, si ce n'est encore plus de snobisme dans le bonsoir.
Pour la suite, même rengaine, toujours plus. Plus spacieux, plus d'initiales brodées, plus de verdure. Je pus lire avant d'entrer que la décoration était signée Joseph Dirand, j'avais sans doute déjà du lire ce nom quelque part.
Assis sur les 3 immenses canapés blancs immaculés, tout le monde posa ses chaussures. La blondinette put voir les Balenciaga qu'on m'avait offert il y a un an, j'avais tellement peur de les user qu'on aurait pu jurer que je les avais achetés la veille. Je les jetai grossièrement comme les autres, pour ne pas faire tâche.
- Maman serait folle si elle me savait à une soirée en baskets, tu m'as l'air d'être une rebelle toi. Tu te trouves trop grande avec des talons ? m'interrogea la furie blonde, dont j'avais clairement peur.
- Ha non, on est partis en trombe ce soir pour notre voyage avec Driss, j'ai pris ces chaussures parce que j'adore ce modèle, ça passe à peu près partout. Notre chauffeur est arrivé avec une heure d'avance, t'imagines ?
Je n'étais pas riche mais je maîtrisais le rôle de la pétasse écervelée à merveille. Mon tour avait pris.
- Oh mon dieu, je sais pas ce que j'aurais fait à ta place...
-J'ose même pas imaginer, la coupai-je en riant.
Tout le monde se mit à glousser. Je pus lancer un regard à Driss, qui avait son air décontracté habituel. Malgré son air de bourgeois insouciant, je voyais bien qu'il était mal à l'aise.
-Je peux te prêter des talons si tu veux, mon dressing est plein à craquer, c'est tout petit dans ces foutus suites... Au fait, moi c'est Carla. La taffiole avec les cheveux teintés blond c'est Alex, et celui chez qui vous êtes c'est mon copain, Aiden. Il reste...
- Et moi c'est Jess, bon j'me déssèche là. Aiden, appelle le service d'étage avant qu'on déprime, coupa la dernière à moitié allongée sur le bord du canapé. Rien que ta gueule ferait déprimer un croque mort ma pauvre.

VOUS LISEZ
Dans la peau d'une diva
Roman d'amourLycéenne, adolescente en crise, Amanda Blasco cherche par-dessus tout l'attention. Elle envie profondément la vie de ses idoles hollywoodiennes. Populaire, véritable "amie à se faire" dans sa petite ville, fantasme de tous les garçons, la belle Aman...